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Les apparitions et interventions mariales
n°293

Lyon (France)

1643

Le « vœu des échevins », ou la dévotion mariale des Lyonnais

Tous les 8 septembre, fête de la nativité de la Vierge Marie, le maire de Lyon et ses adjoints se rendent à Fourvière pour renouveler le vœu des échevins, une tradition qui remonte au XVIIe siècle. En effet, le 5 avril 1643, alors que la peste ravage l’Europe et a déjà décimé la population lyonnaise les années précédentes, les échevins – c’est-à-dire les représentants du pouvoir en ville – font un vœu à la Vierge lors d’une procession à Fourvière, promettant de renouveler cette cérémonie chaque année si la ville est épargnée. Et Lyon est en effet épargnée ! Dès lors, chaque année – hormis pendant la Révolution, les deux guerres mondiales et deux mandats municipaux –, les autorités municipales montent à Fourvière pour réitérer leur vœu à la Vierge.

Le vœu des Échevins, basilique de Fourvière. / © CC0, photo Gérald Gambier.
Le vœu des Échevins, basilique de Fourvière. / © CC0, photo Gérald Gambier.

Les raisons d'y croire :

  • Le vœu des échevins est parfaitement documenté dans les annales de la ville. Il n’y a aucune raison de douter de son historicité. D’ailleurs, les échevins et l’archevêque se sont rendus, chaque année depuis 1642, en haut de Fourvière, hormis quelques exceptions, comme nous le verrons. C’est dire le profond attachement qu’ils ont montré à Marie : c’est naturellement vers elle qu’ils se sont tournés dans la tourmente, car ils étaient totalement immergés dans cette dévotion mariale.
  • Lyon, comme tout le pays, est menacée par la peste. La ville a subi plusieurs épidémies de cette maladie dans les années qui précèdent. Pourtant, l’épidémie est miraculeusement stoppée à la suite de la procession des échevins et de leur vœu solennel de la réitérer chaque année. Encore une fois, ces faits sont parfaitement documentés ; ils ne relèvent pas d’une quelconque légende locale.
  • D’ailleurs, il est impossible d’imaginer que cette tradition ait perduré jusqu’à aujourd’hui, dans un régime laïc et une société déchristianisée, si la protection de la ville, à la suite de ce vœu, n’avait pas été un fait tout à fait marquant et reconnu de tous.
  • Par la suite, ce ne sont pas les échevins qui renouvellent la promesse faite à la Vierge, mais les Lyonnais eux-mêmes. En effet, en 1870, alors que l’armée prussienne se rapproche dangereusement de Lyon, les Lyonnais montent à Fourvière et prient à nouveau la Vierge. Ils lui promettent de lui ériger une basilique si elle les délivre de la menace prussienne. Les Prussiens s’arrêtent à Mâcon et les Lyonnais respectent leur promesse. Deux ans plus tard, la première pierre de la basilique de Fourvière est posée. L’ampleur de l’ouvrage témoigne de la profondeur de leur reconnaissance.

Synthèse :

Depuis le Moyen Âge, la peste ravage l’Europe. Au XVIIe siècle, elle gagne Lyon, en plusieurs vagues : 1628, 1631, 1637, 1639, 1642. À l’époque, on ne parlait pas de maire ou d’adjoint au maire, mais de prévôt des marchands et d’échevins, ses assistants. Ce petit groupe, que l’on nomme aujourd’hui « échevins » par extension, était en charge de l’approvisionnement de la ville, des travaux publics et des impôts. Le 5 avril 1642, alors que la peste ravage Lyon, ces échevins font un vœu à la Vierge, lui demandant de les délivrer du fléau de la peste. Deux jours plus tard, ils organisent une procession : une foule innombrable monte à Fourvière, qui n’est à l’époque qu’une simple chapelle de la Vierge. Il est alors décidé, dans cette même chapelle, qu’ils iront « toutes les fêtes de la nativité de la Vierge, qui est le huitième jour de septembre, sans robe, néanmoins avec leurs habits ordinaires, en la chapelle de Notre-Dame de Fourvière, pour y ouïr la sainte messe, y faire leurs prières et dévotions à ladite Vierge, et lui offrir, en forme d’hommage et reconnaissance, la quantité de sept livres de cire blanche en cierges et flambeaux, et un écu d’or au soleil. Et ce pour disposer ladite Vierge à recevoir en sa protection particulière la ville de Lyon ». Ils promettent également la construction de deux statues de la Vierge, dont l’une existe encore dans la chapelle de l’Hôtel-Dieu. Et, miraculeusement, l’épidémie s’arrête ! La tradition de la gourmandise lyonnaise du « coussin lyonnais » tire d’ailleurs son nom de cet événement, car les échevins avaient pour habitude d’emporter l’écu d’or sur un coussin de soie verte. Un certain chocolatier Voisin a créé, vers 1960, une gourmandise faite de ganache au chocolat, enrobée de pâte d’amande, le tout parfumé au curaçao, donc de couleur verte.

Cette décision des échevins est entérinée le 12 mars de l’année suivante, en 1643, et, au fil du temps, une bénédiction de la ville, du haut de Fourvière, sera ajoutée.

Conformément à ce vœu de 1642, cette cérémonie sous forme de procession s’est tenue chaque année depuis lors, sauf pendant la Révolution française. En effet, dès 1789, cet événement est tout bonnement interdit. La chapelle est rouverte au culte par le pape Pie VII en 1805, mais il faudra attendre 1848 pour que le cardinal de Bonald rétablisse la confrérie Notre-Dame de Fourvière et le pèlerinage public de l’ancienne tradition des échevins, même si un pèlerinage privé avait déjà repris en 1840. La tradition est cependant amendée : il n’y aura plus de représentants des pouvoirs publics, seulement des envoyés des paroisses de la ville.

En 1852, sur ce qui n’était que l’église de Fourvière, une statue de la Vierge surplombant la ville est commandée par le même cardinal de Bonald. En souvenir du vœu des échevins, son inauguration est prévue pour la date du 8 septembre. Mais la Saône est alors en crue, à la suite d’intempéries, ce qui retarde la livraison de la statue, car l’atelier du sculpteur est inondé. L’inauguration est donc reportée au 8 décembre, date qui célèbre depuis longtemps l’Immaculée Conception, bien que ce dogme ne soit officiellement approuvé que deux ans plus tard. En signe de piété, les Lyonnais allument des lumignons sur le rebord de leurs fenêtres ; c’est l’origine de la fête des Lumières.

En 1915, en pleine Première Guerre mondiale, on invite le conseil municipal à participer à la cérémonie, le 8 septembre, pour marquer l’« union sacrée ». Plusieurs conseillers répondent présents et assistent en invités d’honneur à l’offrande, toujours présentée par les paroisses. C’est donc subtilement que la tradition se rapproche de son origine.

Ce n’est que sous l’occupation, à l’occasion du troisième centenaire du vœu, que la municipalité participe activement et officiellement. Ainsi, le 8 septembre 1943, le maire, accompagné de plusieurs conseillers, offre lui-même le louis d’or, tandis que les paroisses présentent le cierge. L’année suivante, les 2 et 3 septembre, Lyon est libéré. L’humeur est aux festivités et l’on pense alors à bien autre chose qu’aux traditions ! Le 8, un Te Deum est tout de même chanté à Fourvière, en présence des autorités civiles et militaires, mais il n’est pas question d’offrande. 

Le 8 septembre 1945, une simple délégation non officielle du conseil municipal prend place dans le chœur de Fourvière. L’adjoint offre le louis d’or de ses propres mains, et les paroisses continuent de présenter le cierge. Il est alors impossible de répéter le geste de la municipalité (nommée par Vichy) effectué en 1943 ; c’est pourquoi une solution intermédiaire entre la formule d’avant-guerre et celle de 1943 est trouvée.

Ensuite, ce seront toujours les maires qui participent à l’offrande, hormis à deux reprises : pendant le mandat d’Édouard Herriot (1945-1957), qui souhaite marquer strictement la séparation de l’Église et de l’État ; et depuis l’élection de Grégory Doucet qui, pour les mêmes raisons, délègue un homme d’affaires lyonnais.

Camille Mino di Ca, récemment baptisée, s’est convertie à cinquante ans. Passionnée par les récits de conversion et les vies de saints, elle rédige pour Hozana et d’autres supports. Elle pratique l’écriture sous différentes formes, y compris la biographie, le théâtre, la poésie et la chanson.


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