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TOUTES LES RAISONS DE CROIRE
Les mystiques
n°348

Münster (Allemagne) et Porto (Portugal)

1863 – 1899

Jésus fait de Maria Droste zu Vischering la messagère de son Divin Cœur

En 1896, la supérieure du couvent du Bon-Pasteur à Porto, au Portugal, mère Marie du Divin Cœur, dans le monde Maria Anna Droste, comtesse zu Vischering, endure de grandes souffrances, frappée par d'affection neurodégénérative qui la paralyse et la laisse clouée au lit jusqu’à sa mort, le 8 juin 1899. Cette âme expiatrice, qui vit depuis 1884 l’union mystique avec le Christ et bénéficie de nombreuses locutions du Sacré Cœur, a la révélation que « des assauts perfides se machinent dans l’ombre contre l’Église ». Son rôle est de mettre le pape Léon XIII en garde et lui apporter le remède efficace :  la consécration du genre humain au Sacré Cœur.

© Unsplash, Matea Gregg.
© Unsplash, Matea Gregg.

Les raisons d'y croire :

  • Grosse fortune, haute naissance, beauté, tout promet à Maria de briller dans le monde et d’y contracter un superbe mariage. Mais la jeune fille, née en 1863, a d’autres projets ; prête à renoncer à tous les avantages de son milieu, elle choisit de devenir religieuse et de n’avoir d’autre époux que le Christ. Aucun des obstacles auxquels elle se heurte ne va ébranler sa vocation, preuve qu’elle est authentique.
  • En effet, alors qu’elle va entrer au couvent, sa santé s’altère, l’obligeant à rester dans le monde. Cette épreuve dure cinq ans, temps suffisant pour mettre sa vocation à l’épreuve et la pousser à y renoncer. Ce n’est pas le cas ; la vie de la jeune fille se partage entre prières, office religieux, messe et œuvres de charité.
  • Le 20 juin 1884, jour de la célébration, cette année-là, du Sacré Cœur, Maria, en prière après la messe dans la chapelle du château familial de Darfeld, entend une voix, dont elle comprend qu’elle est celle du Christ, lui dire : « Tu seras l’épouse de mon cœur ; je ferai de ton cœur mon séjour, ma demeure pour y trouver un lieu de repos dans un monde qui m’oublie. » Jésus contracte alors avec elle un mariage mystique et lui donne pour protectrices et guides les saintes Thérèse d’Avila, Gertrude et Catherine de Sienne.

  • Il s’agit d’une expérience mystique classique, vécue par d’autres dans l’histoire de l’Église. Rien ne laisse supposer que Maria soit une exaltée ou qu’elle ait inventé cette histoire, dont seul son directeur de conscience est informé, puis un bénédictin autrichien réputé pour sa connaissance des états mystiques. Ils discernent ensemble que c’est bien le Christ qui lui parle et veut faire d’elle son instrument pour le monde et l’Église. Conformément à sa mission de réparatrice et consolatrice, Maria paiera ces grâces par de nombreuses souffrances physiques, morales et spirituelles.
  • En mai 1896, mère Marie du Divin Cœur, paralysée, se retrouve grabataire. Ses demandes pour être relevée de ses fonctions rejetées, elle continue à se consacrer à sa tâche comme si elle était en bonne santé.
  • Infirmité et souffrances sont le prix à payer pour ses charismes et révélations. Si, jusque-là, ses liens avec le Sacré Cœur étaient d’ordre privé, Maria est désormais chargée d’une mission publique qui l’expose aux regards et aux malveillances. Elle est ainsi avertie que le démon est prêt à lancer toutes ses forces à l’assaut de l’Église afin de la détruire. Jésus demande à Maria de prévenir le pape en passant par son confesseur, et de lui dire que l’arme la plus sûre est la consécration du genre humain au Sacré Cœur.
  • Dans le même temps, Jésus lui révèle que l’affaire Diana Vaughan, qui passionne l’opinion, est un piège fabriqué pour discréditer les catholiques, et que cette prétendue convertie venue du satanisme n’existe pas. L’on découvrira en effet qu’il s’agit d’une supercherie lucrative montée par le journaliste Léo Taxil, anticlérical notoire. L’escroquerie est si bien montée qu’elle abuse même Thérèse de l’Enfant Jésus et Léon XIII.
  • Elle annonce de façon prophétique la mort du pape Léon XIII en 1904, le Christ l’ayant avertie qu’il accordait à Léon XIII trois ans de vie supplémentaire afin de procéder à la consécration du genre humain au Sacré Cœur.
  • Mère Marie du Divin Cœur meurt le 8 juin 1899, veille de la consécration. Son corps est retrouvé incorrompu lors de l’ouverture de sa cause de béatification en 1964 et est encore exposé à la vénération publique.

Synthèse :

Fille du comte Droste zu Vischering et d’une demoiselle Von Galen, Maria naît le 8 juin 1863 dans une famille noble et d’une fidélité exemplaire à l’Église catholique. Elle appartient à la plus haute et ancienne noblesse germanique restée fidèle à la foi catholique lors de la rupture luthérienne avec Rome. Après la proclamation de l’unité allemande, en 1871, son père, député westphalien du Zentrum, parti qui défend la puissante minorité catholique au Parlement contre la politique hostile à l’Église du chancelier Bismarck, devient l’une des figures de la résistance au Kulturkampf. Maria rêve de vie religieuse mais sa santé fragile lui interdit dans un premier temps d’entrer au couvent.

Accompagnant sa mère visiter les malades dans les salles communes de l’hôpital de Münster, elle prie le Christ de lui indiquer la personne qui a le plus besoin de réconfort. Elle comprend que Jésus lui demande d’aller vers une prostituée, car « c’est vers cette fille perdue qu’il irait avec le plus de tendresse ». « Surmontant sa répugnance », malgré les regards scandalisés de sa mère, Maria se dirige vers cette femme déchue, atteinte de maladie vénérienne, lui prend la main et l’embrasse. Elle pose ainsi un acte de charité absolu.

Elle reçoit la réponse qu’elle attendait à ses interrogations concernant la congrégation dans laquelle elle doit entrer. Elle sait avec certitude que Dieu l’appelle dans la congrégation de Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur, qui œuvre pour le rachat des délinquantes et prostituées, et l’assistance aux jeunes filles en danger. Cette tâche éducative décriée, méprisée, ne correspond en rien à la condition sociale de la comtesse Droste zu Vischering. En l’acceptant malgré les réticences familiales, Marie se montre parfaitement obéissante à la volonté divine. Elle dit : « C’est à la conversion de ces malheureuses que je devais me sacrifier. » Le choix de ce terme prouve qu’il ne s’agit pas de son souhait mais de celui de Dieu. Le 21 novembre 1888, Maria entre au Bon-Pasteur de Münster, où elle prononce ses vœux en janvier 1891 et prend en religion le nom de mère Marie du Divin Cœur.

Jésus a révélé à Maria qu’il veut faire d’elle mystiquement son épouse, qu’elle devra aimer et souffrir pour réparer les offenses qui lui sont infligées. À chaque communion, Maria vit un peu plus ce mariage mystique et se rapproche de son Bien-Aimé. Le Christ lui dit qu’après avoir demandé un culte public à son Divin Cœur, il veut maintenant propager une dévotion privée plus intense. Il lui promet de lui accorder l’aide nécessaire pour y parvenir : « Jamais elle ne rencontrera quelqu’un sans que l’âme de cette personne soit, d’une manière ou d’une autre, soulagée, consolée, sanctifiée, et n’ait reçu quelque grâce. » Cette promesse s’étendra même « aux pécheurs les plus endurcis ». Maria reçoit en effet ce charisme qui lui permettra de jouer un rôle de conseillère, de consolatrice, et d’apaiser les tensions.

Elle pense finir ses jours au monastère de Münster, mais, en 1894, les supérieures lui demandent de quitter l’Allemagne pour diriger la maison de la communauté à Porto, au Portugal. C’est pour elle « un cruel sacrifice » qu’elle l’accepte, car le Christ lui dit de « sauver cette maison du Bon-Pasteur en grand péril », ce qui est exact. La nouvelle supérieure, sitôt arrivée, consacre la communauté au Sacré Cœur, car « il est le maître de la maison qui doit y régner et que lui seul peut la restaurer dans sa première ferveur ». Assez vite, la situation s’améliore, alors que le refuge, situé dans un quartier rouge anticlérical, était la cible quotidienne d’attaques contre les religieuses, allant jusqu’aux jets de pierres et menaces.

Devenue infirme et grabataire en 1896, la jeune supérieure – qui disait : « J’ai les mains pleines de travail, la tête de soucis, mais le cœur plein d’amour pour Notre Seigneur » – voit ses souffrances considérablement augmenter. Elle se voit confier une mission publique : avertir le pape des attaques contre l’Église pour la détruire, et lui demander de consacrer le genre humain au Sacré Cœur afin de les contrer. Jésus lui dit : « Des assauts perfides se machinent dans l’ombre contre l’Église. » Elle a la vision de « loups furieux » ; ils représentent les membres de la franc-maçonnerie qui se feront passer pour des « catholiques militants » afin d’investir l’Église de l’intérieur et la subvertir. Jésus souhaite qu’elle prévienne le pape et ajoute qu’il ne faut pas s’inquiéter, car l’Église est « bâtie sur la Pierre et que les portes de l’enfer ne prévaudront pas sur elle », comme il l’a promis à saint Pierre.

Mère Marie du Divin Cœur parle à son confesseur, qui refuse de transmettre cet avertissement, « car il ne veut pas être pris pour un visionnaire ». S’ajoute à cela la crainte de s’immiscer dans les querelles politiques du Portugal, où les factions révolutionnaires ont pris le dessus, en mettant en avant la dévotion au Sacré Cœur, associée aux partisans légitimistes de la Maison de Bragance. Face à ce mauvais vouloir, Maria répond : « J’ai ordre de Notre Seigneur de communiquer ces choses ; qu’elles s’accomplissent ou pas, cela ne me regarde pas. »

La situation se dénoue lorsque Maria est avertie que le Christ accorde à Léon XIII trois ans de vie supplémentaire afin de procéder à cette consécration. Après quoi, « le pape devra se préparer à rendre ses comptes à Dieu » ; dans le Sacré Cœur, il trouvera « consolation pour les négligences de son pontificat, réparation pour ses fautes, refuge à l’heure de la mort et du jugement ». Cette prophétie se réalisera : Léon XIII mourra en 1904.

Fin 1898, Léon XIII annonce qu’il procédera l’année suivante à la consécration du genre humain au Sacré Cœur, mais ne fera jamais allusion au rôle de mère Marie, refusant de laisser entendre qu’il a pu être influencé par une révélation privée. L’encyclique Annum sacrum de 1899 s’appuie uniquement sur des principes théologiques, de sorte que Maria se demande si la consécration sera conforme aux attentes du Ciel et portera ses fruits. Elle-même n’en verra rien ; elle meurt le 8 juin 1899, veille de la consécration, ayant accompli sa mission. Elle est inhumée dans le sanctuaire portugais de l’Ermesinde, dédié au Sacré Cœur, où son corps sera retrouvé incorrompu lors de l’ouverture de sa cause de béatification, qui aboutit en 1975, reconnaissant son rôle de messagère du Divin Cœur.

Spécialiste de l’histoire de l’Église, postulateur d’une cause de béatification, journaliste pour de nombreux médias catholiques, Anne Bernet est l’auteur de plus d’une quarantaine d’ouvrages pour la plupart consacrés à la sainteté.


Aller plus loin :

Mère Marie du Divin Cœur, Autobiographie, Éditions Notre-Dame de Charité Bon-Pasteur, 1993.


En savoir plus :

  • Abbé Louis Chasle, Sœur Marie du Divin Cœur, née Droste zu Vischering, religieuse du Bon-Pasteur, Beauchesne, 1905.
  • Michel de Kerdreux, Comme une flamme ; Maria Droste zu Vischering, mère Marie du Divin Cœur, Salvator, 1968
  • Sœur Muriel du Divin Cœur, Le secret de la bienheureuse Marie du Divin Cœur, Éditions de la contre-réforme catholique, 2014.
  • Alexandra Eisenkratzer, Biography of Maria Droste zu Vischering, the Religious Woman, Editions Our Lady of Charity of the Good Shepherd, 2020 (en anglais).
  • La vidéo des Missionnaires de la Miséricorde divine : Mère Marie du Divin Cœur et la consécration du monde au Sacré Cœur.
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