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Les moines
n°278

Ermitage de Montmorin (Haute-Alpes, France)

19 mars 1992

La mort étonnante du père Emmanuel de Floris

En 1969, le père Emmanuel de Floris, moine à l’abbaye d’En Calcat, demande à partir fonder un ermitage à Montmorin, dans les Hautes-Alpes. Il ne s’est jamais considéré saint. Lorsque des jeunes religieux lui demanderont « Vous êtes-vous fait ermite dans les montagnes de Montmorin pour chercher le Christ ? », il répondra avec humour : « Non, c’était pour fuir mon frère qui était le père abbé de mon abbaye bénédictine. » Et pourtant, sa mort, le 19 mars 1992, est un festival de prodiges, et ceux qui auraient pu douter de sa sainteté, tant il confessait publiquement ses faiblesses, commencent à se demander s’il n’avait pas, de fait, été un saint…

Le Père Emmanuel de Floris / © ESB.
Le Père Emmanuel de Floris / © ESB.

Les raisons d'y croire :

  • La vie et la mort du père Emmanuel de Floris sont relatées aujourd’hui par des personnes bien vivantes, qui l’ont connu personnellement.
  • Le père Emmanuel de Floris annonce à ses frères ermites la date de sa mort un an avant qu’elle survienne : elle aura lieu le 19 mars de l’année suivante, jour de la Saint-Joseph, qu’il aimait beaucoup. Le jour J, le père Emmanuel, qui a alors quatre-vingt-trois ans, n’a pas du tout l’air mal en point. Ses frères ermites, en guise de plaisanterie, organisent un moment festif. Mais le père Emmanuel meurt subitement ce jour-là, très discrètement, dans la soirée.
  • Le lendemain, les personnes présentes reconnaissent toutes que le corps exhale un étrange parfum mêlant la rose et la violette. Symboliquement, la rose signifie un amour intense, et la violette, une petite fleur sobre, une profonde humilité. Or ces traits ont souvent été attribués au défunt par les personnes qui l’ont connu.
  • Attestée dès l’Antiquité chrétienne, l’odeur de sainteté est un phénomène qui reste très contemporain, y compris chez des personnes du commun, qui ont vécu saintement.

Synthèse :

L’histoire du père Emmanuel de Floris commence au début du XXe siècle. Jeune homme d’une famille de l’ancienne noblesse, il devient moine en même temps que son frère à l’abbaye bénédictine d’En Calcat, dans le sud de la France.

Ses aventures pendant la Seconde Guerre mondiale méritent d’être racontées. Il achète par exemple toute une colline située dans la garrigue pour y cultiver des pommes de terre, afin de permettre au monastère de nourrir des réfugiés juifs ou des aviateurs anglais en partance vers l’Espagne.

Mais ce n’est pas ici le cœur du sujet. Devenu âgé, dans les années quatre-vingt, le père Emmanuel reçoit de jeunes frères en formation religieuse dans son ermitage de Montmorin, situé dans les Alpes. Ce qui est étonnant, c’est que, parmi ces novices, quelques-uns (rares) ne le respectent pas. En effet, lorsqu’il reçoit en confession, il n’hésite pas à dire parfois, avec humour : « Toi aussi, tu commets ce péché-là ? Moi aussi ! » Ou encore à dire à un jeune pénitent scrupuleux : « Ça, ce ne sont pas des péchés ! Va d’abord pêcher, puis tu te confesseras. » Certains donc le méprisent, estimant qu’un prêtre doit avoir une retenue extérieure. Mais d’autres, au contraire, sont stupéfaits par cette bonté, cette humilité, le si peu de préoccupation qu’il porte à sa personne, et l’admirable considération dont il fait montre envers autrui.

Qu’en est-il du jugement de Dieu ? Eh bien, il suffit de regarder sa mort pour le comprendre. D’abord, il l’annonce un an avant à ses frères ermites : elle aura lieu le 19 mars de l’année suivante, jour de la Saint-Joseph, qu’il aime beaucoup. Ce jour-là, les frères ermites qui vivent autour de lui décident d’organiser une grande fête, parce qu’il ne semble pas du tout mourant. Or, le soir, tard, on le retrouve mort. Il est parti simplement, sans un bruit.

Le lendemain, son corps commence à exhaler cet étrange parfum mêlant la rose et la violette. Le symbolisme des fleurs est manifeste. La rose signifie « l’intensité de l’amour », et la violette, petite fleur discrète, « la profondeur de l’humilité ». Il est évident que, par ce phénomène mystique extraordinaire, Dieu donne raison aux religieux qui appréciait le père Emmanuel de Floris : par son humilité, il a plu à Dieu.

On se demande souvent ce qu’est la sainteté. Certains anciens docteurs mettent en avant la grandeur des exploits ascétiques. Ils sont certes importants. Il faut tenir son corps pour qu’il n’entraîne pas l’âme dans sa chute. Mais, manifestement, saint Paul a aussi raison : « Quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n’ai pas la charité, cela ne me sert de rien. La charité est longanime ; la charité est serviable ; elle n’est pas envieuse ; la charité ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas ; elle ne fait rien d’inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s’irrite pas, ne tient pas compte du mal » (1 Corinthiens 13,3-5).

Agrégé en sciences religieuses en Belgique, Arnaud Dumouch fonde en 2015 avec l’abbé Henri Ganty l’Institut Docteur Angélique, qui donne sur Internet la totalité d’une formation diplômante en philosophie et théologie catholique, dans la ligne de l’herméneutique de la continuité de Benoît XVI.


Au-delà des raisons d'y croire :

L’Église catholique, dans ses autorités, donne à ce genre de phénomène sa juste place : elle le vérifie et s’y intéresse. Elle en relève les récits, mais elle ne s’en contente pas.

L’enquête en vue d’une canonisation porte sur l’ensemble d’une vie vécue dans la sainteté, qui doit être confirmé par un ou plusieurs miracles post mortem, qui dépassent la simple notion de « prodige », là où la puissance de Dieu confirme sa volonté d’ériger la personne en modèle et intercesseur.


Aller plus loin :

Un témoignage vidéo sur la vie du père Emmanuel de Floris. L’échange est également disponible par écrit : « Hommage au père Emmanuel de Floris le veilleur de Montmorin, lumière des solitaires, le saint du désert ».


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