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Les moines
n°94

Florence (Toscane, Italie)

Vers 1385-1438

Bienheureux Ange-Augustin, le carme couronné de fleurs

Ange-Augustin Mazzinghi est un carme florentin. Il est nommé prieur de son couvent à plusieurs reprises et lance un mouvement de réforme de son ordre. Ses frères du Carmel sont demeurés extrêmement discrets concernant ses extases, locutions intérieures et visions. Ange-Augustin ne dissocie jamais les grâces reçues de la théologie catholique, replaçant les visions et les messages célestes dans l’économie chrétienne du salut. Bienheureux Ange-Augustin est particulièrement vénéré par la population florentine, en particulier sous le nom d’Angiolino (« petit ange »).

Église Santa Maria del Carmine à Florence où repose Ange-Augustin Mazzinghi. / © CC BY-SA 3.0 / Emmanuel BRUNNER
Église Santa Maria del Carmine à Florence où repose Ange-Augustin Mazzinghi. / © CC BY-SA 3.0 / Emmanuel BRUNNER

Les raisons d'y croire :

  • Les Florentins aiment et vénèrent Ange-Augustin, déjà de son vivant : ils se rendent massivement au couvent de Santa Maria delle Selve, pas seulement à cause des rumeurs quant à ses charismes surnaturels, mais aussi pour son accueil extrêmement charitable et la qualité remarquable de ses sermons.
  • Nicholas Calciuri de Sicile, un carme contemporain d’Ange-Augustin, rapporte que des témoins « dignes de foi » ont vu « des roses et des lys sortir de sa bouche, un jour qu’Angelo prêchait à Florence » avant d’en être couronné par deux anges.
  • Le Carmel, dont il est un brillant représentant, fait autorité en théologie spirituelle, en psychologie religieuse et en expériences mystiques : s’il y avait le moindre doute quant à l’authenticité de ses prodiges, Ange-Augustin n’y serait plus vénéré depuis longtemps.
  • Ange-Augustin a été proclamé bienheureux après un procès en bonne et due forme qui, par essence, n’accepte aucun fait invérifiable ou mal connu.
  • Préférant d’abord attendre de nouvelles preuves de sainteté avant de se prononcer, les Bollandistes, illustres savants du XVIIe siècle, intransigeants en matière de miracles et d’hagiographie, ont également reconnu la place d’Ange-Augustin.

Synthèse :

Le bienheureux Ange-Augustin voit le jour à Florence (Italie, Toscane) vers 1385 : sa date exacte de naissance est inconnue. Il a très certainement reçu une éducation chrétienne solide et durable, car il envisage dès son adolescence de devenir religieux.

Il entre au monastère du Carmel florentin (Santa Maria delle Selve) à l’âge de 28 ans. Sa décision est mûrie. Il aurait pu continuer à vivre honnêtement dans le siècle, mais il veut faire de son existence une offrande à Dieu en mettant ses pas dans ceux de Jésus, de Marie et des premiers apôtres. Il lui apparaît alors que l’ordre du Carmel répond à ses attentes.

Les premières années de vie contemplative font de lui un religieux exemplaire en tous points. Il est particulièrement attaché à appliquer la règle carmélitaine dans tous ses aspects parce qu’à ses yeux, elle est l’expression de la volonté divine. Du reste, les responsables de l’ordre, ainsi que les religieux florentins, lui accordent toute leur confiance à partir de 1419, lorsque le futur bienheureux commence à réfléchir à une réforme de sa communauté. Cette année-là, il est nommé prieur du couvent de Florence, alors qu’il n’a que six ans de vie religieuse.

Selon les témoins de l’époque, son humilité est telle qu’il est contraint à accepter cette nomination. Des bruits commencent à circuler au sujet de phénomènes extraordinaires dont il est sujet. Ses frères en religion sont demeurés extrêmement discrets concernant ses extases, locutions intérieures et autres visions de Jésus et de sa Mère, au moins jusqu’à ce qu’il soit nommé prieur du couvent, en 1435 (jusqu’en 1437).

À Florence, on voit en lui davantage un carme en état de perfection et un prêtre remarquable qu’un mystique ou un thaumaturge. Néanmoins, des bruits circulent, et des fidèles florentins se rendent de plus en plus massivement au couvent. D’ailleurs, ce n’est pas seulement les rumeurs touchant à ses charismes surnaturels qui motivent les visiteurs, mais également la qualité exceptionnelle de son accueil, sa charité inépuisable et la haute valeur spirituelle et théologique de ses sermons. Il est surnommé le « petit ange » par les Florentins.

Car Ange-Augustin est aussi est un bon théologien. C’est pourquoi les responsables ecclésiastiques n’ont jamais porté de jugement négatif, ou même critique, sur sa mystique et les prodiges liés à sa personne. Réformateur de son couvent, créateur d’ermitages pour les religieux désirant vivre une expérience érémitique, il est nommé lecteur en théologie en 1434, acquérant une légitimité doctrinale certaine.

L’un de ses contemporains, Nicola Calciuri de Sicile, a recueilli auprès des Carmes de Florence un témoignage époustouflant au sujet duquel nous devons accorder tout le crédit possible, tant la prudence du Carmel est absolue en matière d’expériences prodigieuses : un jour de Carême, tandis que le bienheureux prêchait à Florence,convertissant des hommes et des femmes de toutes conditions, « des roses et des lys », étonnement frais et magnifiques, sortirent de sa bouche, comme pour montrer que l’Esprit Saint parlait par sa personne. Parmi les témoins, certains virent apparaître « deux anges » qui assemblèrent ces fleurs et en firent une « couronne » qu’ils disposèrent autour de la tête du bienheureux.

Plus les années passaient, plus la Vierge Marie lui apparaissait. Nous n’avons pas connaissance du nombre de ses expériences visionnaires mais, en tout état de cause, celles-ci furent suffisamment nombreuses pour que les frères du couvent, les responsables de l’ordre du Carmel et le clergé de Toscane en soient informés. Ange-Augustin ne dissociait jamais ces grâces prodigieuses de la théologie mariale de l’Église catholique, replaçant visions et messages célestes dans l’économie chrétienne du salut.

Un procès de béatification est ouvert par Mgr Giuseppe Maria Martelli, archevêque de Florence, en 1758. Il aboutit trois ans plus tard à sa béatification par le pape Clément XIII.

Patrick Sbalchiero


Au-delà des raisons d'y croire :

Ange-Augustin, immensément populaire au XVe siècle pour sa charité, mène une vie humble de travail et de dévouement aux autres, sans jamais se mettre personnellement en avant.


Aller plus loin :

Domenico Maria Manni, Vita in ristretto del Beato Angelo di Agostino Mazzinghi carmelitano fiorentino promulgata dai padri del Carmine di Firenze in occasione della solenne festa fatta il dì 28. giugno 1761. in ringraziamento a Dio pel decreto ottenuto dalla santità di Clemente 13. sommo pontefice in conferma del culto prestato al detto Beato ab immemorabili, Stamperia Imperiale, 1761. Disponible en ligne.


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