Recevoir les raisons de croire
< Toutes les raisons sont ici !
TOUTES LES RAISONS DE CROIRE
Bilocations
n°189

Anatolie

IIIe siècle

Les vrais miracles de saint Nicolas

Né dans une famille chrétienne de Lycie vers 270, Nicolas succède à son oncle comme évêque de Myre en 300. Bien qu’arrêté et torturé, il survit à la persécution de Dioclétien et, libéré, se fait remarquer par sa charité. Il est l’un des premiers saints auxquels on attribue le don de bilocation et celui de multiplier les vivres.

Si la fameuse histoire de la résurrection des trois petits enfants, à l’origine de sa popularité, est une invention médiévale, l’anecdote véritable qui l’inspira est tout aussi étonnante : l’intervention miraculeuse de Nicolas auprès de l’empereur Constantin en faveur de trois officiers injustement condamnés.

© Shutterstock / Zvonimir Atletic
© Shutterstock / Zvonimir Atletic

Les raisons d'y croire :

  • S’il est normal de réclamer l’intercession, dans les périls, d’un défunt mort en odeur de sainteté, il est surprenant de demander dans la prière celle d’une personne vivante. C’est pourtant le cas pour saint Nicolas, ce qui implique que sa réputation de thaumaturge était immense, déjà de son vivant.
  • C’est parce qu’ils ont été témoins de l’un de ses miracles que les trois officiers injustement condamnés à mort réclament de Dieu une intervention de l’évêque de Myre en leur faveur.
  • La prudence humaine aurait dû commander à Nicolas de ne pas attirer l’attention ni de s’opposer à l’empereur. En effet, il s’est déjà illustré en 325, lors du premier concile de Nicée, en défendant la divinité du Christ contre l’hérétique Arius, qui prétendait que Jésus n’était qu’un homme. Or la doctrine de l’arianisme a les faveurs de l’empereur, qui ne garde sans doute pas un souvenir agréable de cet évêque capable de s’opposer à ses erreurs théologiques, et qui, indigné de l’hérésie, gifla publiquement Arius – voie de fait qui envoya Nicolas en prison…
  • L’apparition nocturne de Nicolas dans la chambre impériale, à Constantinople, à plus de trois cents kilomètres de Myre, ressemble beaucoup à des phénomènes de bilocation plus récents et bien observés, tels ceux du Padre Pio.
  • Constantin, réputé pour son caractère emporté, est si impressionné par l’événement qu’il revient sur sa sentence, libère les condamnés, et les envoie à Myre remercier Nicolas de les avoir sauvés et de lui avoir épargné une injustice.
  • Preuve de la sainteté de Nicolas, dès sa mort, le 6 décembre 343, une huile odorante, la « manne », suinte de son corps et opère des guérisons. Ce miracle a encore été constaté après le transfert de ses reliques à Bari, en Italie du Sud, et jusqu’à nos jours, soit plus de quinze siècles après sa mort.

Synthèse :

Né vers 270 à Patara, en Lycie, d’une riche famille chrétienne, Nicolas perd jeune ses parents. Élevé par son oncle maternel – Nicolas, évêque de Myre, en Anatolie –, il lui succède en 300, vend ses biens et donne l’argent aux pauvres. Apprenant que son voisin, faute de dots pour marier ses trois filles, envisage de les prostituer, il dépose discrètement dans son jardin la somme permettant de les établir.

Bien que la persécution déclenchée en 303 par Dioclétien se poursuive en Orient jusqu’en 320 (victoire de Constantin sur ses rivaux païens), Nicolas, emprisonné et torturé, échappe à la mort et reprend ses fonctions épiscopales, environné de sa réputation de confesseur de la foi et de thaumaturge.

Des matelots pris dans une tempête, après l’avoir appelé à l’aide, le voient apparaître sur le pont du navire en détresse et apaiser la mer. Comme Myre souffre de disette, Nicolas propose à des navires transportant du blé vers Constantinople de lui en vendre ; les capitaines disent ne pouvoir distraire le moindre sac destiné au ravitaillement de la capitale. Nicolas leur promet qu’à destination, leur chargement sera conforme aux documents d’expédition, ce qui se produit, et les marins proclament le miracle.

Participant au concile de Nicée, en 325, il fait partie des évêques qui, à la suite du patriarche Athanase d’Alexandrie, bravent la colère de Constantin, rallié à l’hérésie d’Arius, pour défendre la divinité du Christ et imposer le Credo catholique, ce qui lui vaut, après avoir giflé Arius, de retourner en prison, avant d’être réhabilité quand la foi catholique l’emporte.

De retour à Myre, Nicolas reçoit trois dignitaires impériaux, Népatien, Ursus et Apilio, en route vers Constantinople, qui sont témoins des actions de l’évêque, pleines de justice et de charité. De retour dans la capitale, victimes de diffamation, les officiers, condamnés à mort, implorent dans la prière l’évêque de Myre de les secourir. Nicolas surgit en pleine nuit dans la chambre de Constantin et, quand l’empereur, ne comprenant pas comment il se trouve dans ses appartements, protégés par les services de sécurité, l’interroge sur les raisons de sa présence, il lui répond qu’il a condamné à mort trois innocents. Constantin fait aussitôt libérer les trois hommes et les envoie à Myre remercier l’évêque.

Nicolas meurt au couvent de la Sainte-Sion le 6 décembre 343. Son corps, incorrompu et qui exsude une huile odorante miraculeuse, sera transporté à Bari pour le soustraire à l’invasion musulmane. Depuis, sur son tombeau, les miracles n’ont plus jamais cessé.

Spécialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de béatification, journaliste pour de nombreux médias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages pour la plupart consacrés à la sainteté.


Au-delà des raisons d'y croire :

Le phénomène de suintement d’huile est fréquent dans les églises orientales, l’exemple le plus connu et le plus récent étant celui du saint libanais Charbel, mort en 1898, mais il en existe des exemples dans le monde catholique occidental, en plus de celui de saint Nicolas (François de Sales, Marie-Madeleine de Pazzi, Gérard Majella).


Aller plus loin :

Claude Kervers-Pascalis, Saint Nicolas, légende ou histoire, Éditions Serpenoise, 2002.


En savoir plus :

  • Nicolas de Bralion, Vie admirable de saint Nicolas, 1859.
  • Philippe Duley, Saint Nicolas, Éditions de l’Est 1990.
  • Colette Méchin, Saint Nicolas, Berger-Levrault, 1978.
  • Germaine et Pierre Noury, Saint Nicolas, Paris, Ernest Flammarion, 1928.
Partager cet article

LES RAISONS DE LA SEMAINE