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TOUTES LES RAISONS DE CROIRE
Témoignages de rencontres avec le Christ
n°180

Le Caire (Égypte)

1987

Nahed Mahmoud Metwalli, de persécutrice à persécutée

Nahed, directrice d’école au Caire, est une musulmane convaincue à qui il arrive de malmener ses collègues coptes parce qu’ils ne sont pas musulmans. Ce qui lui arrive durant le mois de novembre 1987 change sa vie définitivement : le Christ et la Vierge Marie lui apparaissent à plusieurs reprises. Convertie, elle doit fuir sa famille et son pays pour préserver sa sécurité et consacrer sa vie à l’évangélisation à travers son témoignage.

© Shutterstock/godongphoto
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Les raisons d'y croire :

  • Psychologiquement, la conversion de la jeune femme est théoriquement strictement impossible : issue d’une famille musulmane pratiquante, elle jouit avant 1987 d’une position sociale très confortable et elle est parfaitement intégrée à son milieu socioprofessionnel.
  • L’aventure de Nahed n’est pas une découverte abstraite du christianisme, mais une expérience mystique : celle d’une rencontre véritable avec Jésus et Marie, dont la jeune femme peut témoigner sans restriction, au-delà des frontières confessionnelles et des tabous culturels.
  • Nahed a appris en l’espace de quelques jours à la fois l’histoire de l’Église, la théologie et la spiritualité chrétienne, alors que les seules connaissances qu’elle possédait du christianisme avant les apparitions se résumaient à quelques bribes de catéchisme.
  • Lorsque Nahed voit Jésus pour la première fois, elle ne l’identifie pas vraiment et ne peut pas nommer la personne qui lui a parlé. Plus tard, en voyant par hasard une image du Suaire de Turin, elle constate ébahie qu’il s’agit, sans l’ombre d’un doute, du même visage qu’elle a vu quelques jours plus tôt. Elle est donc certaine que c’est bien Jésus et sa mère qui lui sont apparus.
  • La conversion de Nahed a des conséquences extrêmement importantes qui impactent toute sa vie, mais qu’elle assume dans la foi et l’espérance : elle est rejetée par sa famille, y compris ses enfants, persécutée par les autorités de son pays, elle perd son emploi et est contrainte à l’exil en Europe, et fait face au danger quotidien que constituent les menaces professées contre elle…
  • On ne peut pas voir dans cette conversion une quelconque radicalisation religieuse : Nahed n’a jamais éprouvé la moindre agressivité contre les fidèles musulmans qu’elle appelle ses « frères et sœurs » et, depuis sa conversion, elle n’a jamais exprimé une quelconque volonté de puissance vis-à-vis des autres religions ou des agnostiques.

  • Le déroulement de la conversion de Nahed ressemble à d’autres faits bibliques, à commencer par la conversion de saint Paul sur le chemin de Damas (vision et locution du Christ à un persécuteur des chrétiens).

Synthèse :

Nahed Mahmoud Metwalli est issue d’une famille musulmane influente du Caire, franchement hostile au christianisme et aux chrétiens. Elle voit les Coptes de son pays d’un mauvais œil et ne manque pas de le dire en public. Mariée, mère de trois enfants, elle est directrice adjointe du principal établissement d’enseignement pour jeunes filles du Caire, qui compte 4 000 élèves, dans le quartier de Zeitoun, près de la basilique copte où se produisirent les apparitions mariales de 1968. Sur son lieu de travail, elle fait preuve d’hostilité envers les élèves et les collègues chrétiennes. « Je les persécutais très fort et les traitais avec une extrême sévérité. Je croyais de mon devoir d’agir ainsi », avouera-t-elle après sa conversion.

Le 5 novembre 1987, alors qu’elle discute dans son bureau avec une secrétaire chrétienne, Nahed se moque ouvertement de la médaille de Marie, que cette femme porte au cou. Soudain, la directrice est comme prise d’un vertige incontrôlable. Les murs et le sol de la pièce semblent s’évanouir dans une belle clarté lumineuse dont la source est inconnue. En un éclair,Nahed voit la Sainte Vierge, vêtue et voilée de bleu, à un mètre d’elle. Ce n’est ni une figuration, ni un produit de son imagination, mais une très belle jeune femme en chair et en os, et dont le regard la transperce. Nahed est sonnée, comme si elle venait de recevoir un électrochoc. La secrétaire qui, elle, ne voit rien, pense que la directrice est victime d’un malaise. Elle se précipite vers elle et lui évite de tomber sur le sol. Nahed retrouve vite ses esprits. Non, ce jour-là, elle ne dit rien de sa rencontre, ni à la secrétaire, ni à personne.

La nuit suivante est une longue insomnie. Nahed se demande si elle perd la raison. Elle ne trouve le sommeil que vers 5 heures du matin. Son mari, lui aussi peu favorable aux chrétiens, lui semble étrange. Le lendemain, 6 novembre, tandis qu’elle peine à travailler seule dans son bureau, la porte close, un fort parfum d’encens envahit subitement la pièce. Elle lève les yeux vers le mur opposé à son bureau et voit, à quelques pas d’elle, un homme qu’elle n’a jamais vu mais qui, comme elle l’expliquera, est un véritable être humain, dont la matérialité ne fait aucun doute. L’inconnu, vêtu de blanc, porte une barbe et des cheveux longs. Comme l’apparition de la veille, il fixe Nahed de ses deux yeux extraordinaires. L’apparition lui dit en arabe : « Sois en paix, tu auras une mission qui te sera révélée en temps voulu. » Puis l’apparition disparaît, laissant la directrice complètement décontenancée.

« Qui peut être cette personne que je n’ai même pas entendue entrer dans le bureau, se demande-t-elle ? Comment a-t-il fait pour se dissoudre dans l’air ? De quelle mission peut-il bien s’agir ? » Elle essaye de rassembler ses connaissances sur la tradition coranique… Mais rien ne ressemble, ni de près ni de loin, à ce qu’elle vient de vivre. C’en est trop pour elle, d’autant qu’elle est incapable à cette date de poser un nom sur le visage de son apparition. Elle a évidemment déjà vu des représentations de Jésus, des saints chrétiens, quoiqu’en nombre restreint, mais il ne s’agit plus cette fois d’une image, et moins encore d’une illusion d’optique.

Les jours suivants, elle parvient à se rendre à l’école, mais reste à l’écart de ses collègues et s’enferme des heures durant en demandant que personne ne la dérange. Sans qu’elle s’en rende bien compte, son comportement a changé. Quelques jours plus tard, elle tombe fortuitement sur une photo du Saint Suaire de Turin. Son sang ne fait qu’un tour. L’homme que le cliché révèle est absolument identique à celui qui est apparu dans son bureau ! C’est la première fois de sa vie, précise Nahed, qu’elle voit une reproduction de l’image du célèbre linceul. Elle ajoutera au sujet de son apparition : « C’est lui mais en beaucoup plus beau. » Elle en est certaine : le Christ et sa Mère sont venus jusqu’à elle, parfaite ignorante de la foi des chrétiens, qu’elle méprisait jusqu’à cette date.

Mais Jésus et Marie n’ont pas simplement manifesté « physiquement » leur présence à Nahed : ils ont changé son regard sur la société, les hommes, la vie ; ils lui ont appris en un instant à voir le monde comme Jésus le voit et à croire en lui en aimant ses semblables. Ils lui ont enseigné de manière mystérieuse mais complète le contenu du catéchisme de l’Église, elle qui n’avait jamais lu le moindre passage de l’Évangile. Dorénavant Nahed éprouve l’envie irrésistible de suivre Jésus. « Que dois-je faire pour commencer ? », songe-t-elle. Elle est totalement isolée dans cette aventure : dans son milieu professionnel, dans sa famille, dans son pays, dans sa culture…

Quelque temps après, Jésus lui apparaît de nouveau, assis sur un trône indescriptible. Nahed veut le rejoindre. Le Seigneur lui demande à trois reprises : « Alors, Nahed, c’est fini ? C’est bien fini ? Tu es sûre ? » Et elle, bouleversée, lui répond à trois reprises : « Oui c’est bien fini ! » Nahed est foudroyée. De persécutrice, elle est devenue en un instant une convertie. Son cœur vient d’être changé. Dès lors, son comportement négatif à l’égard des chrétiens change radicalement. Elle s’entoure désormais de Coptes, femmes, hommes, laïcs ou prêtres. Au travail, on ne la reconnaît plus.

Elle sait que, dans son milieu d’origine, une telle conversion équivaut à une apostasie. Elle n’en parle à aucun membre de sa famille, pas même à ses propres enfants. Grâce à ses nouveaux amis, elle est conduite vers une paroisse copte qu’elle adore et où elle se rend discrètement dès qu’elle peut. C’est là qu’elle demande le baptême, quelques semaines seulement après les apparitions.

Elle est baptisée en 1988. Depuis lors, Nahed, ancienne persécutrice, est devenue un objet de persécutions dans son pays et jusque dans sa famille. Elle est d’abord renvoyée de son école. Son mari, impliqué dans la vie publique égyptienne, comme responsable de la sécurité d’hommes politiques, la renie, tout comme ses enfants, à l’exception de sa fille. Elle est surveillée, épiée, convoquée par la police. Pour gagner sa vie, elle est contrainte de travailler en cachette, car elle n’a pour ainsi dire plus d’état civil. Elle est devenue une étrangère sur sa terre natale, interdite de sortie du territoire. Les mois passent. Rien n’altère sa foi et son espérance. Aidée par des chrétiens du Caire, elle survit tant bien que mal. Elle échappe même à plusieurs tentatives d’enlèvement.

Profitant du soutien d’amis chrétiens exilés, elle quitte secrètement l’Égypte pour un pays européen. Elle n’a jamais remis les pieds dans son pays natal. Elle se consacre à l’évangélisation, à commencer par celle des musulmans vivant en Europe, à travers son témoignage, oral et écrit, et l’exemple de sa vie, placée sous le regard de Dieu.« La foi chrétienne m’a apporté une paix et une joie incroyables, inconnues en islam […]. Le christianisme, c’est une vie digne des anges. Que le Seigneur accorde sa lumière à tous les hommes pour connaître sa vérité et son amour ! », répète-t-elle souvent.

Elle, qui n’avait jamais ouvert une bible avant le 5 novembre 1987, donne des conférences sur la foi chrétienne, Jésus, Marie, les gens du livre dans le Coran, etc.

Patrick Sbalchiero


Au-delà des raisons d'y croire :

La conversion radicale de Nahed et le bouleversement de ses perspectives spirituelles et morales ne sont pas explicables par la seule psychologie, d’autant que, depuis cet événement, l’existence de cette femme est placée sous le signe de la foi, de la charité et de l’espérance, malgré les dures persécutions dont elle a été l’objet.


Aller plus loin :

N.M. Metwalli, Ma rencontre avec le Christ, Paris, F.-X. de Guibert, 1994.


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