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TOUTES LES RAISONS DE CROIRE
Lacrimations et images miraculeuses
n°181

Damas (Syrie)

Le 22, 25, 27 et 28 novembre 1982

Les exsudations d’huiles de Myrna et de l’icône de Soufanieh

Le 22 novembre 1982, Myrna est au chevet de sa belle-sœur malade depuis un mois lorsque, brusquement, ses mains commencent à laisser échapper beaucoup d’huile. Quelqu’un présent dans la salle avec elle lui suggère de poser les mains sur la malade, qui retrouve la santé, à la plus grande surprise de Myrna. Le phénomène se reproduit quelques jours plus tard : la maman de Myrna, qui doit subir une opération chirurgicale pour une hernie discale, n’en a soudainement plus besoin après que Myrna a appliqué l’huile qui coule de ses mains.

Le 27 novembre, les familles de Myrna et de son mari, Nicolas, constatent qu’une icône de leur maison, qui représente Notre Dame de Kazan, répand, elle aussi, énormément d’huile, en continu. Beaucoup de personnes viennent pour constater le prodige.

Notre-Dame de Soufanieh / © Shutterstock / hramikona
Notre-Dame de Soufanieh / © Shutterstock / hramikona

Les raisons d'y croire :

  • Initialement, Myrna et Nicolas ne sont pas des croyants fervents et pratiquants : ils n’attendaient pas des miracles de la sorte et ont eux-mêmes du mal à se rendre compte de ce qui arrive. Dans un premier temps, Nicolas refuse de croire que l’huile des mains de Myrna est miraculeuse, mais les événements qui suivent ne laissent ensuite plus de place au doute.
  • L’analyse scientifique de l’huile par chromatographie en phase gazeuse, pratiquée dans plusieurs laboratoires européens, confirme le caractère unique de cette huile, qui est pure à 100 % (un pourcentage qui n’existe pas dans le commerce).
  • Les mains de Myrna ont été observées par un médecin pendant qu’elle prie et que l’huile s’en écoule. Il témoigne : « Ça, c’est l’œuvre de Dieu ! »

  • L’icône est soigneusement étudiée et démontée pour voir ce qu’il y a derrière et dedans. L’huile en jaillit, sans qu’on trouve d’explication logique pour expliquer ce phénomène.
  • Les guérisons liées à l’huile qu’exsudent les mains de Myrna et l’icône de la Vierge ne peuvent pas être niées.
  • Le témoignage de Myrna et de son mari Nicolas montre beaucoup de signes de fiabilité et de crédibilité ; il est corroboré par l’ensemble de leurs deux familles (les Nazzour et les Al-Akhras).
  • Le père Elias Zahlaoui, lui aussi, a été tellement convaincu par les faits qu’il a écrit des livres à ce sujet, afin de faire connaître ce prodige, comme la Vierge l’a demandé : « Ouvrez les portes. Ne privez personne de ma vue. » De même, le père Joseph Maalouli, prêtre Lazariste, témoigne de tous ces événements par écrit et dans son testament.

  • Nombreux sont les témoins qui ont été cités nommément durant ces cinq jours : des évêques et des prêtres (Mgr Boulos Pandeli, les pères Georges Gilo et Dimitri Athanasios) le patriarche Ignace Hazim, des agents des services secrets (messieurs Mohsen Arnaout, Fariz Mouhanna et Akram Aboud), un médecin (le docteur Saliba Abdel-Ahad), des croyants aussi bien orthodoxes et catholiques que musulmans (Viva Killizi, Mayada Kozali, Samir Zahr, et Georges Maarraoui)…

Synthèse :

Au Liban, la guerre fait rage depuis 1975 et, en Syrie, les Frères musulmans ont tenté de renverser le gouvernement du parti Baas de Hafez el-Assad. Le soulèvement est écrasé dans la ville de Hama après un siège de 27 jours. En novembre 1982, dans un contexte politique et social très perturbé, un événement extraordinaire se produit dans une vieille maison arabe habitée par la famille Nazzour, au cœur du modeste quartier chrétien de Damas, situé en dehors des murailles de la ville, près de la porte appelée « Porte de Thomas ».

Personne ne peut alors imaginer que le « phénomène », qui vient d’avoir lieu dans un cercle privé et strictement familial, va s’élargir, s’étendre et faire « tache d’huile », au sens propre comme au figuré, dans le monde entier, jusqu’à ce jour.

Les premiers surpris et étonnés sont les deux élus, Myrna et Nicolas, un jeune couple marié depuis seulement six mois, et dont la vie va irrémédiablement basculer entre le 22 et le 28 novembre 1982. Leur conversion est le premier miracle de cette relation avec « ma Mère la Vierge Marie », comme le dira Myrna, et personne ne peut le raconter mieux qu’elle.

Voici son témoignage :

Je m’appelle Marie et je suis née à Beyrouth (Liban), le 3 mai 1964, dans une famille syro-libanaise de cinq enfants, très unie, peu pratiquante, même si nous appartenons à la communauté grecque-catholique melkite. J’ai grandi et étudié à Damas.

Nous sommes liés d’amitié avec la famille Nazzour, grecque orthodoxe, et leurs six enfants (quatre garçons et deux filles). Ma sœur aînée a épousé l’un des fils, Khalil, et moi j’ai rencontré Nicolas le jour du mariage de son frère. Il était beaucoup plus âgé que moi, avait beaucoup voyagé et, malgré l’opposition de nos deux familles, nous nous sommes mariés le 9 mai 1982. Les plus beaux jours de notre vie, je les ai passés en voyage de noces entre l’Italie et l’Espagne, où j’ai visité beaucoup d’églises ! Six mois après, un événement a illuminé et totalement changé notre vie.

Lundi 22 novembre 1982. Ma belle-mère, qui est très pieuse, me demande de l’accompagner auprès de sa plus jeune fille, Leyla.  Elle est inquiète pour elle car, souffrante depuis plus d’un mois, elle est maintenant alitée. En arrivant dans la maison, des voisins et des proches sont présents, et notamment Marie-Rose, sa sœur aînée, qui nous propose de prier ensemble pour son rétablissement. Nous nous mettons à genoux, elle ouvre l’Évangile et, tout à coup, je suis prise d’un violent tremblement et me sens si mal que ma voisine Maya Khozali me prend dans ses bras. Je l’entends crier : « Myrna qu’as-tu as sur les mains ? »

Je les ouvre : elles sont visqueuses et, ébahie, je vois un filet huileux qui s’échappe et s’écoule jusqu’au sol. Une forte odeur d’huile se répand. J’ai si peur que je crois perdre connaissance au milieu des cris d’une assistance bouleversée et déconcertée : « Ô Vierge Marie, grâce à Dieu. » Dans la confusion, quelqu’un m’implore de vite poser les mains sur Leyla, en tâtonnant les points douloureux. On garde le silence, la malade se relève, s’étire, et demande à quitter le lit. Elle marche normalement, sans appréhension, sans aucun appui.

On frappe à la porte : c’est Nicolas, qui nous surprend en plein effarement. On l’entoure pour lui raconter ce qu’il vient de se passer. La stupeur passée, il éclate de rire : « Tu as dû manger des aubergines farcies avec de l’huile, et tu n’as pas essuyé tes mains ! » Sa sœur aînée Marie-Rose, outrée, le reprend vertement : « Ah ! Te voilà, l’incrédule !  C’est tout à fait toi ! », Nicolas, vexé, se fâche et me demande de le suivre. Comme je refuse, il part, excédé, promettant de revenir me chercher.

Le soir tombe et Farid, le mari de Leyla, rentre. Il voit sa femme debout en train de rire, et s’exclame : « Mais, Dieu soit loué, tu as l’air bien ! »  On attend Nicolas et on passe à table, sans rien dire. À la fin du repas, nous faisons une prière d’action de grâces et, alors que je vais me laver les mains, j’entends Nicolas demander à Maya Khozali, notre jeune amie musulmane, de me suivre pour s’assurer que je les sèche bien. Je reviens m’asseoir à gauche de Farid, d’où je peux voir une image de la Vierge placée sur le marbre au-dessus du radiateur, et je propose alors que l’on prie, sous le regard étonné de Nicolas qui ne me quitte pas des yeux. Brusquement, mes mains deviennent brillantes et huileuses. Je les lève et les pose spontanément sur la tête de Farid, qui s’écarte stupéfait :

« Mais que fais-tu ?  Qu’est-ce que tu as sur les mains ?
— Sens cette odeur, lui dis-je !
— Mais c’est de l’huile, d’où vient-elle ?
— C’est cette huile qui m’a guérie, lui répond Leyla, très émue.
 
»

Elle lui raconte alors ce qui s’est passé… Farid croit tout de suite et rend grâce à Dieu. C’est ainsi que s’est passée la première journée de mon histoire. Nous sommes rentrés chez nous, agités par nos conflits intérieurs. L’événement a bouleversé Nicolas, et le contrarie. Bien que chrétien, il ne se souvenait auparavant de Dieu qu’en cas de nécessité. Quand je lui demandais l’autorisation d’aller à l’église le mercredi avec sa maman, à la messe de la confrérie de la Vierge Marie, il refusait. Ce soir-là, pour se convaincre, il répétait de mauvaise foi : « Dis-moi, Myrna, quelle différence ? Quelle différence entre ce que nous vivions avant, et ce que nous vivons en ce moment ? » J’ai préféré me taire et me retirer rapidement dans ma chambre pour prier. Tout mon être pressentait qu’il s’agissait d’une intervention divine. Mais ma raison m’interrogeait d’une façon lancinante :« Pourquoi moi, Seigneur ? Je suis ignorante, insignifiante. Qu’attends-tu, je n’ai rien à t’offrir ? », et personne ne me répondait !

Jeudi 25 novembre 1982. Trois jours ont passé, et mes parents ont appris ce qui est arrivé. À cette époque, ma mère était clouée au lit sur une planche, retardant une intervention chirurgicale pourtant indispensable. Souffrant d’une hernie discale, elle me reproche de n’avoir pas pensé à venir tout de suite la soulager, puisque je l’ai fait pour Leyla, qui est totalement guérie.  Elle veut me voir, et Nicolas, ses grands frères Awad et Khalil, ainsi que Lina, ma sœur, décident de m’accompagner.

Je m’installe près du lit de ma mère, pendant que les hommes, assis autour d’une table, jouent aux cartes. Ma mère me dit : « Je t’en prie, Myrna, prie pour moi et avec moi », et elle met dans ma main un morceau de coton sec qu’elle avait préparé. Aussitôt les frères de Nicolas arrêtent leur partie et m’entourent pour prier. Je sens immédiatement l’huile jaillir de mes mains, imbibant le coton que ma mère m’a demandé de passer sur son dos. À l’instant même, elle est soulagée et même totalement guérie, jusqu’à ce jour où je témoigne.

Vendredi 26 novembre 1982. Ce matin-là, au réveil, et pour la première fois de sa vie, Nicolas décide de jeûner pour remercier le Seigneur des grâces inouïes qu’il nous a envoyées. L’idée me plaît et nous demandons à toute la famille présente dans la maison (sauf la maman de Nicolas, qui est encore chez sa fille Leyla) de se joindre à nous. Toute la journée, nous nous sentons très heureux, unis dans une communion intense.

Samedi 27 novembre 1982. Je me lève à huit heures et, comme Nicolas occupe la salle de bain, je monte au premier étage de la maison où vivent Awad, le frère aîné de mon mari, et sa femme Hélène, pour bavarder avec eux, comme je le fais souvent. Soudain, une très forte odeur d’encens se propage : « Avez-vous brûlé de l’encens, Hélène ? », demandé-je. « Myrna, me dit-elle en riant, je crois que cette semaine tu vas me rendre folle ! Descends, je te prie, et va brûler chez toi tout l’encens que tu veux pour purifier la maison. »

Je redescends au rez-de-chaussée où, dans le patio, nous avons une grande icône en bois de la Vierge, datant du XIIIe siècle, placée sur un guéridon, et à côté de laquelle Nicolas a posé une petite image de la Vierge dans un cadre en plastique. Au cours de l’un de ses voyages à Sofia, en Bulgarie, en 1980, il était rentré dans l’église Alexandre Nevski et avait acheté onze petites reproductions de la Vierge de Kazan pour les distribuer en souvenir à toute sa famille.

Ce matin, pareil à tous les autres, mon regard est attiré par l’aspect très brillant et inhabituel de cette petite icône que, à force de voir là, personne ne regarde vraiment. La petite icône brille intensément : je la prends, et je me mets à crier ! Car, sans que je sache d’où, l’huile coule abondamment et, comme Nicolas s’habille dans notre chambre à coucher, je cours vers lui avec la petite icône entre mes mains. Il se retourne, livide, se met à trembler et, prenant une petite soucoupe en bois brun qui est à portée de sa main, parmi nos bibelots, il pose l’icône dessus. L’huile déborde aussitôt. Il se précipite alors dans la cuisine pour ramener un plateau argenté qu’il place sous la soucoupe. Nous tombons à genoux devant, et je lui dis machinalement :

« Nicolas, je veux brûler de l’encens !
— 
De l’encens, mais où veux-tu que je trouve de l’encens ? »
Je m’entends alors lui répondre :
« Il y en a ici, dans le calice. Brûle-le, je te prie.
— Quel calice, et où ?
 »

Il regarde autour de lui tous les bibelots familiers, et en découvre un qu’il ne connaît pas – une coupelle avec de l’encens noir tacheté de blanc. Qui l’a mis là, à son insu ? Nicolas regarde sans voir, hors de lui, dépassé, et, perdant pied, me dit : « Je vais appeler ma mère, mes frères, mes sœurs, reste là, je te prie. » Je reste seule dans cette chambre, dans un silence effrayant. Je prie comme un automate en pleurs, sans larmes, mais, intérieurement, une voix me dit : « Que m’arrive-t-il ? Je rêve ? Est-ce la réalité ? Suis-je bien dans la réalité ? » Et, soudain, j’entends une voix féminine, sans savoir ni comprendre d’où elle vient – une voix semblable à l’écho dans un coquillage, que l’on perçoit quand on le pose sur l’oreille : « Ma fille Marie, n’aie pas peur. Je suis avec toi. Ouvrez les portes. Ne privez personne de ma vue. Allume-moi une bougie. »

Sans réfléchir, je cours à la cuisine chercher un cierge, tellement paniquée que je reviens devant l’image sans le cierge. Je m’agenouille et, d’un coup, je suis plongée dans les ténèbres. Une panne électrique habituelle mais qui, à Damas, peut durer deux ou trois heures. Je ne vois rien, je tremble de peur, je suis seule. Je descends à tâtons au sous-sol, éclairé par un soupirail, où Khalil, le frère de Nicolas, range ses affaires, et je trouve un tout petit cierge. Je remonte dans la chambre. « Ô Vierge, n’as-tu pas dit de ne priver personne de ta vue ? Je vais t’allumer le cierge mais, je t’en prie, ramène-nous l’électricité. » En fait, je parle sans réfléchir – un monologue pour égrener le temps et dissiper ma peur. À l’instant même où je réussis enfin à allumer le cierge, l’électricité revient et j’en reste stupéfaite : c’est bien le courant. J’ai perdu la notion du temps : Nicolas est revenu avec sa maman et ses deux sœurs, Leyla et Marie-Rose. Il a pris soin d’avertir mes parents et une amie qui fait partie de la chorale Chœur Joie de Damas, dirigée par le père Elias Zahlaoui. Nicolas est terrifié à l’idée que la rumeur se répande, et il nous a tous réunis pour interdire à quiconque de parler des événements qui ont eu lieu dans notre maison. Je réagis alors vivement : « Non, Nicolas, j’ai entendu une voix de femme me dire que nous devons ouvrir les portes de notre maison, et de ne priver personne de sa vue ! » Je n’ose pas parler de la Vierge, et surtout pas en son nom ; ce n’est que bien plus tard que nous comprendrons qu’il s’agit bien de notre mère Marie.

C’est alors que, les événements bouleversant notre quotidien, les membres les plus âgés de nos familles prennent des décisions. Nous avertissons le patriarcat orthodoxe, qui dépêche immédiatement Mgr Boulos Pandeli, accompagné de deux prêtres. Je suis à genoux, en prière devant l’icône. Ils se déchaussent et s’agenouillent pour prier avec moi. Aussitôt, l’huile coule de mes mains et je me penche pour baiser celle de l’évêque. Il refuse et me dit : « Je suis entré chez toi en demandant au Seigneur de me donner un signe pour m’assurer de la présence de sa Sainte Mère ici, alors c’est à nous de demander ta bénédiction. » J’éclate en sanglots, consciente de mon insignifiance. À partir de cet instant, la rumeur se répand comme une traînée de poudre et la maison ne cesse de se remplir.

Dimanche 28 novembre 1982. Je suis déjà en prières quand le père Dimitri Athanasios, de la communauté grecque-catholique melkite, est introduit. Il prend un coton sec pour essuyer l’image de l’icône, et le garde dans sa main. Brusquement, le coton se remplit d’huile jaune avec laquelle, profondément ému, le père bénit sans un mot tous ceux qui emplissent déjà le patio. Je le raccompagne jusqu’à la porte et, fendant la foule, j’entends quelqu’un, que je n’ai jamais vu, me dire : « Madame Myrna, tu devrais prier le rosaire. » J’acquiesce machinalement, sans savoir ce que signifie le sens du mot « rosaire », ni où le trouver, et comment le prier. Revenant au pied de l’image, je suis honteuse de mon ignorance et je me mets à invoquer : « Ô Vierge, je t’en prie, inspire-moi, pour savoir où je dois me procurer ce rosaire et ce qu’il faut que je fasse pour le prier ! »

Il y a dans la foule un homme que je ne connais pas du tout. Il vient vers moi et se présente : « Je suis Hanoun Chéhadé de Seidnaya [c’est un village, près de Damas, où un monastère de religieuses orthodoxes a la garde de la précieuse icône de la Vierge, peinte par saint Luc, que l’on appelle la Chaghoura, « la Célèbre »] et je veux que tu saches, Madame Myrna, que j’ai fait un rêve étrange cette nuit : la Vierge me demandait de venir apporter un chapelet à sa fille Marie et de lui apprendre comment le prier. » Il me tend le chapelet et je tombe à genoux en sanglotant. J’avais été entendue, encore une fois, et immédiatement exaucée.

Plus tard, un homme des services secrets, Akram Abbou, se présente et demande l’autorisation de prendre des photos de l’icône. Il le fait très vite, puis il part et revient avec un médecin, le docteur Saliba Abdel-Ahad, et un autre fonctionnaire de l’État, monsieur Fariz Mouhana. Ils me demandent de prier devant eux. J’obéis, et aussitôt l’huile coule de mes mains, que le docteur prend dans les siennes pour examiner d’où vient cette exsudation. Les deux policiers l’interrogent : « Qu’en pensez-vous ? »

Le médecin, sans un mot, lève son index, puis soupire : « Ça, c’est l’œuvre de Dieu ! » Mais monsieur Mouhana insiste poliment : « Peut-on démonter le cadre et voir ce qu’il y a derrière et dedans ? » Nous acquiesçons et, malgré sa précaution, il brise un coin en haut à droite du cadre. Aussitôt, de cette fracture, l’huile jaillit. Il remet précipitamment tout en place et se met à genoux. Un peu plus tard, ils se retirent silencieusement.

Il est dix-huit heures et nous sommes toujours là quand arrive un prêtre, très connu à Damas et en Syrie. Il vient en curieux, surtout pour faire plaisir à trois jeunes de sa chorale (Chœur Joie de Damas), qui sont trois de mes amis proches, présents auprès de nous la veille. Ils sont bouleversés et veulent absolument avoir l’avis de ce prêtre de la communauté grecque-catholique melkite. On le connaît pour sa rigueur, qui fait autorité dans sa paroisse de Notre-Dame de Damas (dans le quartier Koussour). Nous sommes à des lieues de penser qu’il deviendra un ardent protecteur et défenseur de la Vierge à Soufanieh, et un directeur pour m’accompagner sur le chemin que la Très Sainte Vierge et le Christ ouvrent pour ma famille et pour moi. Il se montre très discret et repart sans rien dire.

Le soir vient, et il y a toujours autant de monde dans le patio. Un officier des services secrets, monsieur Arnaout, accompagné de monsieur Chaoui, demande à parler à mon époux, Nicolas : « Frère Nicolas, ce phénomène aujourd’hui concerne le quartier, demain toute la Syrie, et, après, le monde entier. Es-tu en mesure d’accepter de laisser ta porte ouverte ? » Nicolas répond : « Ce n’est pas moi qui ai ouvert cette porte. Celui qui l’a voulu ouverte, c’est lui seul qui la fermera ! »

À partir de là, pendant des jours et des mois, Nicolas et moi avons dormi dans le salon, pour offrir notre chambre à coucher aux visiteurs et aux malades qui accouraient. L’huile ne s’interrompant pas, je témoigne que, par cette grâce, Dieu nous a donné une force spirituelle, morale et physique hors du commun, pour accepter que sa volonté soit faite.

Jean-Claude et Geneviève Antakli, écrivains et biologistes, ont interviewé personnellement et à plusieurs occasions Myrna Nazzour.


Au-delà des raisons d'y croire :

Arrêtons-nous un instant sur le symbolisme de l’huile, le langage de l’huile et des parfums étant familier en Orient, région de l’olivier :

  • L’huile nourrit et réchauffe ; elle adoucit et cicatrise.
  • Elle est utilisée dans tous les sacrements : parfumée, elle est le signe de l’Esprit-Saint (baptême, confirmation, ordination, extrême-onction).
  • Elle est un signe d’élection et de bénédiction. Le mot « Messie » signifie « celui qui a reçu l’onction ». Les rois reçoivent l’onction, et cette onction fait de chacun de nous un roi, un prophète et un prêtre.
  • Elle est aussi signe de joie (« Ton Dieu t’a oint d’une huile d’allégresse » He 1,9) et de guérison (« Ils faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades et les guérissaient » Mc 6,13).
  • Elle est un aliment essentiel dans la Bible : « Ton Dieu te donnera le pays qu’il a promis à tes pères avec les vignes et oliviers que tu n’as pas plantés » (Jos 24,13). 
  • Elle est le symbole de l’amour que Dieu porte à son peuple : « L’arôme de tes parfums est exquis. Ton nom est une huile qui s’épanche » (Cantique des cantiques 1,3).
  • L’olivier est le symbole de la paix.


Aller plus loin :

  • Jean-Claude Antakli, Itinéraire de Myrna Nazzour en France, Éditions du Parvis, 2016.

En savoir plus :

  • Geneviève et Jean-Claude Antakli, Dieu existe. Ses merveilles étincellent sous nos yeux, Éditions du Parvis, 2020.
  • Jean-Claude Antakli, Le Silence de Dieu, Éditions du Parvis, 2012.
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