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TOUTES LES RAISONS DE CROIRE
Marie
n°32

Judée

Ier siècle

Les prophéties qui annonçaient « celle qui doit enfanter »

L’attente messianique en Israël concerne également une « Femme » préfigurée dans la Genèse (Gn 3,18), une « Vierge » annoncée par les prophètes comme « un signe » (Is 7,14), « la plus belle des femmes » chantée par le Cantique des cantiques (Ct 5,9), « Celle qui doit enfanter » le Messie (Mi 5,2), la « Fille de Sion » qui danse et se réjouit de porter le Roi d’Israël « en son sein » (littéralement : « en ses entrailles de mère ») (Za 2,14-15). Comme pour le Christ, tous les aspects du mystère de Marie ont été étonnamment annoncés dans l’Ancien Testament par des paroles, images ou figures prophétiques. Cette attente unique au monde de « l’Arche de la Nouvelle Alliance » a eu un écho remarquable, notamment dans les mondes païens de l’Antiquité.

Statue de la Vierge Marie au sommet de la colonne de la peste dans le centre-ville de Kosice, Slovaquie /  iStock/Getty Images Plus/Haidamac
Statue de la Vierge Marie au sommet de la colonne de la peste dans le centre-ville de Kosice, Slovaquie / iStock/Getty Images Plus/Haidamac

Les raisons d'y croire :

  • C’est « homme et femme » (Gn 1,27) que Dieu créa l’humanité. C’est pourquoi, de manière logique, au Messie, « nouvel Adam » (1 Co 15,45), qui vient relever l’homme après la chute, est associée une Femme, nouvelle Eve, « comblée de grâce » (Lc 1,28), qui va « aider » à dénouer le nœud qu’Eve avait noué.
  • La Vierge Marie, « Arche de la Nouvelle Alliance », accomplit avec une justesse improbable les nombreuses annonces et figures prophétiques liées à l’attente de la Mère du Messie, d’une Fille de Sion et d’une Epouse de l’Esprit Saint.
  • La prophétie d’Isaïe « Voici que la Vierge est enceinte, elle enfantera un fils et on l’appellera Emmanuel, c’est-à-dire Dieu avec nous » (Is 7,14) est un moment capital qui a eu un impact fort en Israël et bien au-delà, jusqu'à Longpont et à Chartres, etc. Longtemps avant la venue du Christ, on vénérait déjà la « Vierge qui doit enfanter », en écho à cette annonce inouïe.
  • Il est frappant de constater que dans l’Histoire de l’Humanité, la Vierge Marie a été la seule femme à qui a pu être attribuée l’honneur de répondre à toutes ces attentes prophétiques. Jamais il n’a été imaginé qu’une autre pouvait avoir été cette Vierge, cette Mère, cette Fille de Sion, cette Reine et cette Epouse de l’Esprit Saint décrite dans le Cantique des cantiques.
  • Présente d’un bout à l’autre de l’Histoire, évoquée de la Genèse (Gn 3,15) à l’Apocalypse (Ap 12,1), image d’Israël qui attend le Christ et icône de l’Église qui le prolonge, la Vierge Marie qui a été la plus proche de Jésus est de très loin la femme la plus aimée et la plus connue au monde aujourd’hui. 
  • On serait bien en peine de trouver une concurrente à celle que « tous les âges » disent effectivement « bienheureuse » (Lc 1,48) comme personne d’autre sur la Terre, et il n’y a pas d’autre explication que celle que la Vierge Marie donne elle-même : « le Très Haut s’est penché sur son humble servante » (Lc 1,48).

Synthèse :

Six grandes séries de prophéties bibliques évoquent une Femme, une Vierge, une Epouse, une Fille, une Mère, une Reine. Une kyrielle d’autres images et figures vétérotestamentaires sont aussi des annonces de la Vierge Marie, à commencer par l’Arche de l’Alliance, la plus grande d’entre elles. La « première Alliance » décrite dans l’Ancien Testament est la « préfiguration » (Hb 9,9) d’une « Nouvelle et éternelle Alliance » (Jr 31,31 ; Is 65,17) et la promesse d’accomplissements « à venir ». 

Dans cette logique de la Révélation, il faut comprendre que dans l’Ancien Testament, Dieu choisit un peuple (Israël), une terre (la Terre promise), une ville (Jérusalem) dans laquelle il fait construire le Temple, au cœur duquel se trouve le Saint des saints, construit pour abriter l’Arche de l’Alliance, qui est le lieu de la présence de Dieu, couverte par la nuée divine (Ex 19,18 ; 24,16 ; 40,34 ; 1 R 8,10). Toute l’Ancienne Alliance converge donc vers cette Arche de l’Alliance (Ex 25,10 ; Lv 16,2) incarnant la Révélation par laquelle Dieu « descend » sur la Terre (Ex 19,18), et dont l’accomplissement adviendra en Marie, qui est d’abord et avant tout « Arche de la Nouvelle Alliance » (Ap 11,19) recouverte de l’ombre de l’Esprit de Dieu (Lc 1,35), en laquelle le Fils de Dieu se rend réellement et éternellement présent : « Danse et réjouis-toi, Fille de Sion ! éclate en ovations, Israël ! Réjouis-toi, tressaille d’allégresse : voici que le Roi d’Israël, le Seigneur vient demeurer en ton sein, Fille de Jérusalem » (Za 2,14 ; 2 Sa 6,2-16). 

Marie est ainsi la « Femme » par excellence qui sera « une aide » (Gn 2,18) pour « l’Homme », la « Nouvelle Eve » étant associée au « Nouvel Adam » (1 Co 15,45), le Christ. Dans toute l’histoire du monde, de la Genèse à l’Apocalypse (Ap 12,1) en passant par l’histoire d’Israël, Marie incarne l’attente : tout d’abord par le Christ qu’elle « entoure » (Jr 31,21-22) plus que quiconque (en ayant été celle qui a été le plus avec lui durant toute sa vie, pendant les neuf mois de la grossesse, puis les trente ans de la vie cachée et finalement les trois années de la vie publique de Jésus), ensuite par le mystère de l’Eglise, dont elle est l’icône, pour lutter ensemble contre le diable à qui Dieu dit dès l’origine : « Je mettrai une hostilité entre toi et la Femme, entre ta descendance et sa descendance. Sa descendance t’écrasera la tête, et toi, tu la meurtriras au talon » (Gn 3,15).

Marie est aussi annoncée par la grande prophétie d’Isaïe comme la « Vierge » qui sera un « signe » : « Le Seigneur lui-même vous donnera un signe : Voici que la Vierge est enceinte et elle enfantera un fils et elle lui donnera le nom d'Emmanuel, c’est-à-dire-Dieu-avec-nous. » (Is 7,10-14) et qui restera éternellement « fontaine scellée » (Ct 4,12), malgré l’enfantement : « Cette porte restera fermée ; on ne l'ouvrira pas ; personne n'entrera par là ; car le Seigneur, le Dieu d'Israël, est entré par là ; elle restera fermée. » (Ez 44,1-2).

Au cœur de l’économie du salut, Marie est établie dans un rapport unique à Dieu, étant ainsi la seule à être à la fois :

  • Fille du Père  (comme nous mais plus que nous étant « la préférée » (Ps 44,10), « l’élue » (Tb 13,11), « la racine de Jessé » (Is 11,1) sur laquelle poussera la fleur du Messie) : « Chante et réjouis-toi, fille de Sion, car voici que je viens pour demeurer en ton sein, oracle du Seigneur. » (Za 2,14) ; « Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Une clameur d'allégresse, Israël ! Réjouis-toi, triomphe de tout ton cœur, fille de Jérusalem! Le Seigneur a levé la sentence qui pesait sur toi ; il a détourné ton ennemi. Le Seigneur roi d'Israël est en ton sein » (So 3,14-15).
  • Epouse de l’Esprit Saint (comme les consacrés, mais plus dignement, étant elle « immaculée », « comblée de grâce ») : « Tu es toute belle ma bien-aimée, sans tâche aucune » (Ct 4,7) ; « la plus belle des femmes » (Ct 5,9) ; « Comme le lys au milieu des chardons, telle est ma bien-aimée entre toutes les femmes » (Ct 2,2) ; « Elle est un jardin bien clos, ma sœur, ma fiancée, une source scellée » (Ct 4,12) ; « Unique est ma colombe » (Ct 6,9).
  • Mère du Fils (elle seule) : elle est vraiment « Celle qui doit enfanter » (Mi 5,2), son accouchement miraculeux qui la gardera Vierge étant aussi évoqué : « Avant d’être en travail elle a enfanté, avant que lui viennent les douleurs elle s’est libéré d’un garçon. Qui a jamais entendu chose pareille ? qui a jamais vu semblable chose ? » (Is 66,7-8). 

Au terme de sa vie terrestre, « la préférée » sera finalement « couronnée d’étoiles » (Ap 12,1) accomplissant également la figure de la Reine, conduite dans sa gloire « à la droite du Roi » séduit par sa beauté (Ps 44,10-12). C’est d’elle qu’on peut dire en vérité que « ses fils se lèvent et la disent bienheureuse » (Pr 31,28) ou encore « en toi des générations de générations manifesteront leur allégresse et le nom de l’Élue durera dans les générations à venir » (Tb 13,13 ; Lc 1,48)

Dans l’accomplissement chrétien, qui reconnait le Christ Jésus comme « le centre du cosmos et de l’Histoire » (Jean-Paul II - Redemptor Hominis 1), la place éminente de sa mère, la Vierge Marie doit bien évidemment être spécialement mise en lumière puisque c’est elle, seule, qui a répondu au nom de toute l’humanité son « Fiat » à l’Incarnation du Fils de Dieu puis à la Croix, ce qui a ainsi permis et scellé cette Alliance nouvelle et éternelle par laquelle nous sommes sauvés.

L’Hymne Acathiste et les Pères de l’Église feront ainsi, par analogie, après Pâques, dans la lumière du Christ ressuscité et bien au-delà de ce que pouvait en percevoir la Synagogue antique, une relecture typologique de bien d’autres images, figures et prophéties de l’Ancien Testament pour y reconnaître « dans une plus parfaite clarté la figure de la femme, Mère du Rédempteur » (Lumen Gentium n°55). 

C’est ainsi que la Vierge Sainte qui est au cœur du plan de salut de Dieu sera relue dans un grand nombre symboles importants de la Bible :

 Elle est annoncée aussi par l’image du Temple et de ses composants, étant par analogie :

Elle est également entrevue à travers des images bibliques ou d’autres paraboles naturelles comme :

De même, quantités d’attitudes ou de personnages bibliques sont relus comme des annonces de certains aspects de la vie ou de la mission de la Vierge :

  • Ève, reconnue comme « la Mère de tous les vivants » (Gn 3,20) ;
  • Sarah, qui ne pouvait enfanter sinon miraculeusement « le fils de la promesse » (Gn 17,17) ;
  • Rebecca, celle qui fut « choisie par Dieu » pour son élu (Gn 24,15) ;
  • Rachel, la « bien aimée » qui pleure ses enfants de Bethléem (Jr 31,15) ;
  • Déborah, qui conduit le peuple Israël et « chante sa victoire » (Jg 5,12) ;
  • Myriam, sœur de Moïse, qui chante entraine Israël dans un cantique nouveau (Ex 15,21) ;
  • Judith, « bénie entre toutes les femmes » qui frappe à la tête notre ennemi (Jt 13,18) ;
  • Esther, qui intercède pour son peuple et conquiert la bienveillance du Roi (Est 8,4) ;
  • Anne, qui enfante Samuel par miracle et chante son cantique d’action de grâce
  • Tamar, qui perpétue la tribu de Juda (Gn 38,1-30) ;
  • Léa, qui n’enfante plus après avoir atteint la limite de la perfection (Gn 29,35) ;
  • Ruth, « humble servante » qui le glorifie son Seigneur (Rt 3,9) ;
  • La Mère des Maccabées, qui reste debout devant le martyr de ses fils (2 Mac 7,22-28) ;
  • Le prophète Elie, qui fut enlevé au Ciel dans un char de feu (2 R2, 11) ;
  • Marie est vraiment « la Reine, assise à la droite du Roi » (Ps 45,10-18).

« Telle est l’admirable Vierge annoncée dès les premiers jours du monde, prédite par les prophètes, figurée tant de fois dans l’Ancien Testament », écrit en conclusion le rabbin converti David Paul Drach (De l’harmonie de l’EÉglise et de la Synagogue II, page 9).

Olivier Bonnassies


Au-delà des raisons d'y croire :

La Vierge Marie est « le secret de Dieu ». Nous sommes tous invités à imiter le Christ en la prenant pour Mère et en s’en remettant entièrement à elle comme « ses enfants » (Jn 19,27 ; Ap 12,17) afin d’être véritablement ceux qui « observent les commandements de Dieu et gardent le témoignage de Jésus ».


Aller plus loin :

Le livre Jésus le Messie attendu par Israël selon les prophéties bibliques, publié par Marie de Nazareth Productions.


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