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TOUTES LES RAISONS DE CROIRE
Jésus
n°186

Orient

VIIe siècle

La vérité de Jésus transparaît même dans le Coran

Pour les musulmans, le Coran est un livre saint révélé par Dieu. Il prétend corriger les déviations qui seraient advenues dans les religions précédentes, notamment le judaïsme et le christianisme. Or, parmi les reproches qui sont faits aux chrétiens, il y a celui d’avoir divinisé Jésus. Dans la vision musulmane officielle, Jésus est un grand homme, le Messie, mais seulement un homme. Pourtant, en dépit de cette position largement répandue, quelques caractéristiques et certains titres que le texte du Coran attribue à Jésus devraient interroger ses lecteurs : comment un tel individu pourrait-il n’être qu’un homme ?

© Unsplash / Sidik Kurniawan
© Unsplash / Sidik Kurniawan

Les raisons d'y croire :

  • L’islam prétend corriger les exagérations du christianisme. Pourtant, son livre saint, le Coran, attribue à Jésus un statut absolument exceptionnel, bien au-delà de ce qui est reconnu à Muhammad.
  • D’un côté, le Coran affirme la véracité des livres précédemment révélés (Torah, Psaumes et Évangiles, Sourate 3,3 ; Sourate 2,41 ; 2,89 ; 2,91), mais, d’un autre côté, la tradition musulmane prétend que ces textes auraient été « falsifiés », sans jamais pour autant préciser dans quelles parties, ni quand, où et par qui ces « falsifications » auraient été faites.

  • D’un côté, Jésus est nié comme étant éternel, de nature divine ou « Fils de Dieu », mais, d’un autre côté, il est appelé « Messie » d’Israël, qualifié de « souffle/esprit » venant de Dieu et de « parole de Dieu ». Cependant, y a-t-il un temps où Dieu n’avait pas de parole ou d’esprit ?

  • Plusieurs des miracles de Jésus sont cités. Il est explicitement fait mention dans le Coran de guérisons (aveugle-né, lépreux) et de résurrections opérées par Jésus (Sourate 5,110 ; 3,49). Le Coran témoigne aussi du fait que les juifs admettaient ces miracles, mais les attribuaient à de la magie.
  • Sa naissance virginale, sans père humain, est affirmée à plusieurs reprises. Mais la foi chrétienne en la divinité de Jésus n’est-elle pas la meilleure réponse à cet événement unique ? Sans la divinité de Jésus, un tel miracle ne devient-il pas incompréhensible ?
  • Enfin, la Vierge Marie, sa Mère, est la seule femme nommée dans le Coran. Elle a ainsi, elle aussi, un statut très au-dessus des autres femmes, et une sourate porte même son nom.

Synthèse :

Pour les musulmans, le Coran est le dernier livre révélé par Dieu, et Muhammad est le sceau des prophètes. Celui-ci – pensent-ils – est venu corriger les erreurs des religions précédemment révélées, en particulier celles du judaïsme et du christianisme. Aux chrétiens, il est notamment reproché d’avoir « exagéré » leur religion en faisant de « Jésus fils de Marie » l’« égal d’Allah ». Ils accusent aussi les juifs et les chrétiens d’avoir falsifié les livres révélés, la Torah de Moïse et l’Évangile de Jésus, ainsi que les Psaumes et une « écriture » révélée par Abraham.

Mais cette accusation de falsification est contredite par le Coran lui-même, comme nous allons le voir, et la place exceptionnelle reconnue à Jésus dans ce même livre devrait normalement conduire les lecteurs à s’interroger sur sa véritable identité.

Le Coran et les livres révélés (Torah et Évangile)

Des articles précédents ont déjà montré que les accusations de falsification des livres sont, d’un point de vue historique, difficiles à soutenir, car de nombreux éléments viennent confirmer l’historicité des Évangiles et de l’Ancien Testament

Mais, il n’est pas non plus évident que le Coran lui-même porte cette accusation. Au contraire, à plusieurs reprises, le Coran prétend « confirmer » les livres précédents : « Il a fait descendre sur toi le Livre avec la vérité, confirmant les Livres descendus avant lui. Et il fit descendre la Torah et l’Évangile » (Sourate 3,3). Cette remarque est répétée tout au long du Coran (Sourate 2,41 ; 2,89 ; 2,91).

Plus encore, il reconnaît la pertinence de leur jugement : « Nous avons fait descendre la Torah dans laquelle il y a guide et lumière. C’est sur sa base que les prophètes qui se sont soumis à Allah, ainsi que les rabbins et les docteurs, jugent les affaires des juifs. Car on leur a confié la garde du Livre d’Allah, et ils en sont les témoins » (Sourate 5,44). Il faut noter que ce jugement ne concerne pas seulement l’époque des prophètes, auquel cas on pourrait supposer que la Torah a été falsifiée après, mais aussi celle des rabbins. On pourra noter que ce rôle des juifs comme « gardiens du Livre » rejoint certains propos des Pères de l’Église.  Mais surtout, il appelle ses contemporains comme témoins : « Et si tu es en doute sur ce que nous avons fait descendre vers toi, interroge alors ceux qui lisent le Livre révélé avant toi » (Sourate 10,94). Comment cela pourrait-il être le cas si ces livres (Torah et Évangile) étaient falsifiés ? Le Coran affirme seulement que les juifs et les chrétiens interprètent mal leurs livres ou n’y obéissent pas, mais à aucun moment il n’accuse les livres d’être eux-mêmes corrompus. En réalité, c’est la tradition musulmane, qui, voyant les divergences entre la Bible et le Coran, a été obligée de conclure que la Bible avait été falsifiée, afin de défendre l’intégrité du Coran.

Pour ce qui est de ces divergences, d’un point de vue historique, et en dehors de tout parti pris confessionnel, il est bien plus pertinent de déduire que le rédacteur (ou les rédacteurs) du Coran a parfois mal compris ou mélangé des textes bibliques – ou qu’il en a livré une réinterprétation ou un commentaire très personnels.

La description coranique de Jésus

Le Jésus décrit dans le Coran peut-il n’être qu’un homme ? La question peut paraître étrange, tant le reproche musulman fait aux chrétiens d’avoir divinisé Jésus est connu. Il faut reconnaître, cette fois, que le Coran lui-même porte cette accusation. Pourtant, malgré cette négation de la divinité de Jésus, le Coran lui-même ne peut s’empêcher de lui reconnaître un statut tellement exceptionnel que la question de son identité réelle peut se poser à chaque lecteur.

Le Coran insiste tout d’abord sur le fait que Dieu a donné des « preuves » à Jésus : « Certes, nous avons donné le Livre à Moïse ; nous avons envoyé après lui des prophètes successifs. Et nous avons donné des preuves à Jésus fils de Marie, et nous l’avons renforcé du Saint-Esprit » (Sourate 2,87). Bien que ces « preuves » ne soient pas détaillées, nous pouvons penser aux nombreux miracles relatés dans les Évangiles. La tradition musulmane reconnaît ces miracles, et le Coran en cite plusieurs explicitement : la guérison d’un aveugle-né et d’un lépreux, la résurrection de morts. Mais le Coran ajoute aussi une autre information intéressante, puisqu’il affirme que les juifs reconnaissaient les miracles de Jésus mais les attribuaient à de la magie (Sourate 5,110). Ces propos rejoignent le témoignage des Évangiles et du Talmud. Ils sont importants car ils attestent du fait que même les adversaires de Jésus ne niaient pas ses miracles.

On peut aussi souligner que Jésus est qualifié de « parole de Dieu » et de « souffle/esprit » venant de Dieu (Sourate 4,171). Ces qualificatifs rejoignent bien sûr le célèbre prologue de l’Évangile de Jean.

Enfin, le Coran mentionne à plusieurs reprises la naissance miraculeuse de Jésus, et s’attaque à ceux qui osent calomnier Marie (Sourate 4,156). Marie est d’ailleurs la seule femme nommée dans le Coran, et une sourate – la numéro 19 – porte même son nom.

Or, cette naissance nous interpelle. Pourquoi un simple homme aurait-il bénéficié d’un tel miracle ? Pourquoi n’est-il pas passé par une conception ordinaire ? Aucun prophète avant lui, et aucun prophète après lui, n’a connu cela. Si Jésus était un prophète comme un autre, et même le premier d’entre tous les prophètes, pourquoi une telle naissance ? Ce miracle unique est totalement cohérent avec la foi chrétienne qui reconnaît la divinité de Jésus. Il devient incompréhensible si l’on nie cette divinité.

David Vincent, doctorant en histoire des religions et anthropologie religieuse à l’École Pratique des Hautes Études.


Au-delà des raisons d'y croire :

En plus de ses motifs de vérité, le christianisme et sa doctrine sont profondément en phase avec les aspirations et les besoins des hommes.


Aller plus loin :

Rémi Gomez, La divinité du Christ face à l’islam, Marpent, BLF Éditions, 2021.


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