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TOUTES LES RAISONS DE CROIRE
Guérisons miraculeuses
n°70

Lourdes

XIXe-XXIe siècle

Avec plus de 7500 dossiers déposés pour des guérisons inexpliquées, Lourdes est un lieu unique au monde

Depuis 1858, le Bureau des constatations médicales du sanctuaire de Lourdes a enregistré plus de 7 500 dossiers de pèlerins ayant déclaré, volontairement et spontanément, une grâce de guérison par l’intercession de Notre Dame de Lourdes. Ces dossiers, conservés dans les archives – aujourd’hui informatisées – peuvent être consultés et étudiés par tous les médecins qui passent à Lourdes, réunis au sein de l’Association médicale internationale de Lourdes (AMIL), qui compte plus de 12 000 médecins de 72 pays différents. Les cas de guérisons avérées sont alors examinés par les spécialistes composant le Comité médical international de Lourdes (CMIL), et seuls sont retenus ceux jugés inexplicables en l’état actuel des connaissances médicales. En plus de l’aspect spirituel de l’événement, l’Église se réfère à des critères d’exclusion très stricts, réduisant encore les possibilités d’une reconnaissance. Ainsi, à ce jour, parmi ces dossiers, seuls 70 cas de guérison ont été reconnus comme miraculeux par l’Église.

Les raisons d'y croire :

  • Au regard de tous les aspects (nombre de guérisons, nombre de miracles, exigences scientifiques…), il est clair que Lourdes est un lieu absolument unique au monde, comparable à aucun autre, ni de près ni de loin, dans aucune religion.
  • La source, mise à jour le 25 février 1858 à la demande de la Vierge Marie, n’a cessé de couler depuis, et d’innombrables miracles et grâces lui sont attribués, contribuant à la réputation unique de Lourdes.

Synthèse :

Lourdes est connue comme une « terre de miracles », en France d’abord, puis dans le monde entier. Les miracles ont largement contribué à la célébrité de cette petite bourgade pyrénéenne devenue l’un des sanctuaires mariaux les plus célèbres au monde, et où passent chaque année cinq à six millions de pèlerins.

En fait, ces miracles sont uniquement des miracles de guérison, et – étonnant paradoxe – les paroles de la Vierge à Bernadette lors des apparitions ne font jamais allusion à la maladie ou à la guérison ! Pourtant, les guérisons extraordinaires font partie dès le début de la chronique de Lourdes.

Le 25 février 1858, lors de la neuvième apparition (qui occupe une place centrale parmi les 18 recensées), et un mois avant que la Vierge ne dévoile son identité, Bernadette – sur les indications de Marie – met péniblement au jour une source au fond de la grotte de Massabielle, en creusant la terre avec ses doigts. C’est au contact de cette eau que, trois jours après, une première guérison a lieu, puis d’autres dans les jours et les mois qui suivent. On pense d’abord à une vertu curative de l’eau de la grotte, mais les analyses révéleront vite qu’il n’en est rien. Des guérisons de plus en plus nombreuses ne tarderont d’ailleurs pas à se produire, que ce soit lors de la procession eucharistique, durant une messe, voire à des milliers de kilomètres du sanctuaire, avec ou sans la participation de l’eau, mais toujours reconnues par les bénéficiaires comme consécutives à l’intercession de Notre Dame de Lourdes.

On a du mal à imaginer aujourd’hui l’ampleur du phénomène « guérison ». Pendant un pèlerinage de quelques jours comme le Pèlerinage National Français, premier pèlerinage organisé pour les malades à partir de 1873, le nombre de malades alléguant une guérison atteignait celui que l’on recense actuellement en moyenne sur une année (une cinquantaine) ! Aujourd’hui, quand on est malade, on compte plus sur la médecine (qui a fait plus de progrès en cent cinquante ans qu’au cours de son histoire antérieure) que sur le Ciel ! Mais des guérisons continuent à se produire à Lourdes, aussi bien petites (non relevées) que grandes (celles de maladies incurables qui pourront faire l’objet d’une reconnaissance de miracle).

Dès l’origine, donc, ces guérisons, surprenantes et inattendues, amènent les autorités civiles et religieuses à s’interroger. Dès la fin des apparitions, en juillet 1858, Mgr Laurence, l’évêque de Tarbes de l’époque, met très lucidement en place une commission médicale pour commencer à « authentifier » ces allégations de guérison. Cette instance, dirigée par le professeur Vergez, agrégé de médecine thermale de la faculté de Montpellier, convoque toutes les personnes assurant avoir été guéries, pour les interroger et les examiner aussi scientifiquement que possible. Dès le 18 janvier 1862, dans son « Mandement portant jugement sur l’apparition qui a eu lieu à la grotte de Lourdes », Mgr Laurence souligne : « Ces guérisons sont des miracles : j’y vois le doigt de Dieu. » Ce mouvement ne cessera de se développer dans les décennies qui suivront, faisant de Lourdes un lieu incomparable.

La procédure d’authentification qui a été fixée a pour but de garantir un haut niveau de crédibilité.

1. Le premier temps est celui de la déclaration : personne n’est obligé de se déclarer guéri. Une telle déclaration au médecin permanent de Lourdes est un acte libre qui engage la personne. Pourquoi le fait-elle ?  Parce qu’elle est sûre, en son for intérieur, que ce qui lui est arrivé n’est pas naturel, mais bien surnaturel. C’est tout à fait différent de ce que l’on appelle aujourd’hui une « rémission spontanée », ou du cas d’un malade qui, malgré un pronostic médical défavorable, se sentirait soudainement mieux. Il s’agit là seulement d’une exception aux connaissances médicales fondées sur les statistiques, d’une extrémité de la courbe de Gauss, où la personne malade n’y comprend rien, pas plus que son médecin. Dans le cas d’une guérison miraculeuse, la personne guérie sait – et ressent – que ce qu’elle a vécu n’est pas d’ordre naturel, et ce sentiment s’accompagne d’une expérience intérieure forte dont elle peut témoigner.

2. La deuxième exigence est de ne retenir que les guérisons de maladies graves, bien connues et clairement diagnostiquées, pour lesquelles il n’existe pas de traitement efficace et qui ne sont pas d’origine psychiatrique, c’est-à-dire des maladies qui ne guérissent jamais par simple effet placebo. De plus – et c’est un critère fondamental, demandé expressément par l’Église pour une reconnaissance de miracle –, cette guérison doit être « subite, soudaine, instantanée, sans convalescence », autant de caractéristiques inexistantes en médecine. Il ne doit pas s’agir d’un soulagement ou d’une rémission, mais bien d’une guérison totale et définitive.

3. La personne guérie est, dans un premier temps, interrogée et examinée par les médecins qui passent à Lourdes, ainsi que tous ceux qui le souhaitent (de tous pays ou cultures), et en reprenant les documents médicaux d’avant et d’après guérison. Puis les médecins du CMIL (comité composé de spécialistes de toutes les disciplines, y compris la psychiatrie) étudient à nouveau entièrement le dossier retenu. Ils désignent alors l’un des leurs pour mener une expertise complète du cas que ce dernier présentera à tous l’année suivante, pour un vote secret : une majorité des deux tiers est requise pour admettre cette « guérison inexpliquée en l’état des connaissances médicales », et le cas est transmis à l’Église.

4. Finalement, ce sera à l’évêque du diocèse de la personne guérie de décider – ou non – d’une reconnaissance canonique de miracle, décision grave sur laquelle on ne reviendra plus.

Ces « guérisons inexplicables » – aussi bien les premières que les suivantes, ininterrompues depuis plus de cent cinquante ans – peuvent donc être qualifiées de miracles. Même avec les progrès immenses de la médecine depuis les premières guérisons, en 1858, et malgré la rigueur de la procédure scientifique mise en place, on ne peut toujours pas, aujourd’hui encore, expliquer les guérisons reconnues miraculeuses par l’Église.

Dr Patrick Theillier, ancien directeur du Bureau des constatations médicales de Lourdes, ancien président de l’Association médicale internationale de Lourdes, et membre du Comité médical international de Lourdes.


Au-delà des raisons d'y croire :

  • Le message si simple, si beau et si crédible de Notre Dame de Lourdes, qui appelle à la prière, à la pénitence et au retour à Dieu, est plus actuel que jamais et mérite d’être médité.
  • Que l’on soit malade ou pas, Lourdes reste un lieu de bénédictions pour tous ceux qui y viennent en pèlerinage : la Vierge Marie, qui connaît la misère et les péchés de nos vies et de la vie du monde, y est toujours présente et ne demande qu’à soulager le cœur de ses enfants qui lui font confiance.

Aller plus loin :

Lourdes, terre de guérisons,Artège poche, 2019 : Patrick Theillier y décrit les plus belles guérisons de Lourdes, qu’elles soient authentifiées par l’Église comme miraculeuses, ou qu’elles soient simplement reconnues comme étant « de nature miraculeuse ».


En savoir plus :

Les ouvrages sur Lourdes sont extrêmement nombreux, parmi lesquels :

  • Patrick Theillier, Et si on parlait des miracles…, Paris, Presses de la Renaissance, 2004 (2e édition). Traduit en seize langues : italien, espagnol, portugais, anglais, allemand, flamand, polonais, hongrois, slovaque, tchèque, roumain, arabe, chinois, japonais, coréen, vietnamien.
  • Patrick Theillier, Le témoignage incroyable d’un pèlerin, René Le Ménager – Lourdes il y a cent ans,Atlantica, 2008.
  • Jeanne Frétel (préface de Patrick Theillier), Un miracle eucharistique à Lourdes – 8 octobre 1948, F.-X. de Guibert Éditions, 2012.
  • Bernadette Moriau, Ma vie est un miracle, J.-C. Lattès, 2018.

Il existe également de très beaux films sur Lourdes. Pour les connaître tous, le livre de référence est Lourdes au cinéma,deJean-Christophe Borde (NDL Éditions, 2008), qui répertorie 9 films muets et 36 parlants, auquel il faut ajouter le film plus récent (2019) Lourdes, de Thierry Demaizière et Alban Teurlai, magnifique documentaire sur les malades et les hospitaliers de Lourdes.

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