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TOUTES LES RAISONS DE CROIRE
Les Apôtres
n°124

Ier siècle

Saint Matthieu, apôtre, évangéliste et martyr

Matthieu, aussi appelé Lévi dans l’Évangile (Mt 9,9 ; 10,3), a été appelé par Jésus alors qu’il était assis à son bureau de collecteur d’impôt, et il a fait partie de la deuxième fournée de six apôtres « choisis » (Jn 6,70), « institués » (Mc 3,14) et « établis » (Mc 3,16) par le Christ Jésus « pour être avec lui » (Mc 3,14) et le connaître au long de ses trois années de vie publique, afin qu’ils puissent être ses fiables « témoins » (Lc 24,48) et le fondement de l’Église. On dit même qu’il a été appelé le dernier, et que tous les autres étaient relativement choqués de devoir accueillir parmi eux un collecteur d’impôts qui avait une si mauvaise réputation, mais Matthieu avait pris la décision de quitter sa vie passée et de s’ouvrir totalement au Christ. Ensuite, après la Pentecôte, étant parmi les plus lettrés des apôtres, il sera, selon saint Irénée et Eusèbe de Césarée, missionné par les Douze pour fixer par écrit, « dans la langue des Hébreux », c’est-à-dire dans sa langue maternelle, l'araméen, l’enseignement oral que les apôtres ont donné publiquement en Israël pour attester que Jésus est bien le Messie attendu, annoncé par l’Écriture et les prophètes. Plus tard, sur les traces de la tribu de Lévi, il partira évangéliser sur la route de l’encens, vers l’Arabie et l’Éthiopie, avant d’être martyrisé, selon la tradition, en 61, à Naddarer, dans le sud de l’Égypte, non loin de la frontière, dans ce qui est aujourd’hui le nord du Soudan.

Caravage, La Vocation de Matthieu, 1600, église Saint-Louis-des-Français, Rome. / © CC0/wikimedia
Caravage, La Vocation de Matthieu, 1600, église Saint-Louis-des-Français, Rome. / © CC0/wikimedia

Les raisons d'y croire :

  • Le processus de composition, d’écriture et de publication de l’Évangile de Matthieu est de mieux en mieux connu aujourd’hui, de même que le contexte culturel, économique, linguistique, intellectuel, matériel et liturgique d’Israël au 1er siècle, et tout cela conduit à confirmer la rapidité et la fiabilité de la genèse des textes du Nouveau Testament.
  • Comme pour tous les apôtres, le changement de comportement de Matthieu entre le moment de la Passion, où tous sauf Jean ont abandonné le Christ, et le moment de l’évangélisation où ils ont tout donné pour lui, qui ne peut s’expliquer que par les « nombreuses preuves » (Ac 1,3) données par Jésus de sa Résurrection et par le don de l'Esprit Saint à la Pentecôte (Ac 2,1-47), est une grande raison de croire.

  • Matthieu est ainsi devenu comme tous les autres un témoin intrépide du Christ, que rien ni personne n’a pu faire renier, et il a, lui aussi, scellé son témoignage par le martyre.
  • Son Évangile est un témoignage crédible, remarquable et véridique du Christ, rédigé à l'attention des juifs, qui montre tout particulièrement à quel point Jésus accomplit les prophéties et l’attente d’Israël.
  • Les restes et reliques de saint Matthieu sont aujourd’hui dans la basilique qui porte son nom, à Salerne, en Italie, et de nombreux miracles et guérisons sont attestés en ce lieu.

Synthèse :

Les Évangiles sont nés dans le contexte de la naissance de l’Église après la Pentecôte, c’est-à-dire dans le monde juif du 1er siècle. À l’époque, la culture mésopotamienne, la plus ancienne du monde, domine la région : c’est dans cette culture que sont nés l’écriture, le commerce et les premiers savoirs scientifiques (cf. numéro n° 99 de L’Histoire). La langue parlée en Israël au temps du Christ est l’araméen de l’empire parthe, la grande langue commerciale d’échange utilisée dans tout l’Orient, des bords de la Méditerranée à l’Inde, et sur toutes les routescommerciales de l’Antiquité.L’hébreu n’est qu’une langue liturgique (un peu comme le latin pour nous), et le grec est une langue internationale, mais surtout en Méditerranée, de même que le latin et le phénicien, même si les conquêtes d’Alexandre l’ont fait connaître aussi en Orient.

La vie de en Israël au temps du Christ est structurée autour de trois niveaux de la Torah : une pratique domestique quotidienne, comprenant des lectures et des prières ; la pratique à la synagogue où l’on se réunit surtout le jour du shabbat pour la prière, la lecture et les commentaires des Écritures (la Torah, divisée en 52 parties, permet une lecture continue tout le long des shabbat, de la Genèse au Deutéronome, en intégrant toutes les fêtes liturgiques juives) ; et une pratique liée au Temple, avec les six fêtes qui y sont célébrées sur le cycle d’hiver, d’octobre à juin, avec Rosh Hoshana, Yom Kippour, la fête des Tentes, la Dédicace du Temple, Pâques (Pessah) et Pentecôte (Shavouot), toutes liées aussi à des textes précis. Le cycle d’été, sans fête, est un peu l’équivalent de notre « temps ordinaire ». Chaque semaine, et pour chaque fête, une section de la Torah et un texte des prophètes sont proclamés. Il n’y a pas d’autres Écritures canoniques que la Torah, les prophètes et les psaumes.

La prédication du Christ s’appuie sur la vie liturgique d’Israël parcourant la Torah. Il se positionne par rapport à ces textes de la Torah et des prophètes lus dans les synagogues (Lc 4,15) et au Temple. Il les commente et leur donne un développement messianique, qui se met en place en lien avec des dates, des lieux et des événements significatifs et bien précis. Par exemple, le dernier jour de la fête des Tentes (Jn 7,2), quand le Christ parle au Temple des « fleuves d’eau vive » qui couleront de son sein (Jn 7,37-38), c’est un commentaire direct des textes de Zacharie (Za 14,8) et Ezéchiel (Ez 47,1-12) qui sont lus ce jour-là. Ou encore, à la Synagogue de Nazareth, « selon son habitude » Jésus fait la lecture du prophète Isaïe, et il commente avec un développement messianique : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre » (Lc 4,16-21).

Après Jésus, les apôtres prêchent la Nouvelle Alliance dans un contexte juif.Tous les protagonistes sont israélites : les apôtres, les disciples, les convertis, les opposants, et tous vont à la synagogue en semaine et au Temple pour les fêtes, en participant aux mêmes offices. Les apôtres sont interrogés au tribunal suprême, le Sanhédrin, où Pierre et Jean donnent un témoignage juridiquement valable, et ils prêchent également sous la colonnade de Salomon, au Temple, ou en privé, oralement, de maître à disciple, selon l’exemple du Christ. Ils se concentrent sur cette prédication, comme « témoins » (Ac 1,8) de tout ce qu’ils ont vu et entendu « depuis le baptême de Jean jusqu’au jour où Jésus a été enlevé » (Ac 1,22). En fonction des temps liturgiques, ils sont amenés naturellement à rappeler les enseignements du Christ qui correspondent, et c’est ainsi que se fixe très rapidement une catéchèse naturelle, orale, adossée aux lectures des Écritures saintes d’Israël, qui demeurent les seuls « écrits ».

L’enseignement des apôtres se met donc naturellement en place sur le rythme du calendrier synagogal pour, chaque dimanche, après chaque shabbat, rappeler les faits et gestes que le Christ avait posés en correspondances avec les lectures sabbatiques. Récemment, des chercheurs ont dit avoir montré que les Évangiles de Matthieu et de Luc sont en correspondance avec les textes synagogaux des huit mois du cycle d’hiver – l’Évangile de Marc pouvant, semble-t-il, être mis en correspondance avec les textes des quatre mois du cycle d’été –, ce qui induirait que les Évangiles synoptiques se sont constitués à partir des lectionnaires de la première Église – l’Évangile de Jean, structuré sur les fêtes du Temple, étant un enseignement complémentaire, destiné aux auditeurs déjà initiés. Ainsi, de même que Jésus enseignait aux foules en paraboles et expliquait tout en particulier à ses disciples (Mt 4,34), et que Paul distingue les commençants à qui il faut donner « du lait » et ceux qui sont plus avancés, qui peuvent prendre « de la nourriture solide » (1Co 3,1-2), il y avait aussi naturellement de la part des apôtres un enseignement public général et un enseignement plus approfondi coordonné avec celui-ci (beaucoup ont bien noté qu’il y a clairement une répartition des récits : les Évangiles synoptiques ne parlent par exemple pas de la résurrection de Lazare, qui était un événement majeur, et l’Évangile de Jean ne dit rien de l’institution de l’Eucharistie, pourtant au cœur des événements de la Cène, rapportée par Jean avec de nombreux détails, ce qui montre que les deux enseignements sont bien coordonnés).

C’est ainsi que, selon le témoignage de saint Irénée, vers 180, « Matthieu publia chez les Hébreux, dans leur propre langue, une forme écrite d’Évangile à l’époque où Pierre et Paul évangélisaient Rome et fondaient l’Église » (Contre les hérésies, III, 1,1). Eusèbe de Césarée (265 – 340) dans son Histoire ecclésiastique le confirme, ajoutant que, parmi les apôtres, « seuls Matthieu et Jean ont laissé des mémoires des enseignements du Seigneur. Et la tradition rapporte qu’ils en vinrent à écrire par nécessité » (HE 3,24,5), c’est-à-dire que les apôtres privilégiaient l’enseignement oral, qui était la norme, mais que l’écrit pouvait suppléer en cas de nécessité (dispersion, départ en mission, persécution, etc.). « La Tradition rapporte qu’ils en vinrent à écrire par nécessité. Matthieu, en effet, prêcha d’abord aux Hébreux. Comme il devait aussi aller vers d’autres, il livra à l’écriture, dans sa langue maternelle, son Évangile, suppléant du reste à sa présence par le moyen de l’écriture, pour ceux dont il s’éloignait . Alors qu’après cela Luc et Marc éditaient un Évangile par écrit pour les causes que nous avons dites précédemment (ils s’éloignaient de leur communauté), Jean, à ce que l’on dit, continuait sa prédication tout le temps sans mise par écrit. Finalement, il en vint aussi à écrire, pour la raison suivante. Alors que les trois Évangiles écrits précédemment avaient déjà été transmis chez tous (les fidèles) et chez lui aussi, il les reçut, dit-on en rendant témoignage de leur vérité. Mais il manquait à leurs écrits le seul récit des choses faites par le Christ dans les premiers temps et au début de sa prédication » (HE 3,24,8). Eusèbe de Césarée rapporte aussi qu’on dit qu’un certain Panthène, « allé jusqu’en Inde […] trouva sa venue devancée par l’Évangile de Matthieu chez certains indigènes du pays qui connaissaient le Christ. À ces gens-là, Barthélémy, l’un des apôtres, aurait prêché et il leur aurait laissé l’ouvrage de Matthieu écrit en lettres hébraïques, qu’eux auraient conservé jusqu’au temps où nous parlons » (HE 10,2) et il y a plusieurs autres témoignages comparables.

L’Évangile de Matthieu qui s’adresse aux juifs est donc certainement le premier Évangile composé et diffusé, comme l’enseignait déjà, en 1911, la Commission biblique du Vatican, en se prononçant sur des questions liées à ce sujet : « Faut-il considérer comme suffisamment fondée par la voie de la tradition l’opinion selon laquelle Mathieu a précédé dans sa rédaction les autres évangélistes et qu’il a composé le premier Évangile dans la langue maternelle alors utilisée par les juifs de Palestine ? Réponse : "oui", pour les deux parties » (Denzinger n°3562) ; et « s’agissant de l’ordre chronologique des Évangiles, est-il permis de s’éloigner de l’opinion corroborée par le témoignage à la fois très ancien et constant de la Tradition et qui atteste qu’après Mathieu qui, le premier de tous, composa son Évangile dans la langue maternelle, Marc a écrit le deuxième, et Luc le troisième. Ou faut-il d’un autre côté considérer comme contraire à cette conception l’opinion qui affirme que le deuxième et le troisième Évangile ont été composés avant la traduction grecque du premier Évangile ? Réponse : "non", pour les deux parties ». La Commission précise aussi que l’Évangile de Matthieu « ne suit pas toujours l’ordre chronologique » (Denzinger n°3566), ce qui est logique caril est calé sur une seule année liturgique. Comme l’ont remarqué aussi plusieurs Pères de l’Église, il n’y a qu’une seule montée du Christ vers Pâques, alors qu’il y est allé bien sûr chaque année au cours des trois années de sa vie publique. Matthieu est aussi, naturellement l’Évangile qui s’adresse le plus aux juifs car, dans les premières années de la prédication, tous les protagonistes, apôtres, disciples, opposants, enseignants et auditeurs, sont tous juifs. Les apôtres suivent le commandement du Christ qui leur avait demandé d’être d’abord ses témoins « à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie » avant de l’être « jusqu’aux extrémités de la Terre » (Ac 1,8).

La meilleure compréhension que nous avons aujourd’hui du processus de composition, d’écriture et de publication de l’Évangile de Matthieu donne de nouveaux arguments sur la fiabilité et la rapidité de la genèse de ces textes. Il est clair qu’à chaque fois qu’un miracle ou un événement marquant se produisait, les disciples et les témoins le racontaient des dizaines de fois : « Alors, il a pris cinq pains et deux poissons et… » et tous ceux qui ont fait l’expérience de ce genre de transmission savent que, dans ces conditions, les récits se précisent et se fixent très vite. C’est encore plus vrai dans une culture orale, qui est celle du monde juif après l’Exil, bénéficiant des techniques mésopotamiennes de composition et de mémorisation des textes. Et le Christ lui-même veillait avec toute l’attention, le savoir-faire d’organisation, et la méthode du peuple juif (cf. tout l’Ancien Testament) à ce que la prédication soit précise. Ensuite, les apôtres ont répété cent fois tous les faits et gestes de Jésus dont ils avaient été témoins, « depuis le commencement, lors du baptême donné par Jean, jusqu’au jour où il fut enlevé » (Ac 1,21-22), et tous ces enseignements ont donc été naturellement et définitivement fixés très tôt, dès les premières années de prédication, à Jérusalem et en Israël, dans les années 30. Il s’agissait au début de commenter les Écritures tout au long de l’année liturgique, et ces récits n’ont été écrits et diffusés sous forme d’Évangile que plus tard, en fonction des besoins et des nécessités, quand les persécutions et les missions ont conduit les apôtres à se disperser et s’éloigner.

De son côté, Matthieu, qui était probablement de la tribu de Lévi, est, selon la tradition, parti prêcher sur la route de l’encens, vers l’Arabie et l’Éthiopie. Au temps du Christ, le peuple juif comptait, selon les estimations, entre 4 et 8 millions de personnes, qui se répartissaient en gros pour moitié en Israël et pour moitié dans une diaspora gigantesque et unique au monde, présente dans toutes les régions du monde antique, de la Chine à l’Angleterre, avec des communautés particulièrement importantes à Rome, en Égypte et en Mésopotamie. On estime que les Juifs représentaient entre 5 à 10 % de l’Empire romain, ce qui en faisait une communauté importante et influente. De grandes routes commerciales traversaient le monde antiqueautour d’Israël, qui occupe une position centrale sur les « routes de la soie » notamment, de la Méditerranée à la Chine, mais aussi sur les « routes de l’encens » vers la péninsule Arabique et l’Afrique, et sur la « route de l’étain » vers l’Espagne, l’Europe occidentale et l’Angleterre. Les Juifs en sont les principaux organisateurs : ils font fonctionner le commerce de la Chine à l’Espagne en s’appuyant sur leur diaspora. Leurs circuits commerciaux antiques étaient très organisés et permettaient l’échange et le commerce d’épices, de textiles, de pierres précieuses, de métaux précieux, de technologies et le partage d’idées religieuses et philosophiques, et les apôtres se servent de ces connexions pour la diffusion de l’Évangile.

Finalement Matthieu donnera le témoignage du martyr, en 61, à Naddarer, au sud de l’Égypte. Selon la vénérable tradition que rapporte le martyrologe romain, les Virtutes Apostolorum (VIe siècle) et La Légende dorée (XIIIe siècle), il fut secondé en Éthiopie par l’eunuque de Candace, la reine d’Éthiopie, dont parlent les Actes des Apôtres (Ac 8,26-39). Deux sorciers, Zaroès et Arfaxar, annoncèrent au roi qu’ils ne pouvaient sauver son fils Euphranor, mourant, mais l’eunuque amena à la cour Matthieu, qui parvint à le sauver. Le roi et sa famille se convertirent, favorisant la christianisation du pays. Le roi suivant, Hyrtaque, voulut se marier à Iphigénie, vierge consacrée au Christ, mais Matthieu refusa. Après 23 ans de mission en Éthiopie, il mourut martyr à Naddarer, en 61, après que le roi eut envoyé un de ses soldats passer l’apôtre au fil de l’épée. Son corps fut transféré à Salerne, en Italie, où une basilique qui porte son nom fut érigée autour de ses reliques : c’est aujourd’hui un important lieu de pèlerinage, et de nombreux miracles et guérisons y sont recensés. En 2014, le pape François a ordonné une étude scientifique des reliques pour confirmer leur authenticité. Les résultats de l’étude n’ont pas été rendus publics, mais le pape François a confirmé que les reliques étaient bien authentiques.

Matthieu a été célébré par le Caravage qui, dans son tableau très connu (cf. notre illustration), fait bien comprendre à quel point est surprenant le choix de Matthieu, le publicain, par le Christ pour être un de ses plus proches – un des Douze –, et c’est pourquoi le thème de la miséricorde est aussi si fort et si présent dans tout l’Évangile de Matthieu : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie : "Je veux la miséricorde, non le sacrifice." En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs » (cf. Mt 9,9-13).

Olivier Bonnassies


Au-delà des raisons d'y croire :

L’Évangile de Matthieu est, comme tous les Évangiles, à lire et à méditer car la parole de Dieu parle d’elle-même. Comme le dit le Christ, ses brebis « reconnaissent sa voix » (Jn 10,26-27).


Aller plus loin :

Le film Jésus de Nazareth de Franco Zeffirelli, qui retrace magnifiquement le parcours du Christ à partir de l’Évangile de Matthieu notamment.


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