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TOUTES LES RAISONS DE CROIRE
Conversions de musulmans
n°170

Algérie et France

1996

Le chemin de Selma vers le baptême

Selma a grandi dans l’Algérie des années 1980, alors que son pays subissait l’influence idéologique de la République islamique d’Iran. La guerre civile a ensuite plongé la société algérienne dans des violences extrêmes. C’est dans ce contexte chaotique que débute le chemin de conversion de Selma, lorsqu’elle rencontre deux frères maristes à Alger. « En islam, Allah exècre les Juifs et les chrétiens ; donc votre Dieu ne m’aime pas, moi qui suis musulmane.», mais les religieux ont insisté « Dieu n’est qu’amour et miséricorde, il aime toutes les créatures ». Son parcours de catéchuménat fut interrompu et ne put reprendre qu’à Paris, où elle reçut le baptême en 1996 sous le prénom de Claire.

© CC0
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Les raisons d'y croire :

  • Adolescente, lorsque Selma ne pratique pas la religion musulmane, elle est obligée de le cacher tant la pression sociale est forte. Malgré ce contexte peu favorable à la liberté religieuse, elle reconnaît la vérité du Dieu chrétien lorsque celui-ci lui est présenté. Selma choisit alors fermement de débuter un chemin de conversion, même si elle est d’abord obligée de garder celui-ci secret.
  • La lecture du Nouveau Testament conforte Selma dans sa conviction qu’elle est en train d’apprendre à connaître le Dieu véritable : la toute-puissance de Dieu, qui se manifeste de façon aimante et paternelle et non pas oppressante ; cet amour qui culmine par le don de Jésus, crucifié pour sauver les hommes... La bible et la doctrine chrétienne parlent à la fois à son intelligence et à son cœur.
  • En Algérie à cette époque, on risque sa vie en étant chrétien : les deux religieux qui la préparent au baptême sont assassinés par un commando d’islamistes le 8 mai 1994. Mais, certaine d’avoir trouvé le Dieu qu’elle cherchait depuis tant d’année, Selma poursuit quoiqu’il en soit son catéchuménat.
  • Sa conversion au christianisme et son mariage chrétien impliquent beaucoup de renoncements notamment vis-à-vis de sa famille qui la rejette après son baptême. « Ils m’interdisaient toute visite, sous prétexte que ma présence souillerait leur logement ».

  • Malgré ce parcours jalonné d’épreuves, la conversion radicale de Selma s’est accompagnée d’une joie profonde qui l’a affermie dans son choix. « En devenant chrétienne, je passais du statut d’esclave à celui de fille bien-aimée du Père. »

Synthèse :

Née à Alger, dans une famille kabyle et musulmane de douze enfants, Selma a reçu le baptême à Paris en 1996 sous le prénom de Claire. En grandissant dans le contexte de l’Algérie des années 1980, Selma était écœurée par l’absence de liberté religieuse, par les massacres commis pour « plaire à Dieu et gagner le paradis ». Elle trouvait aussi choquante la condition inférieure et soumise de la femme dans l’islam. Selma ne pratiquait donc pas mais elle le cachait, tant la pression sociale était forte. « Tout en me disant déiste, j’étais habitée par une quête spirituelle profonde et lancinante »

En mai 1993, alors que l’Algérie était depuis trois ans entrée dans ce qui restera comme « la décennie noire », Selma rencontra deux religieux maristes, les frères Henri Vergès et Michel Voute, qui géraient une bibliothèque et un service social dans la Casbah. Elle confie : « J’ai été très touchée et marquée par la bienveillance, le respect et l’intérêt qu’ils me portaient. Leur accueil m’a mise dans une grande confiance. Je leur ai demandé : “Quel est votre Dieu ? Qui priez-vous ?” » Un échange décisif a suivi. « Dieu n’est qu’amour et miséricorde, il aime toutes les créatures », lui ont-ils dit, provoquant cette réaction de Selma : « En islam, Allah exècre les Juifs et les chrétiens ; donc votre Dieu ne m’aime pas, moi qui suis musulmane.» L’insistance des religieux fut déterminante. La jeune Algérienne leur a répondu : « C’est ce Dieu que je cherche et recherche depuis tant d’années. Alors, en mon âme et conscience, je veux devenir chrétienne. Que faut-il faire pour cela ? » Ainsi a débuté le chemin de Selma vers le baptême.

À la lecture du Nouveau Testament que lui avaient offert les frères, elle fait plusieurs découvertes doctrinales majeures : Dieu, dans sa toute-puissance (non pas oppressante comme en islam), s’est révélé aux hommes à Noël sous l’aspect d’un nouveau-né ; Jésus a été crucifié pour sauver les hommes (alors que le Coran nie la réalité de la crucifixion) ; enfin, la paternité de Dieu.

La conversion radicale de Selma s’est accompagnée d’une joie profonde, ce qui l’a conforté dans son choix. « En devenant chrétienne, je passais du statut d’esclave à celui de fille bien-aimée du Père. » Mais craignant les représailles de sa famille et de son entourage, Selma ne leur a jamais annoncé sa conversion. Elle débuta donc un catéchuménat clandestin avec le frère Vergès et une petite sœur de l’Assomption, Paul-Hélène Saint-Raymond. Mais leur assassinat par un commando d’islamistes, survenu le 8 mai 1994, interrompit tragiquement cette préparation, sans pour autant y mettre fin, car Selma fut accueillie dans une paroisse à Paris. C’est là qu’elle fut baptisée durant la vigile pascale de 1996.

Une fois batpisée, Claire a été rejetée par une grande partie de sa famille. L’une de ses sœurs l’a dénoncée lors d’un séjour en Algérie. Quant aux autres, elles ont été d’une grande dureté, multipliant les invectives contre Claire : « Chienne de chrétienne, déchet de l’humanité, femme maudite, honte de la famille », se partageant ses vêtements et affaires personnelles, détruisant ses photos d’enfance. « Ce fut extrêmement douloureux pour moi, car j’avais de l’affection pour mes sœurs ». À leurs yeux, « étant mariée à un Français catholique, j’étais devenue impure comme lui et ils m’interdisaient toute visite, sous prétexte que ma présence souillerait leur logement». Son mariage ne sera jamais reconnu par les autorités consulaires algériennes, son époux n’étant pas musulman.

Depuis la mort de ses parents, Claire fait dire des messes pour eux : ils étaient des croyants sincères à qui le Christ n’avait pas été annoncé. Enfin, elle implore Dieu chaque jour de susciter des vocations de missionnaires aptes à faire découvrir l’Évangile aux musulmans. « Cet apostolat chrétien est fondamental et doit être développé. Je conserve dans mon cœur cette citation du frère Henri : “Le Christ doit rayonner à travers nous. Le cinquième Évangile que tout le monde peut lire, c’est celui de notre vie.” »

D’après le témoignage de Selma et l’article d’Annie Laurent, tiré du magazine 1000 raisons de croire.


Au-delà des raisons d'y croire :

Selon une enquête du Pew Research Center de 2015, il y a environ 10,2 millions de musulmans convertis au christianisme dans le monde. D’autres sources estiment que le nombre réel pourrait être beaucoup plus élevé, car de nombreuses conversions ne sont pas enregistrées ou rapportées.

En France, le nombre de convertis musulmans au christianisme serait compris entre 4 000 et 30 000 personnes. L’estimation est là aussi difficile, car un grand nombre de conversions restent cachées et ne sont donc pas comptabilisées.

Selon les chiffres officiels de la Conférence des évêques de France, environ 300 personnes d’origine musulmane reçoivent le baptême dans l’Église catholique chaque année.


Aller plus loin :

Lire l'article complet qui relate la conversion de Selma dans le numéro 1 du le magazine 1000 raisons de croire.


En savoir plus :

  • Adrien Candiard, Comprendre l’islam ou plutôt : pourquoi on n'y comprend rien, Flammarion, 2016.
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