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TOUTES LES RAISONS DE CROIRE
Conversions de musulmans
n°266

France

XXIe siècle

Amir choisit le Christ, même au risque de dormir dans la rue

Amir naît en France en 1986 dans une famille musulmane. Il pratique sa religion avec conviction dès son plus jeune âge. Malgré son désaccord, sa mère le met dans un collège catholique, espérant lui éviter de mauvaises fréquentations. Peu à peu, Jésus se manifeste à lui, bien que, dans un premier temps, Amir ne puisse se résoudre à renoncer à sa religion et prendre le risque de se fâcher avec sa famille. Trop attaché à Jésus, il ne peut cependant s’empêcher d’aller régulièrement à l’église. Sa famille finit par l’apprendre et le chasse. Une petite dizaine d’années plus tard, Amir se positionne définitivement du côté du Christ, renonçant à sa famille, qui ne lui a jamais pardonné.

© Shutterstock/PIC SNIPE
© Shutterstock/PIC SNIPE

Les raisons d'y croire :

  • Amir présente dès l’enfance les meilleures dispositions vis-à-vis de l’islam : assidu et zélé dans la foi, il crie donc à l’hérésie et se rebelle lorsque ses parents l’inscrivent dans un collège catholique.
  • Profondément antichrétien, il ressent un malaise face aux crucifix qui l’entourent – malaise qu’il analyse aujourd’hui comme celui des ténèbres face à la lumière.
  • Durant ses études dans l’enseignement catholique, il est touché par les chrétiens qu’il rencontre. Il commence à douter, même s’« il n’y a pas de place au doute dans l’islam », comme il dit.

  • Étonnamment, dans un cours de catéchisme, il ressent le vif désir de jouer Jésus dans une saynète de l’Évangile. Les enseignants font preuve de réserve, mais ses camarades le soutiennent, à la grande surprise de tous. Amir interprète aujourd’hui cela comme un fort appel de Dieu et comme une prophétie.
  • Malgré sa pratique continue de l’islam, il sent au fond de lui que Jésus est plus qu’un prophète : il ne se l’explique pas, mais son cœur s’est profondément attaché à lui.
  • Dans un moment de prière à l’église, le pasteur raconte en public toute la vie d’Amir et annonce les épreuves à venir, sans que ce dernier, ni personne d’autre, ne lui ait jamais dit un mot de son parcours. Amir voit là un signe d’encouragement supplémentaire venant du Ciel.
  • Ce signe ainsi que d’autres permettent à Amir de choisir le Christ, même si l’une des conséquences de ce choix est la rupture avec ses parents, qui le somment de quitter le foyer, puisqu’il persiste à vouloir devenir chrétien. Il n’a alors que dix-huit ans
  • Quand ses parents découvrent la vérité, ils lui posent un ultimatum. Amir n’hésite pas une seconde : il choisit de quitter le foyer de ses parents et prend le risque de se retrouver à la rue, pour le Christ.

Synthèse :

Amir naît en France dans une famille maghrébine qui pratique la religion islamique depuis des générations et dont la foi est bien ancrée dans le prophète Mohammed. Il est l’aîné de la fratrie, suivi par deux sœurs. À ce titre, sa mère le voit déjà « aller loin dans la religion ». Quand il observe son premier jeûne à six ans, à l’occasion du ramadan, sa mère crie victoire et voit cela comme un signe qu’il sera imam. Amir pratique sa religion avec foi et zèle, assidu dans ses prières et observant le jeûne du ramadan quand il le peut.

À la veille de rentrer au collège, sa mère décide de l’inscrire dans un collège catholique afin de le préserver de la délinquance. Outré, Amir rechigne : le christianisme n’est-il pas une hérésie, comme ses parents l’ont toujours affirmé ? N’est-ce pas totalement hypocrite d’être éduqué chez ces hérétiques ? Entouré de crucifix, dont sa mère lui avait inspiré la crainte, Amir commence sa scolarité dans cet établissement privé où il est privé de ses copains, qui se moquent de lui, disant qu’il va fréquenter les bonnes sœurs. Quand on lui annonce qu’il va suivre des cours de catéchisme – discipline dont il ne soupçonnait même pas l’existence –, sa mère lui répond de ne pas s’inquiéter, qu’il apprendra l’histoire des prophètes, la parole de Dieu.

Malgré certains professeurs racistes et l’injustice qu’il ressent parfois, Amir passe une excellente scolarité, encouragé par la plupart de ses professeurs. Il est impressionné par la douceur et la bienveillance de ces femmes âgées qui lui font la catéchèse, et qui le touchent davantage que la lecture des Évangiles. Il sent leur grande bonté et leur incarnation véritable des Évangiles. Par leur comportement plein de vertus à son égard, elles incarnent parfaitement la parole de Dieu. En cinquième, alors que la classe organise une saynète retraçant un épisode de l’Évangile, Amir désire ardemment jouer le rôle de Jésus. Les enseignants s’y opposent afin de ne pas heurter la famille. Malgré cela, ses camarades montent au créneau pour appuyer Amir dans le rôle de Jésus, qui ne lui sera finalement pas attribué.

Peu de temps après, Amir visionne le film de Franco Zefirelli, Jésus de Nazareth. Il est bouleversé. Malgré tout, Amir continue de pratiquer l’islam, de faire ses prières et le ramadan. Cependant, Dieu est dans son cœur et, même s’il n’en parle à personne, il est convaincu au fond de lui que Jésus n’est pas un simple prophète.

Il passe ainsi toute sa scolarité, jusqu’en terminale. C’est alors que, à l’âge de sa majorité, Olivier, un ami d’enfance, revient vers lui. Ce dernier, évangélique, commence alors à lui parler du verset de Jérémie : « Avant que tu entres dans le sein de ta mère, je te connaissais. Avant ta naissance, je t’ai choisi pour me servir » (Jr 1,5). À cette lecture, Amir sent la présence de Dieu, la même qu’il avait ressentie dans ses premières années de catéchisme. Olivier l’invite chez un pasteur où, quand il entre, se joue le film de Zefirelli si cher à son cœur. Il voit là un signe.

Cependant, trop attaché à ses parents et à ses traditions, il ne peut se résoudre à quitter l’islam. Il en informe Olivier et son pasteur, Benito, qui l’assurent de leurs prières. De plus, Amir est encore au lycée, et à la charge de ses parents. Il refuse alors systématiquement les invitations de son ami Olivier à se rendre à l’église. Puis, après quelques semaines, il s’y rend spontanément, et est bouleversé par la présence de Dieu qu’il ressent à nouveau, au milieu de ces gens qui prient avec conviction et sincérité – une ardeur qu’il ne voit jamais dans l’islam. Peu de temps après, il prie Jésus de lui donner la force de supporter les épreuves qui l’attendent, il sent Jésus le soutenir et le rassurer, lui rappeler que c’est lui qui est venu le chercher dans sa condition. Il sent ses fardeaux s’alléger et la paix l’envahir.

Il accepte alors la mission qui lui est donnée, « comme Marie lors de l’annonciation », et commence à fréquenter l’église chaque dimanche. C’est là que le pasteur, un jour, expose devant tout le monde le parcours complet d’Amir, l’encourageant dans l’épreuve qui l’attend. Amir n’a pourtant jamais rien raconté au pasteur.

Mais, voyant que son comportement a changé et que, tous les dimanches, il revient bien habillé, ses parents commencent à se douter de quelque chose. Sa mère fouille sa chambre, trouve une bible et des notes bibliques, et jette tout. Elle le prend entre quatre yeux et lui demande de choisir : « Si tu veux continuer dans le christianisme, on va devoir se séparer, mais, si tu veux revenir à la raison, on sera toujours là pour toi» Elle lui donne trois jours de réflexion. Amir n’a pas besoin de ces trois jours et, passé le délai, il revient vers sa mère. Il lui dit que son choix est fait et que sa mère a sa part de responsabilité en l’ayant mis dans une école catholique. Il remercie sa mère pour lui avoir fait connaître le christianisme, et il est chassé de chez lui.

Amir n’a que dix-huit ans. Il continue l’école, mais rate son bac en fin d’année scolaire. Il est recueilli par une famille chrétienne, qui le traite comme son propre fils. Au bout de cinq ou six mois, ses parents, pris de remords, souhaitent le récupérer. Il revient à la maison et ses parents tentent de l’amadouer en changeant de comportement. Voyant que rien n’y fait, ils le chassent à nouveau. Là commence une période d’errance, entre foyers pour sans-abri, colocations et emplois précaires. À l’église, Amir ressent de plus en plus de racisme. La communauté noire africaine est majoritaire et ses membres vivent entre eux. Il est le seul maghrébin et se sent isolé, soupçonné d’espionnage au profit de l’islam par les paroissiens. Il passe une période difficile au point de vue social et financier, et finit par retourner chez ses parents. Il se remet à pratiquer l’islam, même si Jésus est au fond de son cœur. Il commence à fréquenter des salafistes, au contact desquels il ne se sent pas ostracisé, et retrouve un semblant de fraternité. Mais, peu à peu, il ressent une forte tristesse : tiraillé entre sa religion musulmane, qu’il se force à pratiquer, et son ardeur pour Jésus, il vit un déchirement intérieur. Il avoue au Seigneur son désir de repentance, car il ne peut plus vivre dans cette hypocrisie.

En 2014, il croise alors un frère chrétien et retourne dans l’église. Il fait acte de repentance et entend : « Peu importe où tu iras, je te rattraperai toujours. » Amir se rend compte petit à petit que le plus important, c’est bien la relation au Seigneur, que les gens sont faillibles, et qu’il avait eu tort de juger l’église et de la quitter après avoir subi les mauvais comportements des paroissiens. Il se rappelle la parole qui évoque les brebis au milieu des loups. Finalement, seul Dieu est patient, plein d’amour et de miséricorde.

Amir avait alors vingt-huit ans. Depuis, il s’est fait baptiser et n’a plus jamais renié le Christ. Ses parents n’ont jamais renoué avec lui.

Camille Mino di Ca, récemment baptisée, s’est convertie à cinquante ans. Passionnée par les récits de conversion et les vies de saints, elle rédige pour Hozana et d’autres supports. Elle pratique l’écriture sous différentes formes, y compris la biographie, la poésie et la chanson.


Au-delà des raisons d'y croire :

Les sœurs catéchistes qu’Amir a rencontrées durant son parcours scolaire ont joué un rôle important dans la conversion d’Amir, car elles ont su incarner les valeurs des Évangiles.


Aller plus loin :

Le site Internet de Mission Ismérie, association catholique qui annonce la Bonne Nouvelle du Christ à tous et favorise l’accompagnement de ceux qui souhaitent devenir chrétiens au sein de l’Église, et tout particulièrement l’accueil des personnes issues de milieux musulmans.


En savoir plus :

  • Le film de Franco Zefirelli, Jésus de Nazareth, ITC Entertainment, 1977.
  • Adrien Candiard, Comprendre l’islam – ou plutôt : pourquoi on n’y comprend rien, Flammarion, 2016.
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