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TOUTES LES RAISONS DE CROIRE
Les martyrs
n°91

Pologne

1894-1941

Saint Maximilien Kolbe, le chevalier de l’Immaculée

La fin tragique du père Maximilien Kolbe à Auschwitz le 14 août 1941 est connue. Il offrit sa vie en prenant la place d’un père de famille condamné par les nazis à mourir de faim. Cet acte héroïque est l’aboutissement logique de sa vie totalement vouée à Marie Immaculée, qu’il appelait affectueusement « Petite Mère ». Par son martyre à l’âge de quarante-sept ans, survenu la veille de l’Assomption, nous célébrons la victoire du Christ ressuscité sur la haine et le mal, au-delà de toutes les formes de totalitarisme. Mais comment ce franciscain polonais, canonisé en octobre 1982 par Jean-Paul II, en est-il arrivé là ?

Les raisons d'y croire :

  • La vie exemplaire du père Kolbe est richement documentée par des biographies historiques de qualité.
  • Un prêtre qui donne librement sa vie pour un laïc est un témoignage éloquent dans nos sociétés sécularisées. Le plus grand est celui qui sert, nous révèle l’Évangile du Christ.
  • Le témoignage de foi et de compassion du prêtre polonais à Auschwitz est reconnu dans l’Église et le monde. Il est une source d’espérance pour ceux et celles qui luttent contre les abus de pouvoir de toutes sortes et les idéologies portant atteinte à la dignité humaine.
  • Ce martyr du nazisme illustre que la haine n’a pas le dernier mot et que le mal peut être vaincu par le don de soi.
  • Le père Kolbe s’abandonne en toute confiance à la mère du Christ. Il est l’un des grands saints qui a bien compris la place de Marie dans l’histoire du salut, à la suite de Bernard de Clairvaux, Jean Eudes et Louis-Marie Grignion de Montfort.

Synthèse :

Raymond, qui ne s’appelle par encore Maximilien, naîten Pologne, le 8 janvier 1894, de Jules et Marianna Kolbe, tisserands et tertiaires franciscains. Deuxième d’une famille de trois garçons, Raymond est un peu trop turbulent au goût de sa mère. Un jour, elle le réprimande en lui demandant ce qu’il deviendra plus tard. Ce reproche provoque chez l’enfant de dix ans une telle prise de conscience qu’il s’adresse alors directement à Marie pour savoir ce qu’il fera plus tard. Celle-ci lui apparaît en lui présentant deux couronnes, une blanche et une rouge, symbolisant la pureté et le martyre. La Vierge l’invite à choisir ; Raymond choisit les deux. Dès ce moment, il prend la résolution de devenir meilleur de jour en jour.

Toute sa vie sera illuminée par cette rencontre inoubliable avec Marie. Sa mère ne reconnaît plus son garçon qui se cache souvent derrière l’armoire où se trouve l’icône de la Vierge de Czestochowa. Aussi est-ce tout naturellement qu’il entre chez les Franciscains de Lwow (actuellement Lviv, en Ukraine), y poursuivant ses études secondaires. Il prend l’habit et le nom de Maximilien. À la Toussaint 1914, il prononce ses vœux définitifs. Il ajoute à son nom religieux de frère Maximilien celui de Marie.

Le 16 octobre 1917, il fonde à Rome, avec six amis étudiants, ce qui sera l’œuvre de sa vie : la Milizia di Maria Immacolata, que l’on traduit, en français, par la « Mission de l’Immaculée », qui sera connue sous le sigle M.I. Leur but : amener le plus d’âmes à Jésus en se sanctifiant avec Marie. Les conditions de cet apostolat : militer sous la bannière de l’Immaculée, porter la médaille miraculeuse, réciter chaque jour la prière où l’on implore sa protection.

Le 28 avril 1918, Maximilien reçoit l’ordination sacerdotale. Il rentre en Pologne en juillet 1919, miné par la tuberculose. Les médecins ne lui donnent que quelques mois à vivre. Il ne vivra qu’avec un quart de poumon, sans que cela diminue son zèle pour diffuser la Milice de l’Immaculée. Ainsi, en janvier 1922, il commence la publication du mensuel Le Chevalier de l’Immaculée, dont le tirage atteindra un jour près d’un million d’exemplaires. Bien vite, les locaux deviendront trop petits. Le 8 décembre 1927, il fonde le monastère de Niepokalanov : la Cité de l’Immaculée.

Le 30 janvier 1930, il se rend en pèlerinage à Lourdes, puis à la chapelle Notre-Dame-de-la-Médaille-Miraculeuse, à Paris. Le 1er février, il se trouve à Lisieux, où il confie à la patronne des missions la fondation de la M.I. au Japon. Il restera deux ans au Japon, puis aux Indes.

En 1935, il revient en Pologne. Son apostolat est inventif : la parole fervente, la diffusion de milliers de médailles miraculeuses, la presse, le théâtre, la radio. Il répète sans cesse que l’œuvre n’est pas un but, mais un moyen pour apporter Jésus et Marie dans toutes les maisons. L’œuvre est si florissante que le monastère logera plus de 700 religieux. Il dira à ses frères que l’action par excellence est le bon exemple, la prière et la souffrance acceptée par amour.

Des frères franciscains, qui ont vécu avec lui, parlent du père Kolbe comme du « mystique de l’Immaculée », toujours joyeux et disponible. « Le père Kolbe priait souvent, des prières courtes, devant le Saint-Sacrement, pour confier les intentions de nos lecteurs et donateurs. L’intensité de son recueillement nous impressionnait. Homme parmi les hommes, il était gai, aimait raconter des blagues, faire rire les malades à l’infirmerie pour les détendre » (Cité dans Lourdes magazine, juillet 2001).

Puis arrive la Seconde Guerre mondiale. Le 19 septembre 1939, les nazis enferment une première fois celui qui est à la tête de la plus importante organisation catholique de publications dans toute la Pologne. Miraculeusement libéré, il rejoint sa chère Cité qui est presque détruite. La Gestapo ferme la Cité et arrête de nouveau le père Kolbe, le 17 février 1941. Violemment battu parce qu’il refuse de renier le Christ, il est envoyé à Auschwitz. Il porte le numéro 16670. Il continue sa mission en confessant et en célébrant la messe clandestinement. La couronne rouge, que la Vierge lui a présentée dans sa jeunesse, approche. Il mettra en pratique sa recette de sainteté : v = V. Ce qui signifie : « Si je veux ce que Dieu veut, je serai un saint. »

L’occasion lui est fournie en juillet 1941. À la suite d’une évasion dans le camp, dix hommes sont choisis pour mourir de faim et de soif, dont François Gajowniczek, marié et père de famille. Maximilien s’offre librement au martyre en disant : « Je suis prêtre catholique polonais, je suis vieux, je veux prendre sa place parce qu’il a femme et enfants. » Il réalise ainsi cette parole de Jésus : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13).

Les condamnés entrent nus dans le bunker de la mort. Pendant la longue agonie, qui dure trois semaines, le franciscain soutient l’espérance de ses camarades. Étonnés, les soldats entendent chaque jour des prières et des chants. Seul survivant, c’est en homme de prière qu’il va mourir, tendant son bras au bourreau pour une injection mortelle. Un employé du bunker témoignera que son visage était rayonnant et que de son corps irradiait une lumière. C’est ainsi que Marie accueillit son enfant le 14 août 1941.

Paul VI béatifie le père Kolbe en 1971, et Jean-Paul II le canonise le 10 octobre 1982, en présence du père de famille qu’il a sauvé.

Jacques Gauthier, docteur en théologie et auteur, spécialiste des saints (www.jacquesgauthier.com).


Au-delà des raisons d'y croire :

Maximilien Kolbe est reconnu par Jean-Paul II comme un modèle pour la nouvelle évangélisation dans le monde d’aujourd’hui. Dans l’homélie de sa canonisation, il évoque la grandeur de sa mort offerte par amour : « Elle a été la victoire remportée sur tout le système de mépris et de haine envers l’homme et envers ce qui est divin dans l’homme, victoire semblable à celle qu’a remportée Notre Seigneur Jésus-Christ sur le calvaire. »


Aller plus loin :

Saint Maximilien Kolbe, L’abandon à l’Immaculée, le trésor de sa spiritualité, Béatitudes, 2022.


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