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TOUTES LES RAISONS DE CROIRE
Stigmates
n°43

Italie

1895-1961

Hélène Aiello, une « âme eucharistique »

Hélène Aiello entre en 1920 chez les Sœurs de la Charité du Précieux Sang, mais de graves problèmes de santé l’obligent à retourner chez elle (gangrène de l’épaule gauche mal opérée). Elle reste paralysée et la plaie ne se referme pas. Puis on lui diagnostique un cancer de l’estomac, réputé incurable ; elle en est pourtant guérie par l’intercession de sainte Rita. Le Christ révèle à Hélène qu’elle est associée de façon spéciale à sa Passion et elle y consent. Après cette vision, Hélène vit la Passion tous les vendredis : elle est blessée aux mains, aux pieds et à la tête et perd connaissance. En 1928, elle fonde une œuvre pour les orphelines puis crée la congrégation des Minimes de la Passion.

© https://stigmatics.wordpress.com/
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Les raisons d'y croire :

  • La vie d’Hélène Aiello est parfaitement documentée (carnet de notes, de multiples lettres datées, etc.).
  • Hélène secourt, sa vie durant, enfants abandonnés et victimes diverses. Sur le plan naturel, il est impossible qu’une personne aussi gravement souffrante qu’elle puisse mener de front tant d’activités en même temps.
  • Les phénomènes des vendredis sont constatés des centaines de fois. Les stigmates d’Hélène, leur apparition régulière et leur guérison extraordinaire sont l’objet de nombreux comptes rendus médicaux rigoureux et demeurent inexpliqués. Un des médecins qui l’examine se convertit.
  • Les visions d’Hélène et les messages qu’elle recueille sont en tous points conformes à ceux enregistrés dans les annales de la sainteté chrétienne depuis deux mille ans.
  • Le succès immédiat et durable de sa congrégation (18 maisons rien qu’en Italie) malgré des difficultés matérielles inextricables et alors qu’Hélène est une opposante au régime fasciste de Mussolini est inexplicable sans l’intervention divine.
  • Plusieurs prophéties d’Hélène ont déjà été réalisées : date de guérisons personnelles, chute de Mussolini, date et heure de sa mort, etc.

Synthèse :

Hélène voit le jour le 10 avril 1895 à Cosenza, en Calabre. Elle est la troisième des huit enfants de Pasquale Aiello et de Teresa Pagilla. Celle-ci mourra prématurément en 1906, laissant son époux seul, en charge de la fratrie. La petite Hélène aime apprendre les prières simples qu’on lui enseigne. En 1901, son père confie son éducation aux Filles de la Charité du Très Précieux Sang où elle passe des jours heureux.

Elle fait sa première communion en 1904. Peu après, elle a deux accidents coup sur coup. Le second se produit lorsqu’elle boit un verre d’eau en riant, ce qui provoque chez elle une toux constante pendant quatorze mois. On lui prescrit un traitement qui ne fait qu’empirer les choses. Une nuit, Marie lui apparaît et l’assure que sa toux va disparaître. À son réveil, chacun constate l’authenticité de l’apparition nocturne : Hélène ne tousse plus. La même observation est faite par le médecin de la famille dans les heures qui suivent.

Adolescente, Hélène espère devenir religieuse. En raison du déclenchement de la Première Guerre mondiale, son père lui demande de retarder son projet. Elle obéit et consacre son temps à aider les victimes de l’épidémie de grippe espagnole qui fait rage dans le pays. Après l’armistice, son père l’autorise à prendre le voile. Le 18 août 1920, elle devient membre des Sœurs de Sang.

Un jour, elle est retrouvée inerte sur le sol de la buanderie du couvent. Les sœurs la transportent à l’infirmerie et constatent que son épaule gauche est « noire jusqu’au cou ». Le 25 mars 1921, dans le dortoir, attachée à une chaise, Hélène subit une opération horrible visant à enlever la chair noire nécrosée sur son épaule, sans anesthésie. Elle tient un crucifix dans ses mains et on pose une image de Notre-Dame des Douleurs sur son front. Le médecin, incompétent, endommage les nerfs, ce qui induit une paralysie de l’épaule. Les séquelles de l’opération sont épouvantables. Mais avec une volonté surhumaine, elle participe à la vie du couvent, alors que sa plaie reste ouverte. Le père directeur lui demande de retourner dans sa famille pour recevoir les soins appropriés avant de revenir, si elle le désire. Avant de prendre congé de sa communauté, la bienheureuse a noté dans son carnet qu’avant son départ, le Christ l’avait invitée à quitter ce couvent

Hélène est très émaciée. Son bras gauche est paralysé et la plaie ouverte de l’épaule commence à se remplir de vermine. Un médecin de Cosenza constate qu’il ne peut rien faire, car les nerfs de l’épaule ont été endommagés. « Seul un miracle peut résoudre ton état de santé ; ta blessure peut être atteinte de gangrène ! », lui précise le praticien. Peu après, Hélène commence à souffrir de troubles gastriques ; on lui diagnostique un cancer incurable de l’estomac.

Un jour, tandis qu’elle prie devant une statue de sainte Rita, elle voit cet objet s’entourer d’une lumière éblouissante. La nuit suivante, cette sainte lui apparaît et lui conseille de commencer un triduum en son honneur. À la fin de ce triduum, sainte Rita se manifeste une deuxième fois et informe la bienheureuse que ce triduum devra être répété si elle veut être guérie des maux d’estomac. Mais son épaule, quant à elle, ne pourra l’être avant un certain temps, car Dieu lui demande de « souffrir ce mal pour expier les péchés ».

Le 21 octobre 1921, Hélène est subitement guérie de sa tumeur gastrique. Sa sœur, Evangelina, allongée dans la pièce voisine, voit une « lumière brillante » envahir le logement. Un instant plus tard, Hélène demande aux siens de lui apporter de quoi manger. Les semaines suivantes, elle annonce qu’elle ne tardera pas à être guérie de la plaie à son épaule. Dans une lettre datée du 10 mai 1924 adressée à un évêque, elle écrit : « Vers 15 heures hier, Jésus m’est apparu et m’a dit : "Ma fille, veux-tu être guérie ou veux-tu souffrir ? J’ai répondu : Souffrant avec toi, mon Jésus, on peut tout souffrir, et Jésus m’a dit encore : Ah ! Eh bien, je te guérirai, mais chaque vendredi je t’amènerai dans les ténèbres ; tu seras plus près de moi." Après m’avoir dit cela, il a disparu. »

Dans la nuit du 21 mai 1924, sainte Rita apparaît dans sa chambre et lui annonce qu’elle sera guérie le lendemain à 15 heures. Le lendemain, peu avant 15 heures, après avoir récité le rosaire, Hélène se met à prier… Sa sœur raconte : « Elle s’est levée et s’est approchée de la statue [de sainte Rita]. Nous avions l’impression que la main tendue de sainte Rita, celle qui tenait le crucifix, s’était écartée pour atteindre la main du côté blessé d’Hélène et la soulever, et qu’une vibration secouait la statue et sa protection. Devant notre incrédulité, Hélène répéta : "Je suis guérie ! Je suis guérie !" Quand je me suis penchée pour voir la plaie, elle était refermée, il ne restait plus qu’une cicatrice. »

Entre-temps, un événement majeur s’est produit. Le 2 mars 1923, le premier vendredi du mois, après la messe, une « voix » annonce à Hélène que le Christ va lui communiquer une nouvelle souffrance, afin qu’elle participe intimement à sa Passion. Vers 15 heures, Hélène est alitée et son épaule la fait souffrir.

Soudain, Jésus apparaît, vêtu de blanc et portant la couronne d’épines. Un dialogue s’instaure, à l’issue duquel le Christ enlève la couronne de sa tête et fait le geste de la placer sur celle de la bienheureuse. Aussitôt, un flux abondant de sang s’écoule du cuir chevelu d’Hélène. Puis des plaies apparaissent aux mains, aux pieds et au flanc. La domestique de la famille travaille dans une pièce adjacente. Surprise par le bruit provenant de la chambre d’Hélène, elle décide de s’y rendre pour s’assurer que tout va bien. Elle manque de défaillir lorsqu’elle découvre autant de sang recouvrant la tête et le visage d’Hélène. Elle prévient aussitôt la famille, croyant qu’on avait attenté à la vie de la bienheureuse. Un médecin et un prêtre sont appelés à son chevet. Le docteur Adolfo Turano lave la plaie, mais le sang continue à couler de la tête pendant trois heures sans interruption, en contradiction avec toutes les lois naturelles. Puis le phénomène s’arrête de lui-même.

Le deuxième vendredi de mars, peu avant 15 heures, le docteur Turano est appelé de nouveau ; une dizaine de témoins assistent ce jour-là à l’écoulement inexplicable de sang. Le médecin essaie de stopper l’hémorragie avec un mouchoir mais, au contact du tissu, la peau de la boîte crânienne devient si irritée qu’il doit interrompre sa tentative.

Le troisième vendredi du même mois, Virginia Manes, mère du docteur Aristodemo Milano, de la région de Catane, vient au domicile d’Hélène pour recueillir du sang à l’aide d’un mouchoir qu’elle doit rapporter à son fils. La femme essuie le front d’Hélène avec le morceau de tissu, le plie et le glisse dans son sac. De retour chez elle, elle trouve le mouchoir « complètement propre et sans la moindre trace de sang ». Le fils médecin a demandé à être baptisé.

La participation d’Hélène à la Passion du Christ se traduit chaque vendredi par sa « mort mystique », constatée des centaines de fois. La bienheureuse reste plusieurs heures dans un état de somnolence, interrompu seulement par les douleurs occasionnées par les plaies. La position de son corps évoque celle de Jésus crucifié : les bras ouverts et les pieds reposant l’un sur l’autre. Les changements physiologiques sont étonnants : souffle difficilement perceptible, blancheur extrême de la peau, muscles raidis et, parfois, les yeux grand ouverts, comme si elle regardait une vision lointaine terrible.

Aucun médecin n’est jamais parvenu à expliquer de tels phénomènes. Comment un être humain peut-il perdre jusqu’à trois litres de sang en quelques heures, puis se sentir bien quelques instants après ? Car Hélène récupère très anormalement vite de la Passion du vendredi, à tel point que, plus d’une fois, face à son état de profonde prostration, les gens se mettent à craindre pour sa vie ; mais au matin de chaque samedi, elle se lève, joyeuse et alerte, et mène une semaine de travail et d’échanges, jusqu’au vendredi suivant, où tout recommence. Il existe depuis le Moyen Âge des cas semblables de stigmatisation dont la périodicité épouse le calendrier liturgique de l’Église et où le processus naturel de cicatrisation est détourné ou occulté.

Surnommée la « sœur sanglante », de plus en plus de gens se rendent chez elle, ce qui ne manque pas d’interpeller le clergé. Pourtant, Hélène répond à tous ceux qui l’interrogent et, malgré ses souffrances, elle confie aux prêtres tout ce qui lui arrive : aucun n’a jamais émis le moindre doute sur l’authenticité des phénomènes.

En 1927, elle a des visions de Jésus, de la Vierge, de saint François de Paule et de sainte Thérèse de Lisieux. Elle commence à faire des prophéties dans les domaines politiques et militaires.

Le 28 janvier 1928, elle fonde l’ordre des Sœurs Minimes de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, destiné à aider les enfants pauvres, les prisonniers de guerre, les indigents. Le succès de cette structure est foudroyant : à la mort d’Hélène, 18 communautés ont déjà vu le jour en Italie. En janvier 1948, un décret pontifical élève cet Institut au rang de congrégation de droit pontifical et, le 8 juillet 1949, un décret du gouvernement italien reconnaît son utilité publique. Elle est reçue par Pie XII en audience privée.

Des faits inexplicables se déroulent dans l’Institut naissant où, en quelques semaines, une centaine d’enfants pauvres sont accueillis et scolarisés. Une fois, la « présence » de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus est perçue par un groupe d’enfants travaillant dans l’atelier. Le bruit qui s’ensuit incite Hélène à venir voir ce qui se passe. Les filles présentes lui disent qu’elles ont vu une « sainte carmélite ». En remontant à l’étage, la bienheureuse voit sainte Thérèse à son tour.

Mais la maison est pauvre et les ressources sont souvent épuisées. Le 11 septembre 1935, il n’y a plus rien dans la cuisine pour le déjeuner. Alors qu’une sœur vient de demander de l’argent à Hélène, un prêtre sonne à l’entrée et propose de célébrer la messe. Hélène prie alors les personnes présentes d’aller assister à cet office. Au moment de l’élévation de l’hostie, un « parfum exquis » se répand à travers la chapelle. On entonne l’Office de la Vierge ; Hélène ouvre son livret et, entre deux images pieuses (Notre-Dame des Douleurs et sainte Thérèse de l’Enfant Jésus), elle trouve un billet de cinquante lires. Elle est certaine de ne jamais l’avoir mis là. En fin de journée, lorsque la communauté se retrouve à la chapelle pour l’office du soir, un parfum identique à celui du matin est perçu par tous. Au même moment, la bienheureuse rouvre son livret où elle avait trouvé le billet et, entre les deux images pieuses, découvre un billet identique de cinquante lires. Le lendemain matin, Hélène explique cette affaire au confesseur de l’Institut, le chanoine Mazzuca, qui n’en revient pas mais qui consigne par écrit ces événements.

En 1934, la pauvreté frappe à nouveau la communauté. Une livraison d’huile a bien été effectuée, mais Hélène n’a plus un sou pour régler la facture. Elle rassemble alors les orphelins autour de l’autel de la chapelle et tous, ensemble, demandent à Dieu de les secourir. Dans les instants qui suivent, un homme frappe à la porte : c’est un bienfaiteur inconnu qui fait un don de la somme exacte dont elle a besoin pour rembourser sa dette auprès du négociant en huile.

Un autre événement, lui aussi authentifié dans le cadre du procès de béatification d’Hélène, est à signaler. Un jour de 1937, Hélène s’aperçoit qu’elle n’a plus de pain pour les enfants ; au même moment, tandis qu’elle prie Jésus de l’aider, un garde municipal frappe à la porte et remet gracieusement à l’Institut 36 kilos de pain cuit le matin même.

Parallèlement à l’administration de son Institut, Hélène multiplie les prophéties. Le 6 mai 1940, « sur ordre de Jésus », elle écrit à Benito Mussolini pour le dissuader de collaborer avec Adolf Hitler, sans quoi le peuple italien souffrira terriblement, et lui-même connaîtra une fin terrible (exposition publique du cadavre du Duce en avril 1945 à Milan). Le Duce ne croit guère à ces récits « merveilleux » et se contente de faire un petit don à l’Institut. On connaît la suite de l’histoire. Les prophéties d’Hélène évoquent la Guerre froide, la menace du communisme, la course aux armements, la déchristianisation en Europe de l’Ouest…, jusqu’à la troublante affirmation (au regard de l’actualité) qu’une guerre venue de Russie touchera « l’Ouest » du continent. Elle a enfin prédit la date et l’heure de sa propre mort.

Le 12 juin 1961, mère Hélène est transportée à l’hôpital San Giovanni de Rome. Dans la nuit suivante, les infirmières remarquent une « forte odeur parfumée » dans sa chambre. Elles lui disent : « Mère, demain, c’est la fête de saint Antoine et, certainement, il obtiendra votre guérison. – Demain, ni saint Antoine, ni sainte Rita, ni même Notre-Dame ne feront de miracles. » Elle rend son âme à Dieu le19 juin 1961, à 6 h 19 du matin, comme elle l’avait annoncé. Sa cause de béatification est ouverte en 1982. Elle aboutit en 2011.

Patrick Sbalchiero


Au-delà des raisons d'y croire :

L’œuvre caritative d’Hélène a permis à des milliers de jeunes en difficulté de recevoir aide et accompagnement.


Aller plus loin :

« Elena Aiello », Dictionnaire de spiritualité et de mystique, t. 10, Paris, Beauchesne, col. 536.


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