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TOUTES LES RAISONS DE CROIRE
Histoires providentielles
n°219

Turin

1854-1883

Grigio, l’étrange chien de Don Bosco

En 1854, alors que Don Bosco a fait l’objet d’agressions et tentatives d’assassinat, un énorme et mystérieux chien gris entre dans sa vie et s’institue son vigilant et infaillible garde du corps, disparaissant parfois pour de très longues périodes, mais revenant avec une ponctualité déconcertante chaque fois que Giovanni est en danger, à croire qu’un signal le met infailliblement sur la route du prêtre quand celui-ci en a besoin. Toutes les recherches pour retrouver le maître de ce molosse restent vaines, personne ne connaît l’animal, que l’on ne voit jamais traîner dans le quartier… Cette incroyable amitié entre le prêtre et l’animal, nommé il Grigio (« le Gris », à cause de sa robe) durera presque quarante ans. Encore n’est-ce pas le détail le plus déconcertant de cette histoire !

© CC BY-NC-ND 2.0 DEED / myri_bonnie via flickr
© CC BY-NC-ND 2.0 DEED / myri_bonnie via flickr

Les raisons d'y croire :

  • Don Bosco, en dépit des innombrables interventions du surnaturel dans sa vie, reste un homme rationnel, un paysan piémontais avec les pieds sur terre. Aussi cherche-t-il une explication banale à l’apparition de ce chien. Ses proches et lui se renseignent dans tout le voisinage afin de retrouver le propriétaire du molosse. En vain : personne ne connaît cet animal. En dehors de ses apparitions aux côtés de Don Bosco, il est invisible.
  • Il ne s’agit pas d’une illusion, car bientôt Grigio devient un habitué de la Casa Pinardi, où il arrive chaque fois que Don Bosco doit sortir et où il le raccompagne. Des dizaines de personnes, enfants, adultes, prêtres, ont l’occasion de voir le chien, le caresser, jouer avec lui et de témoigner qu’il existe.
  • Tous peuvent dire que Grigio pressent les dangers qui menacent Don Bosco. Ainsi, dans ces cas-là, l’empêche-t-il de quitter la maison en se mettant en travers de la porte et en lui interdisant de sortir, ce qui lui évite plusieurs agressions. Il va aussi le chercher lorsqu’il doit s’attarder en ville, comme s’il savait toujours où trouver son maître.
  • La seule fois où, en l’absence du chien, Don Bosco manque d’être assassiné, Grigio jaillit on ne sait d’où, et met les malfrats en fuite.
  • Ce chien d’attaque et de garde, d’une férocité terrifiante si l’on s’en prend à son maître d’élection, se montre, en particulier avec les enfants du patronage, d’une douceur inentamable, se laissant tirer les oreilles et la queue sans broncher ni grogner, n’effrayant même pas les plus petits, car il est doux comme une peluche.
  • Touchés de la fidélité de l’animal, et persuadés d’avoir affaire à un chien errant en quête d’un foyer (et d’autant plus affamé qu’il est énorme), Don Bosco et ses proches lui offrent à manger. Or, jamais Grigio n’accepte aucune nourriture, pas même des friandises auxquelles aucun chien ne saurait résister. Il faut se rendre à l’évidence : Grigio ne se nourrit jamais…
  • Pendant un an, Grigio reste près de Don Bosco, tel un ange gardien à quatre pattes, jusqu’au moment où le danger disparaît. Alors, lui aussi disparaît, comme s’il savait n’être plus nécessaire à son maître. Don Bosco le croit mort, mais, dix ans plus tard, alors que, impotent et presque aveugle, il s’est perdu dans les chantiers d’un nouveau quartier de Turin, Grigio revient et le conduit au lieu de son rendez-vous, puis s’évapore une fois de plus. La même aventure se reproduit dans des circonstances identiques en 1883.
  • Le calcul est vite fait : depuis trente-deux ans, ce chien surgit toujours au moment opportun pour tirer Don Bosco de ses ennuis. Il faut reconnaître l’incroyable longévité de Grigio, qui frôle la quarantaine – âge impossible pour un chien, surtout errant – et ne semble visiblement pas vieillir. Il faut se rendre à l’évidence : cet animal n’est pas ordinaire…

Synthèse :

Un soir de novembre 1854, Don Bosco regagne tard la Casa Pinardi, foyer de jeunes qu’il a créé à Turin et qui lui suscite beaucoup d’ennemis. Jadis force de la nature, capable d’avoir le dessus dans une bagarre, le prêtre ne s’est jamais remis d’une pneumonie qui a failli le tuer en 1846 et l’a laissé affaibli. Certains, en ville, qu’il dérange, ont « mis un contrat sur sa tête » ; Giovanni le sait. D’ailleurs, l’on a déjà tenté de le tuer… Prudent, il évite de traîner seul la nuit dans les rues, mais, ce soir, il n’a pas vu l’heure tourner et, tandis qu’il marche, épuisé, dans la pluie et le brouillard, vers sa maison, il pressent un danger. Et, alors qu’il vient de repérer des silhouettes menaçantes qui semblent l’attendre, pas un endroit où se réfugier en cas de besoin ! Résigné, Don Bosco poursuit son chemin quand, surgi de nulle part, le plus gros chien qu’il ait jamais vu apparaît. Il s’agit d’un molosse d’une taille exceptionnelle, au poil gris foncé, et Giovanni éprouve à sa vue une belle frayeur ; mais elle est vite calmée, car ce monstre n’est pas agressif. Au contraire ! L’animal se couche à ses pieds comme s’il était son maître, l’œil débordant d’affection, et se met à lui lécher les doigts. Puis, trottant à ses côtés, ille raccompagne à son domicile, dont il semble connaître l’adresse et le chemin.

Rassuré par sa présence, Don Bosco reprend ses courses nocturnes. Un soir, malheureusement, Grigio qui, lorsqu’un danger menace son ami, lui fait comprendre qu’il ne faut pas sortir, n’est pas là, et Don Bosco sort. Au retour, il fait nuit, les rues sont désertes. Deux hommes le guettent… C’est un guet-apens. Affolé, Don Bosco repart vers le centre-ville en quête d’une maison éclairée, mais il entend se rapprocher les deux tueurs qui le rattrapent, le ceinturent, lui jettent un sac sur la tête ! Don Bosco se débat, mais il n’est plus de taille ! Soudain, il entend arriver un gros animal, qui aboie comme un fou et s’abat, de ses quatre-vingt-dix kilos de muscles, sur les assaillants, qui prennent la fuite ; Giovanni, débarrassé de son sac, voit alors Grigio, redevenu doux comme un agneau, se précipiter sur lui pour lui lécher le visage…

Pendant un an, Grigio partage le quotidien de Don Bosco, et sa présence finit par décourager les ennemis du prêtre qui ont tâté de ses crocs. Quand la menace disparaît, Grigio s’évapore, lui aussi. On ne le revoit pas. Pragmatique, en dépit des étrangetés de l’affaire, Don Bosco se résigne à la perte de son chien qu’il pense mort. Il se trompe…

En 1864, plus de dix ans après la dernière visite de Grigio, Don Bosco, vieilli et fatigué, presque impotent et aveugle, se perd en se rendant un soir chez des amis, dans un quartier qu’il connaît mal. Il tourne en rond depuis un long moment, quand il sent contre sa paume une truffe humide : Grigio est revenu ! Aucun doute, c’est lui, il est reconnaissable entre tous. Et, comme s’il savait où son maître se rend, il le conduit à la porte de ses amis, puis disparaît à nouveau. C’est long, dix ans, dans la vie d’un chien, surtout errant, abandonné et privé de soins. Don Bosco commence à s’avouer déconcerté.

En 1883, dix-neuf ans après ces retrouvailles, le vieux Don Bosco se perd une fois encore dans le quartier de Bordighera. Et Grigio qui, à la différence de son maître, n’a pas blanchi d’un poil et reste fringant comme un jeune chien, l’attrape par le pan de sa soutane et le conduit, avec son flair infaillible, à son rendez-vous.

À la fin de ses jours, saint Jean Bosco confiera sa perplexité à des proches qui, tous, ont connu Grigio et se demandent ce que pouvait bien être, en vérité, cette créature : « Dire que c’était un ange ferait sûrement rire, mais on ne peut quand même pas dire que c’était un chien comme les autres… »

Spécialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de béatification, journaliste pour de nombreux médias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages, pour la plupart consacrés à la sainteté.


Aller plus loin :

Jean Bosco, Souvenirs, Apostolat des éditions, 1978.


En savoir plus :

  • Jean de La Varende, Don Bosco, Via Romana, réédition 2016.
  • Henri Ghéon, Saint Jean Bosco, collection « Les grands cœurs », Flammarion, 1935.
  • Henri Bosco, Don Bosco, Spes, 1951.
  • Abbé Gaston Courtois, Jean Bosco, collection « Belles histoires et belles vies », Fleurus, 1960.
  • Teresio Bosco, Don Bosco, une biographie nouvelle, Éditions Don Bosco, 1987.
  • Bande dessinée : Jijé, Vie prodigieuse et héroïque de Don Bosco, Dupuis, 1984.
  • Le film de Lodovico Gasparini (réal.), Don Bosco, une vie pour les jeunes, SAJE distribution, 2004.
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