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La Bible
n°331

Jérusalem

363

La prophétie du Temple détruit est stable, malgré Julien l’Apostat

Jésus a annoncé que Jérusalem sera « piétinée par les païens jusqu’à ce que leur temps soit accompli » (Lc 21,24). Cette prophétie a été consignée dans les Évangiles : elle exprime que les juifs ne retrouveront pas le contrôle de Jérusalem tant qu’il y aura des nations sur Terre. Cette prophétie s’est réalisée depuis 1 700 ans. Et ce, bien que l’empereur Julien l’Apostat ait tenté, au IVe siècle, de la faire mentir en rebâtissant le Temple de Jérusalem, en ruine depuis près de trois siècles. Les travaux ont dû être arrêtés subitement en mai 363, à la suite d’événements étonnants qui survinrent consécutivement du 18 au 20 mai 363. Le projet de reconstruction du Temple de l’empereur avorta de manière singulière et spectaculaire.

© Unsplash, Tom Podmore.
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Les raisons d'y croire :

  • Il y a eu d’abord une violente tornade, le 18 mai 363 ; puis un tremblement de terre, dans la nuit du 18 au 19 mai. Des boules de feu brûlèrent les ouvriers dans la journée du 19, et des croix apparurent sur leurs vêtements durant la nuit suivante.
  • Ces événements sont historiques et spécialement bien documentés par douze sources différentes (et fiables) de l’époque – aussi bien des saints que des historiens, des chroniqueurs ou des fonctionnaires romains :
  1. Ammien Marcellin, historien de grande valeur, ami de l’empereur (Res Gestae, livre 23, chapitre 1) ;
  2. Un haut fonctionnaire, Alypius d’Antioche, chargé de superviser les travaux ;
  3. Saint Jean Chrysostome (Homélie contre les juifs, 5, 11) ;
  4. Saint Ambroise de Milan (Lettre 40, no 12 ; PL 16, 1152) ;
  5. Saint Grégoire de Naziance (Oratio V, 4) ;
  6. Saint Éphrem (Hymne I contre Julien ; Zeitschrift für katholische Theologie, 1878, p. 339);
  7. Saint Cyrille de Jérusalem (Contra Christianos, dans saint Cyrille, IX ; Neumann, p. 219 à 230) ;
  8. Rufin d’Aquilée (Histoire ecclésiastique,PL 21, 505) ;
  9. Socrate de Constantinople (Histoire ecclésiastique, 1, 3, ch. 20) ;
  10. Sozomène (Histoire ecclésiastique, 1, 5 ch. 22) ;
  11. Philostorge (Histoire de l’Église, 7, 9) ;
  12. Théodoret de Cyr (Histoire ecclésiastique, 1, 3).
  • Malgré les moyens humains et les sommes considérables investis pour mener à bien la reconstruction du Temple, le projet avorta, si bien que la prophétie resta donc, jusqu’à nos jours, accomplie telle que le Christ l’avait annoncée.

Synthèse :

Jésus a annoncé que Jérusalem sera « piétinée par les païens jusqu’à ce que leur temps soit accompli » (Lc 21,24) et Paul a précisé en prophétisant le retour d’Israël. La première prophétie a été prononcée par le Christ et elle a été consignée dans les Évangiles : elle peut avoir plusieurs sens et plusieurs interprétations, mais toutes se sont accomplies.

Jérusalem est véritablement « piétinée » depuis 2 000 ans, dans les deux sens du terme :

  • Au sens moral, la ville a été occupée sans cesse par des puissances hostiles aux juifs.
  • Au sens littéral, le lieu sacré du Saint des saints, sur lequel il était interdit de marcher sous peine de mort, a été piétiné sans interruption depuis 2 000 ans, et encore aujourd’hui, puisque l’esplanade des Mosquées est toujours sous le contrôle des musulmans.

La « fin du temps des nations » est aussi susceptible d’être interprétée de différentes manières, puisque ce peut être « la fin des temps », le « retour du Christ », « la fin du monde », ou bien un temps où les nations auront disparu, parce qu’il y aura un gouvernement mondial ? On ne sait pas mais peu importe, car la prophétie ne porte pas sur cela : elle exprime simplement que les juifs ne retrouveront pas le contrôle de Jérusalem tant qu’il y aura des nations sur terre, et cette prophétie s’est réalisé depuis 1 700 ans.

 

L’Empereur Julien l’Apostat a tenté au IVe siècle de faire mentir la prophétie, mais des événements étonnants se sont opposés à sa volonté.

L’empereur Julien II, dit Julien l’Apostat, ou Julien le Philosophe, neveu de l’empereur Constantin, avait vingt-huit ans lorsqu’il fut proclamé empereur par l’armée, en 360. La guerre civile ne fut évitée que par la mort de son cousin Constance II, qui avait succédé à Constantin en 337. Grâce à ce décès, Julien se retrouva unique maître de tout l’Empire à la fin de l’année 361 et il entreprit de rétablir le paganisme.

L’Empire romain, vieillissant, était en crise. Pour certains esprits superficiels, l’explication était toute trouvée : c’était la faute du christianisme ! Il suffisait de revenir au paganisme pour retrouver la vigueur et la santé. C’est à Antioche, où il s’était installé en juillet 362 pour préparer son expédition contre les Perses, que l’empereur Julien annonça son projet de rebâtir le Temple de Jérusalem, en ruine depuis près de trois siècles.

L’événement est spécialement bien documenté par douze sources différentes de l’époque, convergentes (fonctionnaires romains, saint Éphrem, saint Grégoire de Naziance, saint Ambroise de Milan, saint Jean Chrysostome, et quatre historiens ou chroniqueurs). Au dire d’Ammien Marcellin, historien de grande valeur, l’empereur y affecta « des sommes considérables ». Un haut fonctionnaire, Alypius d’Antioche, fut chargé de superviser les travaux. Et Julien recommanda au gouverneur de Syrie de seconder ses efforts.

 

Mais il est attesté que les travaux à Jérusalem ont dû être arrêtés subitement en mai 363, à la suite de quatre événements étonnants qui survinrent consécutivement en trois jours, du 18 au 20 mai 363.

Les travaux de déblaiement commencèrent vraisemblablement au début de l’année 363, et tous les matériaux nécessaires à la construction furent acheminés et stockés. Mais au moment de poser la première pierre du nouveau Temple, tout bascule.

Il y eut d’abord une violente tornade, le 18 mai 363 ; puis un tremblement de terre, dans la nuit du 18 au 19 mai ; puis des boules de feu attaquèrent ensuite les ouvriers dans la journée du 19 ; et des croix apparurent sur les vêtements durant la nuit suivante !

Ammien Marcellin en témoigne en 385 : « Julien entreprit, pour éterniser la gloire de son règne, de rebâtir à grands frais le fameux Temple de Jérusalem détruit par Vespasien et Titus après plusieurs luttes sanglantes. Alypius d’Antioche et le gouverneur de la Syrie furent chargés de l’entreprise. Pendant qu’ils faisaient tous leurs efforts pour la mener à bonne fin, d’effroyables tourbillons de flammes sortirent des endroits contigus aux fondements, brûlèrent les ouvriers, et par des éruptions répétées leur rendirent la place inaccessible : enfin, cet élément persistant toujours avec une espèce d’opiniâtreté à repousser les ouvriers, on fut obligé d’abandonner l’entreprise » (Res Gestae, livre 23, chapitre 1). C’est le point de vue capital d’un historien, ami de l’empereur, qui ne peut être soupçonné ni de crédulité ni de partialité.

Beaucoup d’autres témoignages confirment ces éléments. Saint Éphrem, dans son style, en fait un récit enflammé parlant de vents, d’éclairs, de tremblements de terre et d’un « feu qui consuma les scribes qui avaient lu dans Daniel que la désolation durerait toujours ». Saint Grégoire de Naziance confirme « le prodige dont tout le monde parle et auxquels les athées eux-mêmes ne refusent pas d’ajouter foi »en évoquant aussi« une terrible tornade accompagnée d’un tremblement de terre », « un feu venu du temple qui arrêta, consuma et détruisit les uns […] et laissa les autres amputés de leurs membres »et « une lumière qui apparut dans le ciel et qui traça une croix […] que les spectateurs et les témoins de ce miracle montrent aujourd’hui encore leurs habits qui ont été alors constellés de croix ». Saint Jean Chrysostome parle aussi d’un « feu souterrain, s’élançant tout d’un coup, qui fit périr une grande partie des ouvriers, rejeta fort loin les pierres déjà posées et fit renoncer au projet »,précisant : « Nous sommes tous témoins de ce fait qui est arrivé sous nos yeux il n’y a pas longtemps. Et voyez tous les cas de cette victoire : ce prodige ne s’est pas opéré sous les empereurs chrétiens, de peur qu’on ne dise que nous nous sommes opposés aux ouvrages et que c’est nous qui les avons empêchés. C’est lorsque nous étions persécutés nous-mêmes » (Homélie contre les juifs, 5, 11).

Il y a encore bien d’autres témoignages concordants, comme celui de saint Ambroise de Milan : « N’as-tu donc jamais entendu raconter, empereur, comment Julien a voulu restaurer le Temple de Jérusalem, et comment ceux qui travaillaient au déblaiement ont été brûlés par un feu divin ? » (Lettre 40, n°12 ; PL 16,1152) ; de Rufin d’Aquilée : « Tout à coup, un globe de feu en jaillit, et, circulant à travers la place, il courait de-ci de-là, brûlant et tuant les juifs qui s’y trouvaient. Et cela se répéta de nouveau, et encore, et très fréquemment pendant toute la journée […]. Ainsi terrifiés, les juifs et les païens abandonnèrent la place et ses grands travaux commencés en vain » (Histoire ecclésiastique, PL 21, 505) ; Socrate de Constantinople : « C’est ainsi que le Temple, au lieu d’être rebâti, fut complètement détruit » (Histoire ecclésiastique, 1, 3 ch. 20).

De même, Sozomène parle d’un « grand séisme » et d’un « feu soudain jailli des fondations du Temple qui dévora beaucoup de gens : cela est compté et cru avec assurance par tous et n’est contesté par personne » (Histoire ecclésiastique, 1, 5 ch. 22). Philostorge, de même : « une terrible tempête s’éleva, qui bouleversa le lieu où l’on avait creusé. Durant toute la nuit, la foudre et le tonnerre se succédaient sans interruption, et, finalement, comme le jour approchait, il y eut un tremblement de terre dans lequel périrent même des gens qui étaient restés dehors. Et un feu qui sortit du trou des fondations brûla tous ceux qui étaient là » (Histoire de l’Église, 7, 9) ; Théodoret de Cyr : « Un feu, jailli des excavations creusées pour les fondations vrilles, brûla la plupart des terrassiers et dispersa les autres »(Histoire ecclésiastique, 1, 3) ; et saint Cyrille de Jérusalem : « Lors du creusement des fondations de Jérusalem, la terre a été fortement secouée, et il y eut des tremblements dans les villes et villages tout autour […] Aucun des chrétiens présents n’a été blessé. En revanche beaucoup de juifs ont péri dans ce fléau, et pas seulement dans le tremblement de terre, mais aussi en raison du feu et de la trombe d’eau. »

 

Quels étaient les motifs de l’empereur ? Les chroniqueurs chrétiens mentionnent explicitement la volonté de faire mentir l’oracle de Jésus-Christ qui avait annoncé la destruction du Temple.

Jésus avait précisé qu’il ne resterait pas « pierre sur pierre » (Mt 24,2 ; Mc 13,2 ; Lc 21, 6) à Jérusalem : cette intention est vraisemblable, car Julien était friand d’arguments antichrétiens. Le Traité contre les Galiléens, qu’il rédigea exactement à la même époque, en témoigne. Mais l’empereur n’en fit jamais part publiquement. C’eût été la dernière des maladresses, surtout à Antioche où les chrétiens étaient nombreux. La volonté de s’opposer symboliquement à Constantin, qui avait mis en valeur le Calvaire et le Sépulcre du Christ, joua certainement aussi un rôle.

Toujours est-il que le projet de reconstruction du Temple de l’empereur avorta de manière étonnante et spectaculaire et que la prophétie resta donc, jusqu’à nos jours, accomplie telle que le Christ l’avait annoncée…

Olivier Bonnassies


Aller plus loin :

Paul Allard, Julien l’Apostat, Tome III, livre VIII, chapitre IV, 1903 (peut être consulté en ligne).


En savoir plus :

  • L’article de Louis Medler : « Julien l’Apostat et l’échec de la reconstruction du Temple », paru dans la revue Le Sel de la Terre, numéro 91, page 45.
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