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TOUTES LES RAISONS DE CROIRE
Jésus
n°236

Judée

Ier siècle

Jésus est venu au meilleur moment pour façonner l’histoire de l’humanité

La venue de Jésus-Christ à un moment spécifique de l’histoire – selon le verset de Galates 4,4 : « lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la loi » –révèle la symphonie parfaite de Dieu, orchestrant avec une précision divine le timing optimal pour marquer et façonner l’histoire de l’humanité. En examinant les éléments clés de cette époque, nous pouvons comprendre pourquoi le moment choisi par Dieu était parfait pour que les enseignements du Christ façonnent l’Histoire et aient un impact sur les siècles à venir. Le premier siècle, époque de tumulte et d’attente frémissante du Messie par les juifs sous le joug romain, caractérisé par la maturité de plusieurs technologies et idéologies clés pour la diffusion du message chrétien et sa réception, s’est révélé être le théâtre parfait pour la révélation du Fils de Dieu.

Vitrail de l'église Saint-Pierre, Marols / © CC0 wikimedia.
Vitrail de l'église Saint-Pierre, Marols / © CC0 wikimedia.

Les raisons d'y croire :

  • Le système commercial de l’Empire Parthe avec les routes de la soie, de l’encens et de l’étain et l’infrastructure technique des voies romaines ont tracé des chemins propices à la diffusion rapide de l’information.
  • La maturation de la technologie de l’écriture depuis ses débuts en Mésopotamie, dans le pays de Sumer (actuel Irak) a créé un support culturel idéal pour la mémorisation, la préservation et la propagation des enseignements du Christ.
  • En devenant la langue de communication prévalente dans les échanges commerciaux, le grec a fourni une plateforme linguistique accessible à un large éventail de personnes, facilitant ainsi d’une autre manière la propagation rapide des enseignements de Jésus au-delà des frontières culturelles et linguistiques.
  • La diffusion large de la philosophie grecque a joué un rôle essentiel dans la facilitation de la compréhension de la révélation chrétienne. Les concepts philosophiques tels que la logique, la raison et la quête de la vérité ont servi de passerelles intellectuelles, permettant aux premiers chrétiens d’articuler et de partager les enseignements de Jésus de manière harmonieuse avec les pensées de l’époque. En outre, des concepts anthropologiques, tels que la psyché, ont également contribué à approfondir la compréhension de la révélation en offrant des perspectives sur la nature humaine et son lien avec la spiritualité.
  • L’Empire romain a offert une opportunité historique sans précédent pour l’impact universel de la révélation chrétienne. Jamais auparavant, dans l’Histoire, un empire n’avait étendu son influence sur une telle surface, englobant des parties de trois continents (Europe, Afrique, Asie).
  • La période de la Pax Romana de 27 av. J.-C. à 180 apr. J.-C. fut marquée par une paix relative à travers l’Empire romain. Avant cela, les conflits étaient constants entre les nations, ce qui n’aurait pas facilité la diffusion d’une même religion à travers plusieurs territoires. La conquête romaine unifia les territoires sous un même système économique, militaire et linguistique, permettant l’essor du christianisme.
  • Paradoxalement, le contexte de persécution sous l'empire Romain renforce l'idée que l'incarnation a eu lieu à un moment optimal. En effet, si comme pour l'Islam, le christianisme était né à une époque où le pouvoir politique et militaire étaient entre ses mains, nous aurions pu douter de la crédibilité de son récit.  Le contexte de persécution dans lequel est né le christianisme écarte au contraire la possibilité d'un complot et renforce la crédibilité de ceux qui ont porté ce message dans un contexte d'opposition et au prix de leurs vies.
  • Seulement 2 % de la population humaine a vécu avant que Dieu s’incarne. L’immense majorité des 98 % de l’humanité a donc vécu avec l’opportunité de connaître le Christ. D’un point de vue démographique, la venue du Christ a été optimisée pour favoriser son impact.

Synthèse :

Le contexte de la naissance de l’Église après la Pentecôte, c’est-à-dire le monde juif du 1er siècle, peut être décrit à partir de quelques points clés, autour de la culture mésopotamienne, la plus ancienne du monde, domine la région : c’est en cette culture que sont nés l’écriture, le commerce et les premiers savoirs scientifiques.

Le peuple juif comptait selon les estimations entre 4 et 8 millions de personnes au temps du Christ, et ils se répartissaient en gros pour moitié en Israël et pour moitié dans une diaspora gigantesque et unique au monde, présenter dans toutes les régions du monde antique, de la Chine à l’Angleterre, avec des communautés spécialement importantes à Rome, en Egypte et en Mésopotamie. On estime que les Juifs représentaient entre 5 à 10% de l’Empire romain, ce qui en faisait une communauté importante et influente.

A cette époque, de grandes routes commerciales traversaient le monde antique autour de la situation centrale d’Israël, situé sur les « routes de la soie » notamment, de la Méditerranée à la Chine, mais aussi sur les « routes de l’encens » vers la Péninsule arabique et l’Afrique, et sur la « route de l’étain » vers l’Espagne, l’Europe occidentale et l’Angleterre. Les Juifs en sont les organisateurs : ils font marcher le commerce de la Chine à l’Espagne en s’appuyant sur leur diaspora. Leurs circuits commerciaux antiques étaient très organisés et permettaient l’échange et le commerce d’épices, de textiles, de pierres précieuses, de métaux précieux, de technologies et le partage d’idées religieuses et philosophiques.

La langue parlée en Israël au temps du Christ est l’araméen d’Empire (Parthe) en version orale (jeux de mots / témoignage) : c’est la grande langue commerciale d’échange utilisée dans tout l’Orient, des bords de la Méditerranée à l’Inde, et sur toutes les réseaux des routes commerciales de l’Antiquité.

Au tournant du premier siècle, entre 6 av. J.-C. et 33 apr. J.-C., l’émergence du christianisme se déroule également dans un contexte politique dominé militairement par l’Empire romain, qui s’étendait de la Grande-Bretagne à la Syrie et englobait des parties de trois continents, représente une puissance sans précédent dans l’Histoire. La période de la Pax Romana, entre 27 av. J.-C. et 180 apr. J.-C., marquée par une relative stabilité, résulte de la conquête romaine, qui a unifié l’Empire sous un même système économique, militaire et linguistique. Cette fenêtre de paix a créé un terrain propice au développement du christianisme, offrant des indices sur les raisons pour lesquelles Dieu aurait choisi d’envoyer Jésus à ce moment particulier de l’Histoire.

Durant cette période, le grec koinè émerge comme la langue commune (koiné signifie « commun ») du monde méditerranéen. La conquête d’Alexandre le Grand avait répandu cette langue, comparable à l’anglais aujourd’hui en termes d’ubiquité. Cette universalité du grec s’est avérée providentielle pour la diffusion du christianisme.

La contribution des Grecs ne fut pas que linguistique, mais également idéologique. Les concepts tels que la logique, la raison, et la recherche de la vérité ont également trouvé un écho particulier dans le message chrétien. Comme le souligne le sociologue des religions Rodney Stark, cette rencontre entre la philosophie grecque et la révélation chrétienne a offert une plateforme intellectuelle commune, permettant aux premiers chrétiens d’exprimer et de partager les enseignements de Jésus d’une manière qui résonne avec la pensée grecque dominante, rendant la révélation chrétienne plus accessible et compréhensible pour une audience diversifiée dans le monde méditerranéen du premier siècle.

« En outre, puisqu’ils s’étaient engagés à raisonner sur Dieu, les Juifs ont rapidement adopté le souci des Grecs d’avoir un raisonnement valable. Il en est résulté une image de Dieu non seulement éternel et immuable, mais aussi conscient, concerné et rationnel. Les premiers chrétiens ont pleinement accepté cette image de Dieu. Ils ont également ajouté et souligné la proposition selon laquelle notre connaissance de Dieu et de sa création est progressive. La foi en la raison et le progrès ont été essentiels à l’essor de l’Occident » (Rodney Stark, How the West Won: The Neglected Story of the Triumph of Modernity).

L’émergence de l’Empire romain a non seulement unifié des régions diverses sous un même système politique, mais a aussi créé des infrastructures techniques remarquables, dont les voies romaines. Ces routes bien construites et entretenues ont joué un rôle clé dans la diffusion rapide de l’information à travers l’Empire. Les déplacements facilités par ces voies ont permis aux idées, y compris aux enseignements du Christ, de se propager efficacement d’une région à l’autre.

Parallèlement, la maturation de la technologie de l’écriture et de ses supports, depuis ses débuts dans le pays de Sumer (actuel Irak), a constitué un support idéal pour la préservation et la propagation des enseignements chrétiens. Les Évangiles et d’autres textes sacrés ont été transcrits et préservés avec soin, assurant une transmission fiable des enseignements du Christ à travers les générations. L’alliance entre les infrastructures de communication romaines et la maturité de la technologie de l’écriture a ainsi créé un environnement propice à la dissémination rapide et à la préservation durable des enseignements chrétiens dans le monde antique.

À cet égard, il est essentiel de souligner que l’immense majorité des historiens considèrent les Évangiles comme des matériaux légitimes pour éclairer notre compréhension de l’époque du Christ et des premiers chrétiens. Les critères historiques, tels que le style d’écriture, ainsi que le nombre élevé d’exemplaires et de copies qui ont perduré à travers les siècles, rendent pratiquement impossible toute falsification, et garantissent la haute fiabilité de ces textes et leur conformité aux originaux. Cette robustesse documentaire renforce la crédibilité des informations transmises et renforce l’idée que les voies romaines et la technologie de l’écriture ont agi de concert pour soutenir la diffusion et la préservation des enseignements du Christ dans le contexte de l’Empire romain.

D’après les estimations du Population Reference Bureau, environ 105 milliards d’individus ont peuplé notre planète au fil des temps. Parmi eux, seulement 2 % sont nés avant l’arrivée du Christ. Comme le souligne Eric Krapes, du Survey Research Center, de l’Université du Michigan, « le timing divin n’aurait pas pu être plus parfait ». En effet, le Christ a fait son apparition juste avant que la population mondiale n’entre dans une phase d’expansion exponentielle. D’un point de vue démographique, le temps de la venue du Christ semble être parfaitement placé pour maximiser son influence sur l’humanité. Si l’incarnation divine avait eu lieu à un moment où la population mondiale était beaucoup plus importante, le message du Christ aurait peut-être eu plus de difficultés à atteindre et à toucher un grand nombre de personnes. La dispersion géographique et la complexité des sociétés auraient pu rendre la diffusion du message beaucoup plus ardue.

Dans une symphonie parfaite, la venue du Christ sur terre semble être une œuvre minutieusement orchestrée par un horloger. Chaque paramètre, qu’il s’agisse de la démographie, de l’économie, de la politique, de la sociologie, de l’idéologie ou de la linguistique, s’entrelace harmonieusement pour créer un cadre optimal. C’est un ballet céleste où le calendrier divin rencontre les méandres de l’histoire humaine, faisant émerger la révélation chrétienne avec une puissance qui transcende les siècles.

Pascal Joran, apologète pour le site www.veritedelafoichretienne.fr.


Au-delà des raisons d'y croire :

Avec du recul, il est évident que la venue du Christ sur terre ne se contente pas d’être optimale sur le plan du calendrier, mais qu’elle a également engendré un impact extraordinairement positif sur l’humanité. Les idéaux qu’elle a insufflés ont été des catalyseurs puissants, tirant le meilleur de la nature humaine. De l’émergence d’œuvres charitables à l’adoption des valeurs universelles, le Christ a façonné une trajectoire d’amour, de compassion et de grandeur. Ses enseignements ont été une source inépuisable d’inspiration et de transformation, continuant de guider l’humanité vers des horizons empreints de noblesse et d’altruisme. Comme le reconnaît Ernest Renan : « Quels que puissent être les phénomènes inattendus de l’avenir, Jésus ne sera pas surpassé. Son culte se rajeunira sans cesse ; sa légende provoquera des larmes sans fin ; ses souffrances attendriront les meilleurs cœurs ; tous les siècles proclameront qu’entre les fils des hommes, il n’en est pas né de plus grand que Jésus. »


Aller plus loin :

Rodney Stark, How the West Won: The Neglected Story of the Triumph of Modernity, ISI Books, 2015.


En savoir plus :

  • Rodney Stark, The Rise of Christianity: How the Obscure, Marginal Jesus Movement Became the Dominant Religious Force in the Western World in a Few Centuries, HarperSanFrancisco, 1997.
  • Le site Internet du Population Reference Bureau.
  • L’interview vidéo de Rodney Stark : « Jesus, the game changer ».
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