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TOUTES LES RAISONS DE CROIRE
Les moines
n°106

Russie

XVIIIe et XIXe siècles

Les prophéties réalisées du moine Abel pour la Russie

Le moine Abel, né en 1757 et vivant une vie d’ermite, a consacré sa vie à la spiritualité. Ses dons de divination lui permettent d’écrire trois livres annonçant divers événements de l’histoire de la Russie. Ses prophéties lui ont valu une captivité de plus de vingt-cinq ans. Le moine Abel est décédé en 1841, et ses prophéties écrites sont demeurées longtemps cachées dans un coffret scellé, conservé dans une salle du palais de Gatchina.

© iStock/Getty Images Plus/BrianAJackson
© iStock/Getty Images Plus/BrianAJackson

Les raisons d'y croire :

  • Toutes les prophéties annoncées par le moine Abel se sont réalisées : il annonce le jour et l’heure exacts de la mort de l’impératrice Catherine II, il prophétise l’assassinat de Paul Ier et sa date, il prédit avec dix ans d’avance la prise de Moscou par les armées napoléoniennes, etc.
  • Nous avons les documents écrits par le moine ainsi que des témoignages (notamment du général Ermolov) qui attestent que les prophéties ont bien été énoncées avant les faits. Certaines prophéties concernent des événements du XXe siècle, comme les deux guerres mondiales et la révolution russe.
  • Le comportement des tsars successifs vis-à-vis du moine Abel témoigne qu’il n’est absolument pas considéré comme un charlatan : il est pris très au sérieux et est considéré avec respect ou peur.
  • Le moine Abel est resté fidèle dans la foi malgré les nombreuses persécutions qu’il endura tout au long de sa vie.

Synthèse :

Vassili Vasilyev naît en mars 1757 dans une famille modeste d’Akoulouvo près de Toula, en Russie. Il manifeste très tôt un grand intérêt pour la spiritualité. À dix-neuf ans, il quitte sa famille pour voyager à travers la Russie, sans but précis. Neuf ans plus tard, il entre au monastère de Varlaam, où il prend le nom d’Abel. Il mène une vie d’ermitedans une maison à l’écart du monastère. Au bout de deux ans de cette vie recluse, il acquiert le don de divination par le biais de voix qui l’avertissent d’événements à venir. Il consigne tout ce qu’il lui est donné de connaître. Son supérieur, le père Nazzari, lui demande de lui remettre son ouvrage et, face à son contenu jugé « effrayant », le transmet à la police, qui fait immédiatement arrêter le moine.

Le général Makarov, chef de la sûreté, interroge Abel en mars 1796. La police secrète estime que le livre est « compromettant pour l’honneur et la réputation de l’impératrice [Catherine II] ». Cette dernière s’oppose à l’exécution du moine, préférant le faire enfermer dans la forteresse de Chlisselbourg où il passe les neuf prochaines années, jusqu’à la mort de l’impératrice, au jour et à l’heure exacts annoncés par Abel, comme en attestera le général Ermolov.

Le successeur de Catherine II, Paul Ier, après avoir rencontré le moine Abel, le gracie et le transfère dans un monastère où il est entretenu aux frais du nouveau tsar. Mais, là, le moine écrit un nouveau livre dans lequel il annonce l’assassinat de Paul Ier. Le tsar fait alors enfermer Abel dans la forteresse Pierre-et-Paul, à Saint-Pétersbourg, et l’interroge sur l’avenir du pays et sur sa propre destinée. Dans la nuit du 11 au 12 mars 1801, Paul Ier est assassiné, toujours à la date exacte annoncée par Abel.

Alexandre Ier succède à Paul Ier. Le nouveau tsar libère le moine qui écrit, en l’espace de quatorze mois, un troisième livre de révélations. En 1802, il annonce que Napoléon entrera avec son armée dans Moscou. Abel est de nouveau enfermé jusqu’à la réalisation de ses prophéties. Il est libéré en 1813, après onze ans de captivité. Il se rend en pèlerinage à Jérusalem, à Constantinople, au mont Athos et voyage en Russie jusqu’à ce que le nouveau tsar, Nicolas Ier, le fasse prisonnier et l’envoie au monastère du Sauveur-Saint-Euthyme, à Souzdal, où il passe les quinze dernières années de sa vie avant de mourir, en 1841, âgé de 83 ans. Mais ses prophéties, elles, ne s’arrêtent pas là.

Le nouveau tsar, Nicolas II, après sa prise de fonction, se rend dans la petite salle du palais de Gatchina, près de Saint-Pétersbourg, où est entreposé le manuscrit du moine. À l’intérieur, il trouve un papier sur lequel est écrit : « Ouvre ce coffret, mon descendant, le 11 mars 1901. Tu trouveras à l’intérieur les prophéties du moine Abel qui se sont déjà réalisées, ainsi que celles qui doivent encore l’être. Quand tu en auras pris connaissance, scelle le coffret à nouveau pour que tes descendants puissent le lire à leur tour. »

Nicolas II constate que les prophéties du moine Abel se sont effectivement réalisées avec une étonnante précision. En plus des annonces des décès et de la percée de Napoléon, le texte contient des prophéties sur l’avenir de la Russie et du monde, dont certaines semblent prédire certains événements du XXe siècle, comme les deux guerres mondiales et la révolution russe.

Nicolas II fait sceller à nouveau le coffret, comme l’avait demandé Paul Ier, sans jamais en divulguer le contenu. Le coffret reste caché pendant de nombreuses années, jusqu’à ce qu’il soit retrouvé en 1950 dans les archives du palais de Gatchina, pour le plus grand bonheur des historiens.

Fabrice-Marie Gagnant


Aller plus loin :

Le livre de Daniel H. Shubin, Abel, The Russian Monk and Seer, Paperback, 2019.


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