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TOUTES LES RAISONS DE CROIRE
Lacrimations et images miraculeuses
n°59

Italie

1943-1976

Teresa Musco, le salut par la Croix

Teresa Musco naît en 1943 dans une famille italienne pauvre et souffre beaucoup des colères de son père. Ses expériences mystiques commencent très tôt dans son enfance. Elle reçoit de nombreuses visions de Jésus, de Marie, d’anges et de saints qui lui transmettent des messages, notamment à caractère eschatologique (qui concerne la fin des temps). Elle vit dans sa chair la Passion du Christ en recevant les stigmates. Elle meurt à 33 ans. Son biographe, le théologien Gabriele Roschini, professeur à l’université pontificale du Latran et conseiller du Saint-Office, estime que les phénomènes surnaturels autour de Teresa constituent l’ensemble le plus remarquable dans l’histoire de l’Église.

© Unsplash/Josh Applegate
© Unsplash/Josh Applegate

Les raisons d'y croire :

  • La vie morale de Teresa Musco et ses qualités humaines rares la placent Teresa au-dessus de tout soupçon de fraude ou de tromperie. Son obéissance aux autorités ecclésiastiques et son humilité sont constatées de tous.
  • Aussi bien les messages transmis par Teresa que l’interprétation qu’elle donne des prodiges qui l’entourent sont en parfaite concordance avec l’enseignement du magistère catholique, et dans la pleine continuité de l’Évangile.
  • Aucun scientifique à ce jour n’est parvenu à rendre compte des faits surprenants de la vie de Teresa. Par exemple :
  • Teresa reçoit les stigmates en août 1952. L’hypothèse d’une automutilation ou de plaies formées par autosuggestion n’est pas crédible : la psychologie de Teresa ne présume en rien d’une orientation masochiste ni de tendances schizophrènes. De plus, l’évolution clinique des plaies échappe totalement à l’ordre naturel.
  • Durant ses extases ou ses prières, Teresa parle une langue inconnue de son entourage. Lorsque don Carlo de Ambrogio, spécialiste des langues sémitiques, vient en visite à Caserte, il comprend que Teresa parle araméen, la langue que l’on parlait au temps de Jésus. Teresa n’a pourtant jamais appris cette langue.
  • Pendant une période de dix-huit mois, une série de phénomènes sont observables dans la chambre de Teresa. Ils consistent en versements de larmes, soit blanches soit de sang, et en des sudations de la part de diverses effigies sacrées (images pieuses, photos ou statues). Les personnes qui ont vu ces manifestations et les ont attestées verbalement ou par écrit se comptent par centaines, de toutes les classes sociales et de tous les états de vie. Le sang coulé d’un crucifix a été analysé par un docteur en 1975 pour conclure qu’il s’agit de sang humain.

Synthèse :

Le père Gabriele Roschini note d’emblée : « Pendant ma longue vie religieuse, et, plus encore, durant la longue période où j’ai été consulteur de la congrégation pour les causes des saints, j’ai eu l’occasion de lire et de passer au crible un grand nombre de biographies d’âmes saintes, de tous les temps et de tous horizons, exceptionnelles, dotées de dons extraordinaires […]. Aucune […] ne peut se comparer à la vie et aux phénomènes extraordinaires de Teresa Musco. Pour moi, […] le nom de Teresa Musco représente le plus grand ensemble phénoménologique de tous les temps et de tous lieux » (préface du livre du père Stefano Manelli, Piccola storia di una vittima).

Teresa Musco voit le jour le 7 juillet 1943 à Caiazzo, en Italie, dans la province de Caserte, près de Naples. Ses parents, très modestes, croyants sincères, rencontrent des difficultés matérielles et Salvatore, le père, est un homme colérique, parfois violent. Sa mère, Rosa Zullo, est au contraire douceur et piété. Dix enfants partagent l’espace familial. Les premières années de la vie de Teresa sont assez sombres : les combats de la Seconde Guerre mondiale font rage dans le sud de l’Italie, perturbant les travaux agricoles et gênant les approvisionnements en nourriture. Très tôt, la fillette aide ses parents aux travaux domestiques.

À sept ans, elle ressent pour la première fois la présence mystérieuse de la Vierge Marie pour laquelle elle a déjà une vive dévotion. Dès ce jeune âge, elle connaît le rôle de Marie dans l’économie du salut : conduire les hommes à son Fils Jésus.

À partir de 1950, elle est atteinte de fortes fièvres et de coliques douloureuses, sans que personne n’identifie l’origine de ces troubles. Teresa ne sera scolarisée qu’à l’âge de neuf ans, et de façon sporadique.

Les premières expériences mystiques apparaissent : visions de Jésus, de Marie, d’anges et de saints... Hallucinations ? Illusions ? Non ! Les extases et les visions, contrairement aux états morbides connus des psychiatres, offrent paix intérieure et sagesse à Teresa qui, loin d’être « prédisposée » ou « un modèle de sainteté », est une fillette parfois turbulente et espiègle : « tourbillonnante », selon son propre qualificatif.

Dans l’après-midi du 9 janvier 1948, une journée pluvieuse, alors qu’elle prie le rosaire en famille autour du feu, elle s’évanouit. L’un de ses pieds tombe sur le brasier. Revenue à elle, elle hurle tant la douleur est grande. Trois jours après, elle voit une « belle Dame »qui panse sa brûlure. Huit jours après, toute trace a disparu à la surface de la peau.

Le 21 janvier suivant, la Vierge lui apparaît à nouveau : « Ma fille, je suis ta Maman céleste qui te guide sur la route qui plaît à mon Fils bien-aimé. »Dès lors, les prédictions se multiplient : par exemple, son installation future à Caserte et mille détails de sa vie adulte. Imagination enfantine ? Impossible dans le cas de Teresa Musco : les sujets de ses visions et les messages reçus dépassent de très loin ses capacités naturelles. Alors qu’elle n’a que cinq ans, l’Enfant Jésus lui demande : « Teresa, m’aimes-tu ? » Elle lui répond : « Oui ! Et toi, m’aimes-tu ? » Alors, la fixant, l’apparition lui répond : « Oui ! Et s’il en était besoin, Je serais prêt à être de nouveau crucifié pour toi. »

Très tôt aussi, elle veut communier : un fait constant parmi les mystiques authentiques. Le curé de Caiazzo l’autorise à faire sa première communion avant ses douze ans. Mais son père s’y oppose et la question de la préparation à cette cérémonie tourne au drame familial. Le 10 janvier 1950, Teresa garde la chambre, percluse de douleurs. Jésus lui apparaît ; tendant ses bras vers elle, il dit : « Prépare-toi à me recevoir dans la Sainte Communion, car je désire venir à toi, afin que tous les deux nous ne fassions plus qu’un. » Ce même jour, vers dix heures et demie, son père lui ordonne de se lever et d’aller faucher de l’herbe. Teresa obéit. Elle s’habille et part dans les champs aux alentours du village. Elle entend une voix : « Il y a ici l’une de mes maisons. » Regardant autour d’elle, Teresa aperçoit une petite église. Elle interrompt son travail et s’y rend. Elle entre doucement, car elle a entendu des bruits à l’intérieur : on y célèbre une messe de mariage. Elle voit un prêtre dans l’un des confessionnaux, qui accepte de la confesser. Lors de la communion, elle s’approche toute craintive près de la balustrade, comme les autres personnes, et reçoit Jésus-hostie.

Ce jour-là, la Vierge lui demande de noter ce qu’elle dit, car un temps viendra où elle devra confier ses messages à des prêtres. Un jour de 1950, la Vierge avertit Teresa que, désormais, elle aura « beaucoup à souffrir ». Sans comprendre le sens de cette parole, Teresa acquiesce. Puis l’ange Gabriel lui dit : « Tu monteras au Calvaire avec Jésus. » De fait, la santé de Teresa sera très perturbée jusqu’à sa mort. En tout, elle subira cent dix-sept interventions chirurgicales.

Certaines expériences de Teresa doivent être rapportées. Le 3 janvier 1952, Marie lui dit : « Je suis apparue au Portugal où j’ai donné des messages, mais personne ne m’a écoutée […]. À toi, je vais te parler du troisième secret que j’ai confié à Lucie, à Fatima. Je peux te dire qu’il a déjà été lu, mais personne n’en a parlé. » Le père Roschini ajoute : « La Madone prédit à Teresa le voyage de Paul VI à Fatima, où il invitera tout le monde à la prière et à la pénitence et Elle confie encore que le pape n’osera point parler du secret, parce que celui-ci est épouvantable. »

D’autres prophéties allaient surgir au fil des mois : autant d’appels à la prière, à la pénitence, à la conversion. Un matin, tandis qu’elle arrive dans l’église du village pour la messe, elle voit un prêtre s’avancer vers elle, vêtu d’une bure et d’une capuche. Il lui dit : « Ma fille, je te le recommande, prie pour le salut des âmes qui se trouvent au purgatoire. — Qui êtes-vous ? — Je suis Padre Pio. Jésus m’a dit de te dire de ne plus parler à personne de ce qui t’arrive. Un jour, tu seras comme moi. Regarde… » Il lui montre ses stigmates aux mains, la bénit et disparaît. Trouble mental ? Sûrement pas ! À cette époque, Teresa ignore l’existence de saint Padre Pio. Les représentations et les clichés de celui-ci sont rarissimes et l’on conçoit difficilement que la fillette en ait découvert un exemplaire dans une revue. À la maison ? À la paroisse ? À l’école ? C’est impossible.

Le 1er août 1952, elle voit Jésus sur une route « remplie d’épines ». Le Seigneur l’interroge : « Ma fille, veux-tu m’aider à porter cette Croix ? » Deux inconnus s’approchent d’elle, la couchent sur une croix et la clouent au bois de la croix. Teresa se réveille en nage. Elle ressent une douleur atroce aux mains, aux pieds et à la poitrine. Elle constate que des boursouflures sont apparues à ces endroits. Elle est stigmatisée. Une hypothèse d’automutilation ou de plaies formées par autosuggestion ne reposerait sur rien : la psychologie de Teresa ne présume en rien d’une orientation masochiste ni de tendances schizophrènes. De plus, l’évolution clinique des plaies échappe totalement à l’ordre naturel.

En 1954, Teresa reçoit de la Vierge son « programme de vie » : « Dieu seul pour but, Jésus pour modèle, Marie pour guide, l’ange gardien pour soutien, et moi pour le sacrifice. » Tout le reste de son existence va consister à appliquer minutieusement ce programme. Le 12 avril 1955, étendue sur son lit, Teresa voit un grand rayon de soleil au centre duquel un ange lui dit : « Tu as accepté la croix, et bientôt tu arriveras au Calvaire. Quand tu y seras arrivée, ton corps sera comme un crucifix et ton cœur comme un tabernacle vivant… »

Dieu lui donne plusieurs charismes extraordinaires : elle peut lire dans les cœurs et parler en langues « inconnues ». Le père Franco Amico, un prêtre qui connut Teresa Musco, témoigne : « Nombreux sont ceux qui se sont demandés quelle était la langue que parlait Teresa pendant ses extases […]. De la part de Don Stefano Gobbi en personne, j’ai reçu l’explication qui suit. Le 1er février 1975, Don Carlo de Ambrogio vint en visite à Caserte. Ce prêtre était spécialiste des langues sémitiques et on lui doit la traduction de psaumes. Lorsqu’en sa présence, Teresa se mit à parler araméen, il lui demanda de prononcer lentement chaque mot. Conclusion : Don Carlo affirma avoir saisi la signification de chaque mot et dit que la langue parlée par Teresa était la même que l’on parlait du temps de Jésus. »

Le 7 novembre 1960, suite à une vision de l’ange Gabriel, Teresa décide de quitter le domicile parental et de se rendre à Caserte, comme le lui avait prédit Marie. Elle fait un acte d’abandon complet à Dieu. Ces années sont marquées par les vexations et les oppressions du diable à son encontre. Elle s’en plaint à Jésus qui lui répond ainsi : « Ma fille, tu dois être moulue comme le grain et pressée comme une grappe de raisin »,réponse que l’on retrouve dans le témoignage du philosophe Maurice Clavel († 1979), que Teresa ignorait évidemment, qui expliqua qu’au moment de sa conversion, il avait été « récuré comme un évier ».

Jésus lui demande de prier sans cesse pour les âmes du purgatoire. Teresa reçoit souvent des demandes de prières pour ces âmes qui parfois se manifestent à elle, confirmant l’enseignement de l’Église sur ce point.

Le 15 octobre 1963, elle fait vœu de virginité. Sa vie mystique progresse, malgré les tentatives diaboliques de démoralisation. Les phénomènes inexpliqués sont quotidiens, et le père Franco Amico, qui assiste Teresa dans les dernières années de sa vie, en a témoigné, comme des centaines d’autres témoins directs.

Une première analyse scientifique avait été établi en 1974 et inclus dans le rapport des faits du père Gabriele Roschini, Phénomènes extraordinaires vérifiés à Castel San Lorenzo. Ils se sont déroulés également chez l’un des frères de Teresa, Luigi Musco.

Dans les derniers jours de juillet 1974, une image du Cœur Immaculé de Notre-Dame de Fatima « verse des larmes normales, blanches, qui, avec la répétition du phénomène, deviennent roses, en présence de Luigi Musco et de son épouse. Le 3 octobre, la même image verse d’abondantes larmes de sang qui rejoignent sur l’image la hauteur du Cœur. Le 5 octobre, la même image présente une sudation répandue sur la face. Le 21 octobre, l’image verse des larmes de sang en présence de nombreuses personnes. »

Entre le 26 février 1975 et 19 août 1976, une observation rigoureuse des manifestations est faite par plusieurs prêtres et des scientifiques : écoulements de larmes (normales ou sanguines) sur vingt-quatre objets religieux (images, photos ou statues). Le Docteur Francesco Guarino, après avoir détaillé protocole et gestes techniques, conclut : « Le groupe de ce sang est […] 0 (zéro) Rh positif. » Le père Roschini chiffre les phénomènes enregistrés uniquement chez Teresa, à Caserte, à « environ 757 ».

Teresa est une « âme victime » : une croyante acceptant tous les maux, afin de les offrir à Jésus pour le salut des pécheurs. C’est le cœur de sa spiritualité. À l’Assomption de 1974, elle voit « une belle Dame » dont la « voix était comme une mélodie » ; « de ses mains sortaient des rayons lumineux ». Vêtue de blanc, avec une ceinture bleue et un manteau « de la couleur du ciel », ses « pieds reposent sur un nuage blanc ». Elle dit à la mystique : « Ma fille, je me trouve au milieu de vous pour voir qui veut s’offrir comme victime sur cette terre pour ensuite jouir du règne de mon Fils. Veux-tu l’accepter ? » Elle accepte sans réfléchir.

Le sacrement eucharistique est un thème central. Le 23 décembre 1975, Jésus l’exhorte à la dévotion envers le Saint-Sacrement : « Ma fille, fais que je sois consolé et réparé dans mon Eucharistie… Je désire l’amour à travers l’Eucharistie et mes saintes plaies. » En un mot, selon les propos du père Roschini, Teresa vole « vers les plus hauts sommets de l’amour, pour être immolée avec la Victime des victimes, Jésus ».

Dans les premiers jours d’avril 1976, la santé de Teresa se dégrade. Les blessures de la Passion la font atrocement souffrir. Le 23 juin 1976, elle est transportée à l’hôpital civil de Caserte, en néphrologie. On lui diagnostique une « urémie chronique avec hypertension artérielle de degré élevé ».

Peu après, un médecin désire voir les stigmates protégés par des gants. Prétextant une cause médicale, il l’envoie en consultation dans un autre hôpital de la ville, en dermatologie. La réponse du praticien hospitalier est définitive : « Il s’agit de stigmates authentiques. » Dans sa chambre, des roses qui lui ont été offertes, placées devant une petite image du Cœur Immaculé de Marie, se remplissent mystérieusement de rosée.

Le 9 juillet suivant, Teresa subit une première hémodialyse. Elle tombe une dernière fois en extase, voit et entend la Vierge Marie : « Tu souffriras encore un peu et après je te conduirai devant le Père. » Le 19 août 1976, Teresa Musco gît sur son lit, épuisée. Elle trouve encore la force de supporter une ultime dialyse. Dans la salle d’attente du service, elle croise une femme souffrante qui lui demande pourquoi Dieu autorise tant de malheurs. « Le Seigneur n’oublie rien : il saura bien nous récompenser pour nos souffrances », répond-elle.

À ce moment-là, le cœur de Teresa présente les signes d’une extrême faiblesse. Soudain, on entend sonner les cloches d’une église voisine. « C’est pour appeler les fidèles à réparer un sacrilège commis sur des hosties consacrées », apprend-on. Les infirmières se rendent ensemble à l’église, et Teresa reste seule. Au printemps 1972, elle avait demandé à Marie de mourir dans la solitude absolue…

Les évêques de la région de Campania ont autorisé l’ouverture de la phase diocésaine du procès de béatification de Teresa en octobre 2004.

Patrick Sbalchiero


Aller plus loin :

Mgr Fausto Rossi, Teresa Musco, stigmatisée du 20e siècle, Le Parvis, 1991.


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